BULLETIN DE LA r y SOCIETE ZOOLOGIQUE DE FRANCE POUR L'ANNÉE 1914 AVIS Les Membres de la Société sont instamment priés d'adresser, d'une façon impersonnelle, tous les envois d'argent et les mandats à Monsieur le Trésorier de la Société zoologique de France 28, rue Serpente, Paris (VI e ). BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANGE RECONNUE D'UTILITÉ PUBLIQUE TREME-XEUVIÈME VOLUME ANNÉE 1914 PARIS AU SIÈGE DE LA SOCIETE ZOOLOGIQUE DE FRANCE 28, rue Serpente (Hôtel des Sociétés savantes) 1914 EXTRAIT DU REGLEMENT DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANCE La Société zoologique de France, fondée le 8 juin 187G, reconnue d'utilité publique le 16 décembre 1896, comprend des membres hono- raires, des membres correspondants et des membres titulaires. Les membres titulaires nouveaux sont élus en séance publique sur la présentation de deux membres anciens; ils doivent un droit fixe d'entrée de 10 francs et une cotisation annuelle de 20 francs, celle-ci exigible à partir du 1 er janvier et devant être transmise sans frais au trésorier. Toutefois la Société peut faire toucher à domicile aux frais du débiteur. Les membres démissionnaires ne sont dégagés de la cotisation que pour les années qui suivent celle de leur démission (art. 4 de la loi sur les Associations). Tout membre qui n'a pas payé sa cotisation cesse de recevoir les publications de l'année courante et est, au bout de trois ans de non-paiement, considéré comme démissionnaire. On peut s'affranchir de la cotisation par le versement d'une somme de 300 francs qui confère le titre de membre à vie. Les membres donateurs sont ceux qui ont versé au moins 500 francs. Les séances de la Société sont publiques- La dernière du mois de février est Y Assemblée générale annuelle, pour laquelle les Compa- gnies de chemins de fer françaises accordent habituellement des billets à demi-place. Elle est accompagnée de séances de démons- tration, d'une conférence et d'un banquet. La bibliothèque est ouverte au siège social de 2 heures h 4 heures, tous les jours non fériés; le prêt à domicile des volumes reliés est autorisé pour les membres habitant Paris. Les membres honoraires et titulaires ont droit aux publications de la Société. Le Bulletin paraît tous les mois, sauf pendant les vacances; il publie de courtes notes déposées aux séances du mois précédent et ne comportant que des figures dans le texte; il n'en est envoyé aux auteurs qu'une seule épreuve ; à défaut de son retour dans un délai maximum de cinq jours, les corrections indispensables sont faites d'office. La Société en offre gratuitement aux auteurs 50 tirés à part sans couverlure, à partir de 1912; elle peut, dans la mesure de ses disponibilités, dispenser du remboursement des frais de clichage- Les personnes étrangères à la Société peuvent y publier, à condition que leur travail soit présenté par un membre. Les Mémoires publient des travaux plus étendus et pouvant comporter des planches hors texte. Il est d'usage dans les publications de la Société d'appliquer les règles de la nomenclature adoptées par les Congrès internationaux de zoologie, de faire commencer tout nom d'être vivant (animal ou plante) par une majuscule, d'écrire en italique les noms scientifiques latins et d'employer pour les indications bibliographiques les abré- viations usitées dans le Zoological record (1905). Il est recommandé de ne déposer que des manuscrits définitifs et lisiblement écrits : les frais de correction supplémentaires entraînés par les remaniements importants ou par l'état des manuscrits étant à la charge des auteuis (art. 66 du règlement). Les dessins doivent être remis en même temps que les manuscrits et exécutés de façon à pouvoir être immédiate- ment reproduits. Le Secrétaire général, gérant, A. ROBERT. I IXXX *■ f LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ AU V 1 FÉVRIER 1914 Avec la date de leur admission Le nom des membres fondateurs est précédé de la lettre F. SECRETAIRE GÉNÉRAL HONORAIRE F Blanchard (Prof. Raphaël), élu le 18 décembre 1900. BIBLIOTHÉCAIRE HONORAIRE 1889. Secques (P.), élu le 23 février 1911. MEMBRES HONORAIRES 1901. Fabre (J.-H.), correspondant de l'Académie des sciences, à Sérignan (Yaucluse). 1909. Francotte (P.), membre de l'Académie royale de Bel- gique, correspondant de l'Académie des sciences de Paris, professeur à l'Université, 118, rue Braemt (St- Josse), à Bruxelles (Belgique). 1909. Graff (L. von), professeur à l'Université, 2, Universi- tâtsplatz, à Graz (Autriche). 1901. Grassi, professeur d'anatomie comparée à l'Université, 92, via Agostino Depretis, à Rome (Italie). 1878. Gl'nther (D r Albert), F. R. S., directeur de la section zoologique du British Muséum, à Londres (Angleterre). 1909. Hubrecht (A. A. W.), professeur à l'Université, à Utrecht (Hollande). 1901. Ijima (Isao), professeur de zoologie à l'Université (Collège of science), à Tokyo (Japon). 1901. Laveran (A.), membre de l'Institut, membre de l'Acadé- mie de médecine, 25, rue du Montparnasse, à Paris (6 e ). 1897. Murray (Sir John), Ph. D., directeur des publications de l'expédition du Challenger, Challenger lodge, Wardie, à Edimbourg (Ecosse). VI 1897. Nansen (Frid(jof), professeur d'océanographie à l'Univer- sité de Christiania (Norvège). 1909. Perroncito (D r Edoardo), membre correspondant de l'Académie des sciences, de l'Académie de médecine et de la Société de biologie, professeur à l'Université et à l'Ecole vétérinaire, 40, corso Valentino, à Turin (Italie). i909. Sars (G. 0.), professeur à l'Université, à Christiania (Norvège). 1901. Schulze (F. E.), directeur de l'Institut zoologique, 43, Invalidenstrasse, à Berlin (Allemagne). 1913. Wesenberg-Lund (Garl), directeur du Laboratoire biolo- gique, Slotsgade, Hillerad (Danemark). 1902. Zograf (D r Nicolas de), professeur à l'Université (Musée polytechnique), à Moscou (Russie). MEMBRES CORRESPONDANTS 1890. Horst (D r R.), conservateur au Musée d'histoire natu- relle, à Leyde (Hollande). 1897. Sluiter (C. Ph.), professeur à l'Université, à Amsterdam (Hollande). 1904. Strebel (Hermann), au Musée zoologique, à Hambourg (Allemagne). 1891. Vejdovsky (Franz), professeur à l'Université de Bohême, à Prague (Bohême). MEMBRES DONATEURS DÉCÉDÉS (1) F Branicki (comte Constantin), décédé en 1884. 1888. Chancel (M lle Aline), décédée en 1889. 1888. Guerne (baron Frédéric de), décédé en 1888. F Hamonville (baron d'), décédé en 1899. F Hugo (comte Léopold), décédé en 1895. 1904. Meillassoux (J.-B.), décédé en 1913. 1886. Schlumberger (Charles), décédé en 1905. 1876. Semallé (vicomte René de), décédé en 1894. F Vian (Jules), décédé en 1904. (1) Par une délibération en date du 25 janvier 1885, le Conseil a décidé de main- tenir perpétuellement en tête du Bulletin la liste des membres donateurs décédés VII MEMBRES TITULAIRES (1) 1903. Abric (Paul), licencié es sciences, 46, quai Debilly, à Paris (16 e ). 1897. Aconin (Georges), avocat, 8, rue Sophie-Germain, à Paris (14 e ). 1913. Acuna (Julio V.), professeur de sciences naturelles, casilla n° 2459. à Santiago (Chili). 1890. Albert I er (S. A. S.), prince de Monaco (membre dona- teur), correspondant de l'Institut, 19, avenue du Tro- cadéro, à Paris (16 e ). 1911. Alexeieff (Alexis), 55, rue Lhomond, à Paris (5 e ). 1889. Alluaud (Charles), 3, rue du Dragon, à Paris (6 e ). 1892. André (E.), notaire honoraire, 17, rue des Promenades, à Gray (Haute-Saône). 1906. Anfrie (Emile), naturaliste, 3, rue de Paris, à Lisieux (Calvados). 1905. Anthony (D r Raoul), assistant au Muséum, 55, rue de Buffon, h Paris (5 e ). 10. 1906. Arenberg (prince Ernest d'), 75, avenue Marceau, à Paris (8 e ). 1893. Arrigoni degli Oddi (comte), professeur à l'Université, à Padoue (Italie). 1897. Artault (D r Stéphen), 20, rue de l'Abbé-de-1'Epée, à Paris (5 e ). 1895. Aubert (Marius), aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle, palais de Longchamp, à Marseille (Bouches- du-Rhône). 1913. Audigé, chef de travaux à la Faculté des sciences, rue Montaudran, à Toulouse (Haute-Garonne). 1911. Auriol (M me d') (membre à vie), Hôtel Terminus (Gare Saint-Lazare), à Paris (8 e ). 1880. Bambeke (D r Charles van), professeur à l'Université, 7, rue Haute, à Gand (Belgique). 1912. Barile (D r Celestino), assistant à l'Université (Ecole vété- rinaire), 52, via Nizza, à Turin (Italie). 1880. Barrois (D r Théodore), professeur à la Faculté de méde- cine, 51, rue Nicolas-Leblanc, à Lille (Nord). 1879. Bavay (Arthur), pharmacien en chef de la marine, en retraite, correspondant du Muséum, 82, rue Lauriston, à Paris (16 e ). (1) La Société s'est vue dans la nécessité de rayer de la liste des membres un certain nombre de personnes qui avaient négligé de payer leur cotisation (Art. Il du règlement). VIII MEMBRES TITULAIRES 20. 1903. Beauchamp (D r Paul Marais de) (membre à vie), docteur es sciences, préparateur à la Sorbonne, 16, rue de Bagneux, à Paris (6 e ). 1899. Bedot (D r Maurice), directeur du Musée d'histoire natu- relle, professeur à l'Université, à Genève (Suisse). 1909. Benoist (René), licencié es sciences, rue du Donjon, à Rouen (Seine-Inférieure). 1908. Benoit-Bazille (Henri), 81, rue Myrha, à Paris (18 e ). 1906. Berner (Paul), directeur de l'Ecole d'horlogerie, à La Chaux-de-Fonds (Suisse). 1911. Bertray (D r A.), 10, rue Frochot, à Paris (9 e ). 1884. Bibliothèque de l'Université et de l'Etat, à Strasbourg (Alsace). 1889. Bibliothèque de l'Université, à Grenoble (Isère). 1889. Bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle, 2, rue de Buffon, à Paris (5 e ). 1892. Bibliothèque du Musée des Invertébrés, 19, via Bomana, à Florence (Italie). 30. 1892. Bibliothèque de l'Université, à Rennes (Ille-et- Vilaine). 1884. Bignon (M 1Ie Fanny), docteur es sciences, professeur à l'Ecole Edgar-Quinet, 162, rue du Faubourg-Poisson- nière, à Paris (10 e ). 1909. Billiard (G.) (membre à vie), assistant de bactériologie à la fondation ophthalmologique A. de Rothschild, 67, boulevard des Invalides, à Paris (7 e ). 1906. Blaizot (Ludovic), à l'Institut Pasteur, à Tunis (Tunisie). 1891. Blanc (Edouard) (membre à vie), explorateur, à la Société de géographie, 184, boulevard St-Germain, à Paris (6 e ). 1909. Blanc (D r Georges), laboratoire de zoologie, Ecole natio- nale d'agriculture, à Montpellier (Hérault). 1892. Blanchard (M me Raphaël) {membre donateur), 226, bou- levard Saint-Germain, à Paris (7 e ). F Blanchard (D r Raphaël) (membre donateur), professeur à l'Université, membre de l'Académie de médecine, 226, boulevard Saint-Germain, à Paris (7 e ). 1910. Blin (D r Emmery), médecin en chef des asiles de la Seine, 30, rue Vauquelin, à Paris (5 e ). 1881. Blonay (Roger de), 23, rue de La Rochefoucauld, à Paris (9 e ). MEMBRES TITULAIRES IX 40. 1883. Bolivar (Ignacio), professeur d'entomologie à l'Univer- sité, 17, paseo del Obelisco, à Madrid (Espagne). 1882. Bonaparte (le prince Roland) (membre donateur), membre de l'Institut, 10, avenue d'Iéna, à Paris (16 e ). 1907. Bonnet (Alexandre), 54, boulevard Bineau, à Neuilly-sur- Seine (Seine). 1903. Bonnet (Amédée) (membre donateur), préparateur à la Faculté des sciences, bibliothécaire-archiviste-conser- vateur de la Société linnéenne, 1, quai de la Guillotière, à Lyon (Rhône). 1904. Borcéa (Ioan), docteur es sciences, professeur à l'Univer- sité, à Jassy (Roumanie). 1906. Bordas (D r L.), professeur adjoint à la Faculté des sciences, à Rennes (Ille-et-Vilaine). 1904. Boubée (Ernest), naturaliste, 3, place Saint-André-des- Arts, à Paris (6 e ). 1897. Boutan (D r Louis), professeur de zoologie à la Faculté des sciences de l'Université, à Bordeaux (Gironde). 1890. Bouvier (E. L.), membre de l'Institut, professeur au Muséum d'histoire naturelle, 14, avenue Voltaire, h Maisons-Lafïitte (Seine-et-Oise). 1889. Branicki (comte Xavier) (membre à vie), 10, rue Wiejska, à Varsovie (Russie). 50. 1911. Brément (Ernest), préparateur à l'Institut océanogra- phique, à Monaco. 1892. Bbian (Alfred) (membre donateur), 6, via San Sebastiano, à Gênes (Italie). 1894. Brôlemann (Henri) (membre à vie), à Pau (Basses-Pyré- nées). 1896. Brumpt (D r Emile) (membre à vie), docteur es sciences, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 13, rue du Connétable, à Chantilly (Oise). 1905. Buen (Odôn de) (membre donateur), sénateur, professeur à l'Université de Madrid, directeur du Laboratoire de biologie marine des Baléares à Palma-de-Mallorca et de la station de Mélaga, Serrano 80, à Madrid (Espagne). 1904. Bugnion (D r Edouard), professeur d'embryologie à l'Uni- versité de Lausanne, Blonay-sur-Vevey (Suisse). 1897. Bujor (D r Paul), professeur de zoologie à la Faculté des sciences de l'Université, à Jassy (Roumanie). X MEMBRES TITULAIRES F Bureau (D r Louis) (membre à vie), directeur du Musée, professeur à l'Ecole de médecine, 15, rue Gresset, à Nantes (Loire-Inférieure). 1910. Galkins (Gary N.), Ph. D., professer of Protozoology, Columbia University, New-York City (Etats-Unis). 1902. Galvet (Louis), professeur à la Faculté des sciences de Glermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 60. 1879. Camerano (D r Lorenzo), professeur à l'Université, palazzo Carignano, à Turin (Italie). 1902. Carié (Paul) {membre donateur), 40, boulevard de Cour- celles, à Paris (17 e ). 1909. Caullery (Maurice), professeur de zoologie, évolution des êtres organisés, à la Sorbonne, 6, rue Mizon, à Paris (15 e ). 1895. Caustier (Eugène), professeur aux lycées Saint-Louis et Henri IV, 1, boulevard Henri-IV, à Paris (4 e ). 1903. Caziot (commandant E.), 24, quai Lunel, à Nice (Alpes- Maritimes). 1903. Certes (M me Adrien), 53, rue de Varenne, à Paris (7 e ). 1891. Chancel (M me Marius) (membre donateur), 226, boulevard Saint-Germain, à Paris (7 e ). 1906. Chappellier (A.), préparateur à la Sorbonne, ingénieur agronome, 6, place Saint-Michel, à Paris (6 e ). 1907. Chatelet (C), greffier du Conseil de préfecture, 32, rue du Vieux-Sextier, à Avignon (Vaucluse). 1904. Chatton (Edouard), assistant à l'Institut Pasteur, 17, rue Froidevaux, à Paris (14 e ). 70 . 1891 . Chaves (Francisco Alfonso), directeur de l'Observatoire mé- téorologique, à Ponta Delgada, île Sao Miguel (Açores). 1884. Chevreux (Edouard) (membre donateur), route du Cap, à Bône (Algérie). 1899. Chobaut (D r A.), 4, rue Dorée, à Avignon (Vaucluse). 1907. Chopard (Lucien), licencié es sciences naturelles, 52, bou- levard Saint-Germain, à Paris (5 e ). 1912. Ciuca, médecin-vétérinaire, à l'Institut Pasteur, 25, rue . Dutot, à Paris (15 e ). 1888. Claybrooke (Jean de), 5, rue de Sontay, à Paris (16 e ). 1881. Clément (A. L.) (membre à vie), dessinateur, 34, rue Lacépède, à Paris (5 e ). 1912. Cornillot (D r Charles), 39, rue Gazan, à Paris (14 e ). 1887. Cosmovici (D r Léon C), professeur à l'Université, 11, «trada Codrescu,. à Jassy (Roumanie). MEMBRES TITULAIRES XI 1912. Cosmovici (Nicolas-L.), licencié es sciences naturelles, 29, rue Jacob, à Paris (6 e ). 80. 1900. Col'tière (D r H.), professeur à l'Ecole supérieure de pharmacie, 20, rue de Tournon. à Paris (6 e ). 1905. Gratunesco (M me Eugénie), 1, avenue de l'Observatoire, à Paris (6 e ). 1906. Dalmon (D r Henri), à Bourron-Marlotte (Seine-et-Marne). 190i. Dambeza (membre à vie), avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, 5, rue de Villersexel, à Paris (7 e ). 1902. Darboux (G.) (membre donateur), professeur à la Faculté des sciences, 31, rue Fargès, à Marseille (Bouches-du- Rhône). 1884. Dautzenberg (Philippe) (membre donateur), 209, rue de l'Université, à Paris (7 e ). 1904. Davenport (Charles), director of the Station for expéri- mental Evolution of Cold spring Harbor, Carnegie Institution, New-York (Etats-Unis). 1898. Davemère (D r Emile), licencié es sciences, 36, boulevard de La Tour-Maubourg, à Paris (7 e ). 1904. Debreuil (Charles), avocat à la Cour d'appel, 25, rue de Châteaudun, à Paris (9 e ). 1887. Delage (D r Yves), membre de l'Institut, professeur à l'Université, à la Sorbonne, à Paris (5 e ). 90. 1910. Delorme (Georges), licencié es sciences, 5, rue Clairaut, à Paris (17 e ) 1876. Demaison (Louis), archiviste, 21, rue Nicolas-Perseval, à Reims (Marne). 1911. Denier (Pierre), 25, rue Nicolo, à Paris (16 e ). 1911. Despax (R.), 30, avenue de Muret, à Toulouse (Haute- Garonne). 1910. Desoutter (Robert), 8, rue d'Hondeghem, à Hazebrouck (Nord). F Dollfus (Adrien), directeur de la Feuille des Jeunes Naturalistes, 3, rue Fresnel, à Paris (16 e ). 1892. Dollfus (Gustave) (membre à vie), 45, rue de Chabrol, à Paris (10 e ). 1913. Dollfus (Marc-Adrien), étudiant, 6, rond-point de Long- champ, à Paris (16 e ). 1912. Dollfus (Robert), licencié es sciences naturelles, 45, rue de Chabrol, à Paris (10 e ). XII MEMBRES TITULAIRES 1897. Domet de Vorges (Albert), licencié es sciences naturelles, à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire). 100. 1887. Dominici (D r Henri), licencié es sciences, 37, rue du Général -Foy, à Paris (8 e ). 1877. Douvillé (H.), membre de l'Institut, professeur à l'Ecole des Mines, 207, boulevard St-Germain, à Paris (7 e ). 1876. Durois (Alphonse), docteur es sciences, conservateur honoraire du Musée royal d'histoire naturelle, 42, rue des Chalets, à Uccle, Brabant (Belgique). 1897. Duboscq (D r 0.), professeur de zoologie à la Faculté des sciences, 24, rue Marcel-de-Serres, à Montpellier (Hérault). 1902. Dyé (D r Léon) (membre à vie), 123, avenue de Wagram, à Paris (17 e ). 1905. Face (Louis) (membre à vie), docteur es sciences, natu- raliste du service scientifique des Pêches maritimes, au laboratoire Arago, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orien- tales). 1907. Falguière (Willie), instituteur public, 15, rue Cluseret, à Suresnes (Seine). 1908. Fauré-Fremiet (Emmanuel), préparateur au Collège de France, 46, rue des Ecoles, à Paris (5 e ). 1884. Faurot (D r Lionel) (membre à vie), 7, rue Gustave- Nadaud, à Paris (16 e ). 1902. Ferdinand I er (S. M.), tsar de Bulgarie (membre donateur), à Sophia (Bulgarie). Direction de la Bibliothèque royale. 110. 1893. Field (D r Herbert Haviland), directeur du Concilium bibliographicum, 9, Kôllikerstrasse, à Zurich-Neu- munster (Suisse). 1894 . Fischer (Henri), docteur es sciences, maître de confé- rences adjoint à la Faculté des sciences, 51, boulevard Saint-Michel, h Paris (5 e ). 1895. Fockeu (D r Henri), professeur à la Faculté de médecine, 13, place Philippe-Lebon, à Lille (Nord). 1897. Freyssinge (Louis), licencié es sciences, pharmacien, 9, rue Parrot, à Paris (12 e ). 1890. Friedlander (B.) et fils, libraires, 11, Carlstrasse, à Berlin (Allemagne). 1909. Fuset-Tlbia (José), docteur es sciences naturelles, pro- fesseur de zoologie générale à l'Université, à Barcelone (Espagne). MEMBRES TITULAIRES XIII 1881. Gaueau de Kerville (Henri) (membre donateur), corres- pondant du ministère de l'Instruction publique et du Muséum, 7, rue Dupont, à Rouen (Seine-Inférieure). 1880. Gàrman (Samuel), assistant of Ichthyology and Herpe- tology at the Muséum of Comparative Zoology, at Harvard Collège, Cambridge, Mass. (Etats-Unis). 1909. Garreta (Léon), château de Banville, par Carentan (Manche). 1895. Gaulle (Jules de), 41, rue de Yaugirard, à Paris (6 e ). 120. 1879. Gazagnaire (Joseph), 29, rue Centrale, à Cannes (Alpes- Maritimes). 1907. Gedoelst (Louis), professeur à l'Ecole vétérinaire, 23, rue David-Desvachez, à Bruxelles (Belgique). 1905. George (E.), étudiant, 91, boulevard Beaumarchais, à Paris (3 e ). 1899. Georgevttch (Jivoïn), professeur de zoologie et d'ana- tomie comparée à l'Université, à Belgrade (Serbie). 1905. Germain (Louis), docteur es sciences, préparateur au Muséum. 120, rue de Tolbiac, à Paris (13 e ). 1906. Glandaz (Albert), greffier en chef au Tribunal de Com- merce, 43, boulevard Lannes, à Paris (16 e ). 1903. Gœldi (prof. Emile A.) (membre à vie), 36, Zieglerstrasse, à Berne (Suisse). 1902. Gréban (membre à vie), notaire, rue de Paris, à Saint- Germain-en-Laye (Seine-et-Oise). 1905. Grobgn (D.), médecin-vétérinaire, 7, rue des Filles-Saint- Thomas, à Paris (2 e ). 1891. Gruvel (A.), directeur des Pêcheries de la côte occiden- tale d'Afrique, 4, rue Lagarde; à Paris (5 e ). 130. 1900. Guérin-Gaxivet (J.), docteur es sciences, naturaliste du service scientifique des Pêches maritimes, au labora- toire maritime, à Goncarneau (Finistère). 1880. Guerne (baron Jules de) (membre donateur), 6, rue de Tour non, à Paris (6 e ). 1895. Gliart (D r Jules) (membre donateur), docteur es sciences, professeur à la Faculté de médecine, 36, quai Gailleton, à Lyon (Rhône). 1886. Guitel (Frédéric), professeur à la Faculté des sciences, 32, rue Gurvand, à Rennes (Ille-et-Vilaine). 1908. Gllia (D r Giovanni), Vittoria, à Gozo, île de Malte. 1894. Hakki (Ismaïl), professeur aux Ecoles vétérinaires mili- taire et civile, vétérinaire de la Société des tramways, à Constantinople (Turquie). XIV MEMBRES TITULAIRES 1891. Hallez (D r Paul), professeur à l'Université, à Lille (Nord). 1900. Hamonville (baron d') {membre à vie), au château de Manon ville, par Noviant-aux-Prés (Meurthe-et-Moselle). 1913. Havre (Le chevalier G. van), 2, rue van Brée, à Anvers (Belgique). 1888. Hecht (D r Emile), chef de travaux à la Faculté des sciences, 10, rue de Lorraine, à Nancy (Meurthe-et- Moselle). 140. 1902. Henry, répétiteur à l'Ecole vétérinaire, à Alfort (Seine). 188(3. Hérouard (Edgard) (membre à vie), professeur adjoint de zoologie à l'Université, sous-directeur du laboratoire de Roscoff, 9, rue de l'Eperon, à Paris (6 e ). 1889. Hertwig (D r Richard), professeur de zoologie à l'Univer- sité, à Munich (Bavière). 1900. Hérurel (Marcel), docteur es sciences, préparateur à la Sorbonne, 112, rue Monge, à Paris (5 e ). 1896. Holssaye (Emile), pharmacien de l'Assistance publique, 5, rue de l'Epée-de-Bois, à Paris (5 e ). 1906. Hugues (Albert), à Saint-Geniès-de-Malgoires (Gard). 1907. Iches (Lucien) (membre à vie), 12, place Saint-Julien, à Laon (Aisne). 1906. Innès-Bey (D r Walter Francis), square Halem-Pacha, Esbekieh, Le Caire (Egypte). 1895. Jammes (D r L.), professeur adjoint à la Faculté des sciences, 6, place Saint-Sernin, à Toulouse (Haute- Garonne). 1893. Janet (Armand) (membre à vie), ingénieur principal de réserve du génie maritime, 29, rue des Volontaires, à Paris (15 e ). 150. 1890. Janet (Charles) (membre à vie), docteur es sciences, ingénieur des arts et manufactures, villa des Roses, près Beauvais (Oise), et 57, rue Réaumur, à Paris (2 e ). 1906. Janin (D r Francisque), à Kourousa (Guinée française). 1913. Jeannel (D r René) (membre à vie), 15, rue de Jussieu, à Paris (5 e ). 1882. Joubin (D r Louis) (membre à vie), professeur au Muséum d'histoire naturelle, 21, rue de l'Odéon, à Paris (6 e ). 1882. Jourdan (Etienne), professeur adjoint à l'Université, 6, rue de la Bibliothèque, à Marseille (Bouches-du-Rhône). F Jousseaume (D r Félix) (membre à vie), 29, rue de Ger- govie, à Paris (14 e ). 1883. Joyeux-Laffuie (J.), professeur de zoologie à l'Université de Caen, 70, rue d'Assas, à Paris (6 e ). MEMBRES TITULAIRES XV 1914. .Il lin (Charles), membre correspondant de l'Académie royale de Belgique, professeur à l'Université, L. L. I). (St-Andrews), 159. rue de Fragnée, à Liège (Belgique). 1900. Jumentié (D r Joseph), 141, avenue Victor-Hugo, à Paris (16 e ). 1879. Kempen (Gh. van), 12, rue Saint-Bertin, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). 160. 1888. Kerhervé (J.-B. de), licencié es sciences naturelles, à Lacres, par Samer (Pas-de-Calais). 1894. Kœhler (D r René), professeur à l'Université, 29, rue Guilloud, à Lyon (Rhône). 1909. Kollmann (Max), agrégé, docteur es sciences, prépara- teur de mammalogie au Muséum, 15, rue Nicolas- Charlet, à Paris (15 e ). 1893. Krasilshtshik (Isaac), conseiller de la Cour, 82, Leov- skaïa, à Kishinev (Russie méridionale). 1903. Krempf (Armand), attaché à l'Institut Pasteur, à Nha- . • trang, Annam (Indo-Chine). 1881. Kunstler (Jules), professeur à l'Université, à Bordeaux (Gironde). 1891. Labbé (D r Alphonse), docteur es sciences, professeur à l'Ecole de médecine, à Nantes (Loire-Inférieure). 1905. Laboratoire de biologie générale de l'Université, à Dijon (Côte-d'Or). 1903. Laboratoire de malacologie du Muséum d'histoire natu- relle, 55, rue de Buffon, à Paris (5 e ). 1892. Laboratoire de zoologie de l'Université, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 170. 1904. Lamy (Edouard), assistant de malacologie au Muséum, 36, rue Daubenton, à Paris (5 e ). 1904. Landrieu (D r Marcel), 108 bis, rue de Rennes, à Paris (6 e ), et 21, rue de la Ferme, au Havre (Seine-Inférieure). 1883. Larcher (D r Oscar), membre de la Société de biologie, 97, rue de Passy, à Paris (16 e ). 1907. Lavagna (D r Joseph), directeur de l'Institut ophtalmolo- gique « Princesse Alice », à Monaco. 1909. Lavauden (Louis), garde général des Eaux et Forêts, rue Fantin-Latour, à Grenoble (Isère). 1906. Lebailly (D r Charles), préparateur à la Faculté des sciences, rue Pasteur, à Caen (Calvados). 1907. Le Danois (Edouard), naturaliste du service scientifique des Pêches maritimes, au laboratoire Lacaze-Duthiers, à Roscoff (Finistère). XVI MEMBRES TITULAIRES 1910. Lepeschkine (Woldemar), vice-président de la Section ichthyologique de la Société impériale d'acclimatation, Piatnitzkaya, 56, à Moscou (Russie). 1891. Lignières (Joseph), professeur, directeur de l'Institut de bactériologie, 582, Bartholome Mitre, à Buenos-Aires (République Argentine). 1908. Liouville (D r Jacques), médecin de la mission Charcot, 35, rue de l'Université, à Paris (7 e ). 180. 1897. Loyez (M lle Marie), docteur es sciences naturelles, pro- fesseur à l'Ecole Edgar-Quinet, 16, rue Guvier, à Paris (5 e ). 1909. Lozano (Luis), docteur es sciences naturelles, conserva- teur du Musée cle Madrid (Espagne). 1889. Lucet (Adrien), membre de l'Académie de médecine, assistant au Muséum, 2, rue des Arènes, à Paris (5 e ). 1893. Maës (Albert), 164, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris (8 e ). 1889. MagalhÂes (D r Petro Severiano de), professeur à la Faculté de médecine, rua do Hospicio, 3a, à Rio-de- Janeiro (Brésil). 1908. Magaud d'Aibusson, 66, avenue Mozart, à Paris (16 e ). 1886. Magne (Alexandre) (membre donateur), 37, rue Etienne- Marcel, à Pantin (Seine). 1897. Malaquin (D r A.), professeur de zoologie générale et appliquée à la Faculté des sciences, 159, rue Brûle- Maison, à Lille (Nord). 1884. Man (D r J.-G. de), à Ierseke, Zélande (Hollande). 1909. Maranne (Isidore), pharmacien-chimiste de l'Université de Paris, à Allanche (Cantal). 190. 1887. Marchal (Paul), membre de l'Institut, directeur de la Sta- tion entomologique de Paris, professeur de zoologie à l'Institut national agronomique, 30, rue Guérard, à Fon- tenay-aux-Roses (Seine) ; l'hiver, 89, rue du Cherche- Midi, à Paris (6 e ). 1892. Martin (D r Henri), médecin de l'Hôpital d'.Vuteuil, Villa Montmorency, 6, avenue des Sycomores, à Paris (16 e ). 1885. Martin (René), avocat, au Blanc (Indre). 1912. Marzocchi (D r Victor), libero-docente, à l'Université, 18, via Masséna, à Turin (Italie). 1911. Mathis (Constant), médecin-major de l re classe, directeur de l'Institut antirabique, à Hanoï (Tonkin). MEMBRES TITULAIRES XVII 1893. Maupas (E.), conservateur-administrateur de, la Biblio- thèque nationale, 1, rue de Dijon, à Alger (Algérie). 1890. Maurice (Charles), docteur es sciences, professeur à l'Université catholique de Lille, à Attiches, par Pont-à- Marcq (Nord). 1907. Menegaux (A.), assistant au Muséum, 55, rue de Buffon, à Paris (5 e ). 1889. Minchin (D r Edward A.), professeur à l'Université de Londres, 53, Cheyne court, Royal Hospital road, à Londres, S.-W. (Angleterre). 1884. Moniez (D r Romain), recteur de l'Université, à Caen (Calvados). 200. 1907. Montezuma (M me ), 19, boulevard de l'Ouest, au Vésinet (Seine-et-Oise). 1907. Montezuma, 19, boulevard de l'Ouest, au Vésinet (Seine- et-Oise). 1913. Monti (M ma Rina), professeur de zoologie et d'anatomie comparée à l'Université, à Sassari, Sardaigne (Italie). 1897. Moreau (D r Louis), 11, place de la République, à Epernay (Marne). 1912. Moreira (Carlos), chef du laboratoire d'entomologie agri- cole du Muséum national. 33, rua S. Francisco-Xavier, à Rio-de-Janeiro (Brésil). 1892. Moulé (Léon), 27, rue de la Tour, à Vitry-le-François (Marne). 1892. Musée d'histoire naturelle, à Genève (Suisse). 1892. Musée zoologique de l'Université, à Pavie (Italie). !'.)13. Musée national de Montevideo (Uruguay). 1883. Musée national zoologique, à Agram (Croatie). 210. 1888. Nadar (Paul), photographe, 51, rue d'Anjou, à Paris (8 e ). 1911. Nafilyan (Zia bey), licencié es lettres, 45, rue de Lyon, à Paris (12 e ). 1891. Nerville (Ferdinand de), ingénieur des télégraphes, 59, rue de Ponthieu, à Paris (8 e ). 1891. Neumann (Georges), professeur à l'Ecole vétérinaire, à Toulouse (Haute-Garonne). 1896. Neveu-Lemaire (D r Maurice), professeur agrégé à la Faculté de médecine, à Lyon (Rhône). 1903. Nibelle (Maurice) (membre à vie), 9, rue des Arsins, à Rouen (Seine-Inférieure). 1870. Oberthur (Charles), imprimeur, à Rennes (Ille-et- Vilaine). XVIII MEMBRES TITULAIRES 1913. Oberthùr (Henri) (membre à vie), 46, rue Molitor, à Paris (16°). 1913. Oberthùr (D r Joseph) {membre à me), i6, rue Molitor, à Paris (16 e ). 1892. Odin (Amédée), directeur du Laboratoire maritime, 23, quai de Franqueville, aux Sables-d'Oloune (Vendée). 220. 1896. Oka (D r Asajiro), au laboratoire de zoologie de la Koto- Shihan Gakko (Ecole normale supérieure), à Tokyo (Japon). 1892. Olivier (Ernest), directeur de la Revue scientifique du Bourbonnais, 10, cours de la Préfecture, à Moulins (Allier). 1907. Osorio (Balthazar), à l'Ecole Polytechnique, à Lisbonne (Portugal). 1879. Oudri (général Emile), à Durtal (Maine-et-Loire). 1907. Paquet (René), 34, rue de Vaugirard, à Paris (6 e ). 1910. Para (D r ), à La Ferté-Alais (Seine-et-Oise). 1905. Paris (Paul), préparateur à la Faculté des sciences, à Dijon (Côte-d'Or). 1902. Pas (comtesse du) {membre à rie), 97, rue Royale, à Lille (Nord). 1890. Paszlavszky (Joseph), professeur à la Réaliskola, 11, Szilfa-utcza, 7, à Budapest (Hongrie). 1884. Pavlov (M me Marie), Dolgoroukovsky pereoulok, Univer- sité, à Moscou (Russie). 230. 1913. Payer (Jules de), chef de la mission arctique française, 44, rue Pergolèse, à Paris (16 e ). 1900. Pellegrin (D r Jacques), docteur es sciences, assistant d'herpétologie au Muséum d'histoire naturelle, 1, rue Vauquelin, à Paris (5 e ). F Pennetier (D r Georges), directeur du Musée d'histoire naturelle, professeur à l'Ecole de médecine, impasse de la Gorderie, Mont-Saint-Aignan-lès-Rouen (Seine- Inférieure). 1905. Pérez (Charles), professeur adjoint à la Faculté des sciences, 3, rue d'Ulm, à Paris (5 e ). 1887. Perrier (Edmond), membre de l'Institut, directeur du Muséum d'histoire naturelle, 57, rue Olivier, à Paris (5 e ). 1909. Perroncito (D r Aldo), assistant d'histologie à l'Université, à Pavie (Italie). F Petit (Louis) aîné (membre à vie), naturaliste, 48, bou- levard de Strasbourg, à Paris (10 e ). MEMBRES TITULAIRES XIX 1897. Philippson (Maurice), docteur en sciences, 27, rue de la Loi, à Bruxelles (Belgique). 1913. Phisalix (M me ) (membre à vie), docteur es sciences, docteur en médecine, 62, boulevard Saint-Germain, à Paris (5 e ). 1893. Pic (Maurice) (membre à vie), correspondant du Muséum, Les Guerreaux, par Saint-Agnan (Saône-et-Loire). 240. 1912. Picado (Clodomiro), 16, rue de la Pitié, à Paris (5 e ). 1912. Picqué ;D r Robert), professeur agrégé à la Faculté de médecine, à Bordeaux (Gironde). 1879. Pierson (Henri) (membre à vie), 8, rue du Pont, à Brunoy (Seine-et-Oise). 1900. Pinoy (D r Ernest), 30, rue de Versailles, à Yille-d'Avray (Seine-et-Oise). 1901. Pizon (Antoine), docteur es sciences naturelles, profes- seur au Lycée Janson-de-Sailly, 92, rue de la Pompe, à Paris (16 e ). 1899. Plate (D r Ludwig), professeur à l'Université, 2, Mozart- strasse, à Iéna (Allemagne). 1910. Pluche (V.), 71, rue de Sartoris, à la Garenne-Colombes (Seine). 1902. Polaii.lon (D r Henri). 10. avenue de Messine, à Paris (8 e ). 1910. Policard (A.), chef de laboratoire à la Faculté de méde- cine, 1, place Raspail, à Lyon (Rhône). 1913. Porter (Professor Carlos) (membre à me), casilla 2974, à Santiago (Chili). 250. 1905. Pruvot (M me G.), 90, rue d'Assas, à Paris (6 e ). 1895. Pruvot (Georges), directeur du Laboratoire Arago, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orient les ), professeur d'ana- tomie comparée, à la Sorbonne, à Paris (5 e ). 1907. .Quidor (Auguste), docteur es sciences, 82, rue Michel- Ange, à Paris (16 e ). 1893. Bacovitza (Emile-G.) (membre à vie), docteur es sciences, directeur adjoint du Laboratoire Arago (Banyuls-sur- Mer), 92, boulevard Raspail, à Paris (6 e ). 1882. Railliet (A.), membre de l'Académie de médecine, pro- fesseur d'histoire naturelle à l'Ecole vétérinaire, à Alfort (Seine). 1906. Raspail (M me Xavier) (membre donateur), à Gouvieux (Oise). 1886. Raspail (Xavier), correspondant du ministère de l'Ins- truction publique, à Gouvieux (Oise). XX MEMBRES TITULAIRES 1896. Ratz (D r Stephan von), professeur à l'Académie vétéri- naire, 23, Rottenbiller utcza, à Budapest (Hongrie). 1913. Regnard (Emile), licencié es sciences naturelles, 129, bou- levard Saint-Michel, à Paris (5 e ). 1879. Regnard (D r Paul), membre de l'Académie de médecine, directeur de l'Institut national agronomique, 195, rue Saint-Jacques, à Paris (5 e ). 260. 1905. Renesse de Duivenbode (G. de), 45, rue de Trévise, à Paris (9 e ). 1895. Reyckaert (J.), agent de la Société zoologique, 85, rue du Cherche-Midi, à Paris (6 e ). 1887. Richard (D r Jules), directeur du Musée océanographique, à Monaco. 1877. Richet (D r Charles), membre de l'Institut, professeur à l'Université, 15, rue de l'Université, à Paris (7 e ). 1897. Robert (Adrien) (membre à vie), chef de travaux à la Sorbonne, 95, rue de Seine, à Paris (6 e ). 1893. Roche (Georges), docteur es sciences, 4, rue Dante, à Paris (5 e ). 1901. Rodriguez (Jean), directeur du Musée national d'histoire naturelle, à Guatemala (Amérique centrale). 1888. Rollinat (Raymond) (membre à vie), à Argenton (Indre). F Rothschild (baron Edmond de) (membre donateur), 19, rue Lalïite, à Paris (9 e ). 1895. Roule (D r Louis), professeur d'herpétologie an Muséum d'histoire naturelle, 8, rue de Ruffon, à Paris (5 e ). 270. 1906. Ployer (D r Maurice), secrétaire de la Société entomolo- gique de France, 14, rue du Four, à Paris (6 e ). 1911. Ruderman (M" e Lota), Elektoralma 51, à Varsovie (Pologne russe). 1897. Sand (René), 45, rue des Minimes, à Bruxelles (Belgique). 1884. Sauvage (D r Emile), directeur honoraire de la Station aquicole, directeur du Musée, 39 bis , rue Tour-Notre- Dame, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). 1881. Sauvinet (L. -Ernest), assistant au Muséum, 57, rue Cuvier, à Paris (5 e ). 1902. Savouré (P.), licencié es sciences naturelles, chargé de travaux pratiques à la Faculté des sciences, 7 bis , im- passe Sainte-Marie, à Rennes (Ille-et-Vilaine). 1909. Schlegel (Christian), 13, rue Vauquelin, à Paris (5 e ). 1896. Scott (Thomas), naturalist to the Fishery Board for Scotland, 2, Devanda terrace, à Aberdeen (Ecosse). MEMBRES TITULAIRES XXI 1889. Secques (François), pharmacien de l re classe, 14, rue Saint-Louis-en-1'Ile, à Paris (4 e ). 1902. Semichon (Louis) (membre à vie), docteur es sciences, stagiaire au Muséum, 4, rue Honoré-Chevalier, à Paris (6 e ) - . 280. 1876. Shellby (captain George-Ernest) (membre à vie), 7, Princes street, Gavendish square, à Londres, W. (Angleterre). F Simon (Eug.), membre correspondant de rAcadémie des sciences, 16, villa Saïcl, à Paris (16 e ). 1901. Simroth (Heinrich), professeur à l'Université, à Leipzig (Allemagne). 1905. Sirvent (Louis) (membre à vie), assistant au Musée océanographique, à Monaco. 1899. Société scientifique et Station zoologique d'Arcachon, à Arcachon (Gironde). 1911. Sollaud (E.), agrégé, 32, rue des Ecoles, à Paris (5 e ). 1893. Spengel (D r J. W.), professeur à l'Université, à Giessen (Allemagne). 1877. Steindachner (Hofrath D r Prantz), Director des natur- historischen Hofmuseums, I, Burgring, 7, à Vienne (Autriche). 1891. Stiles (D r Charles Wardell), Chief of the Division of Zoology, Hygienic Laboratory, Public Health and Ma- rine Hospital service of the U. S., à Washington, D. C. (Etats-Unis). 1914. Stique (Georges), 27, rue du Vieux-Pont-de-Sèvres, à Billancourt (Seine). 290. 1889. Studer (D r Th.), professeur à l'Université, directeur du Musée, rue des Orphelins, à Berne (Suisse). 1912. Tarnogradsky (David), au laboratoire d'évolution des êtres organisés, 3, rue d'Ulm, à Paris (5 e ) 1898. Ternier (Louis), à La Rivière Saint-Sauveur (Calvados). 1911. Texier (Georges), à Luçon (Vendée). 1896. Thézée (D r Henri), professeur à l'Ecole de médecine, 70, rue de Paris, à Angers (Maine-et-Loire). 1901. Tillier (J.-B.), chef du transit du canal de Suez, 83, rue de la Tour, à Paris (16 e ). 1887. Topsent (Emile), professeur à la Faculté des sciences, correspondant du Muséum, à Dijon (Côte-d'Or). 1878. Tourneux (D r Frédéric), professeur à l'Université, 14, rue Sainte-Philomène, à Toulouse (Haute-Garonne). XXII MEMBRES TITULAIRES 1887. Trapet, pharmacien-major de l re classe en retraite, 6, rue Théodule-Ribot, à Paris (17 e ). 1895. Trouessart (D r Edouard), professeur au Muséum d'his- toire naturelle, 61, rue Guvier, à Paris (5 e ). 300. 1889. Vaillant (Léon), professeur honoraire au Muséum d'his- toire naturelle, 8, quai Henri-IV, à Paris (4 e ). 1903. Vaney (G.), maître de conférences à la Faculté des sciences, à Lyon (Rhône). 1894. Vaudremer (D r Albert), 50, rue Centrale, à Cannes (Alpes- Maritimes). 1898. Yersluys (D r J.), Privat-Dozent à l'Université, à Giessen, Hesse (Allemagne). 1876. Vian (Paul), notaire, 9, rue Boissy-d'Anglas, à Paris (8 e ). 1894. Vignal (Louis), 28, avenue Duquesne, à Paris (7 e ). 1912. Vignon (Paul), docteur es sciences, 9, boulevard Latour- Maubourg, à Paris (7 e ). 1902. Visard de Bocarmé (comte Ferdinand), 6, rue du Grand- Gagnage, à Namur (Belgique). 1903. Vlès (Fred), docteur es sciences, préparateur du Labo- ratoire de Roscoff (Finistère), 46, boulevard Saint- Michel, à Paris (5 e ). 1897. Ward (Henry-Baldwin), professeur à l'Université, à Urbana, Illinois (Etats-Unis). 310. 1880. Weber (D r Max), professeur à l'Université, à Eerbeck (Hollande). 1909. Weinberg (D r M.), assistant à l'Institut Pasteur, 25, rue Dutot, à Paris (15 e ). 1913. Werner (F.), assistant à l'Institut de zoologie de l'Uni- versité, à Vienne (Autriche). 1890. Wierzejsky, professeur à l'Université, 6, Wielopole, à Cracovie (Autriche). 1906. Wintrebert (D r ) (membre à vie), préparateur d'anatomie comparée à la Faculté des sciences, à Paris (5 e ). 1900. Yung (D r Emile), professeur de zoologie à l'Université, 6, boulevard Helvétique, à Genève (Suisse). 1909. 7a'lueta (Antonio de), Museo de ciencias naturales, Hip- podromo, à Madrid (Espagne). LISTE GÉOGRAPHIQUE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ MH = Membre honoraire ; MC = Membre correspondant FRANCE (231) Iches. Olivier. Aisne (1) AlXIEB (1) Alpes-Maritimes (3) Caziot. Gazagnaire. Yaudremer. Basses-Pyrénées (1) Brôlemann. Bouches-du-Rhône (3) Aubert. Darboux. Jourdan. Calvados (4) Anfrie. Lebailly. Moniez. Ternier. Cantal (1) Maranne. Côte-d'Or (3) Dijon (Laboratoire de biologie). Paris. Topsent. Finistère (2) Guérin-Ganivet. Le Danois. Gard (1) Hugues. Gironde fi) Arcachon (Slalion). Boutan. Kùnstler. Picqué. Haute-Garonne (5) Audigé. Despax. Jamines. Neumann. Tourneux. Haute-Saône (1) André. HÉRAULT (2) Blanc (G.). Duboscq. Ille-et-Vilaine (5) Bordas. Guitel. Oberthùr (Charles). Rennes (Bibliothèque). Savouré. Indre (2) Martin (R.). Rollinat. Isère (2) Grenoble (Bibliothèque). Lavauden. Loire-Inférieure (2) Bureau. Labbé. Maine-et-Loire (2) Oudri. Thézée. Garreta. Demaison. Moreau. Moulé. Manche (1) Marne (3) XXIV LISTE fîKOC.RAPHIQUE Meurthe-et-Moselle (3) Hamonville (Baron d'). Hecht. Nancy (Laboratoire de zoologie). Nord (7) Barrois (Th.). Desouller. Fockeu. Hallez. Malaquin. Maurice. Pas (Comtesse du). Oise (4) Brumpt. Janet (Ch.). Baspail (M me ). Baspail. Pas-de-Calais (3) Kempen (Ch. van). Kerhervé (L.-B. de). Sauvage. Puy-de-Dôme (1) Calvet Pyrénées-Orientales (1) Fage. Rhône (6) Bonnet (Amédée). Guiart. Kœhler. Neveu-Lemaire. Policard. Vaney. Saône-et-Loire (2) Domet de Vorges. Pic. Seine (8) Bonnet (Alexandre). Falguière. Henry. Magne. Marchai. Pluche. Railiiet. Stique. Paris (131) Abric. Aconin. Alexeieff. Alluaud. Anthony. Arenberg (Prince d"). Artault. Auriol (M me d'). Bavay. Beauchamp (P. de). Benoit-Bazille. Bertray. Bignon (M" e ). Billiard. Blanc (E.). Blanchard (M me ). Blanchard (R.). Blin. Blonay (B. de). Bonaparte (Prince R.). Boubée. Bouvier. Carié. Caullery. Caustier. Certes (M me ). Chancel (M me ). Chappellier. Chatton. Chopard. Ciuca. Claybrooke (J. de). Clément. Cornillot. Cosmovici (N.). Coutière. Cratunesco (M rae ). Dambeza. Dautzenberg. Davenière. Debreuil. Delage. Delorme. Denier. Dollfus (A.). LISTE GEOGRAPHIQUE XXV Dollfus (G.). Paquet. Dollfus (M.). Payer (J. de). Dollfus (R.). Pellegrin. Doniinici. Pérez. Douvillé. Perrier. Dyé. Petit. Fauré-Fremiet. Phisalix (M me ). Faurot. Picado. Fischer. Pizon. Freyssinge. Polaillon. Gaulle (.1. de). Pruvot (M me ). George. Pruvot. Germain. Quidor. Glandaz. Bacovitza. Grobon. Regnard (E.). Gruvel. Regnard (D r P.). Guerne (Baron J. de). Renesse de Duivenbode. Hérouard. Beyckaert. Richet. Hérubel. Robert. Houssaye. Roche. Janet (A.). Rothschild (Baron Edm. de). Jeannel. Roule. Joubin. Royer. Jousseaume. Sauvinet. Joyeux-Laffuie. Schlegel. Jumentié. Secques. Kollmann. Semichon. Lamy. Simon. Landrieu. Sollaud. Larcher. Tarnogradsky. Laveran, M. H. Tillier. Liouville. Trapet. Loyez (M""). Trouessart. Lu cet. Vaillant. Maës. Vian. Mugaud-d'Aubusson. Vignal. Martin (Dr H.). Vignon. Mrs. Weinberg. Menegaux. Muséum (Bibliothèque). Wintrebert. Muséum (Lab. de malacologie). Nadar. Seine-et-Marne (1) Nafilyan. Dalmon. Nervi lie (F. de). Oberthur (H.). Seine-et-Oise (6) Oberthur (J.). Gréban. XXVI LISTE GEOGRAPHIQUE Montezuma (M me ). Vaucluse (3) Montezuma. Para. Chatelet. Pierson. Chobaut. Pinoy. Fabre, M. H. Seine-Inférieure (4) Benoist (R.). Vendée (2) Gadeau de Kerville. Odin. Ni belle. Texier. Pennetier. ÉTRANGER [104) EUROPE (82) Allemagne (8) Friedlânder. llertwig (R.). Plaie. Schulze, M. II. Simroth. Spengel. Strebel, M. C. Versluys. Alsace (1) Strasbourg (Bibliothèque). Autriche-Hongrie (8) Agram (Musée). Graff (L. von), M. II. Paszlavszky. Ratz (S. von). Steindachner. Vejdovsky, M. G. Werner. Yv'ierzejsky. Belgique (9) Bambeke (Ch. van) Dubois (Alph.). Francotte, M. H. Gedoelst. Havre (Chev. G. van). Julin. Philippson. Sand. Visard de Bocarmé (Comte). Bulgarie (1) Ferdinand I er (S. M.). Danemark (1) Wesenberg-Lund, M. H. Espagne (5) Bolivar. Buen (Odôn de). Fusel-Tubia. Lozano. Zulueta (A. de). Grande-Bretagne (5) Gùnther, M. H. Minchin. Murray (Sir John), M. H. Scott. Shelley. Hollande (5) Horst, M. C. Hubrecht, M. H. LISTE GEOGRAPHIQUE XXVI 1 Man (J. G. de). PORTUGAL (1) Sluiter, M. C. Ûsorio. W'eber. ROL'MANIE (3) Italie (11) Borcea. Arrigoni degli Oddi (Comte). Bujor. Barile. Cosmovici (D r L.). Brian. Camerano. Russie (6) Florence (Bibliothèque des Invertébrés) Branicki (comte X.). Grassi, M. H. Krasilshtshik. Marzocchi. Lepeschkine. Monti (M m.<; ùù'fit ti ''//onnc'itr de Za Société ZooZoyi/jritje de. Irarvce. enJS24 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 51 présentent des déformations ou des anomalies, mais je ne vous parlerai pas de celles qui sont dues à des accidents survenus pendant la vie des animaux et qui ont entraîné des modifica- tions plus ou moins profondes dans la forme de leurs coquilles. La seule anomalie dont je vais vous entretenir est l'enroule- ment en sens inverse, c'est-à-dire de droite à gauche de coquilles de Mollusques Gastéropodes dont l'enroulement nor- mal se fait de gauche à droite ou, au contraire, de gauche à droite chez d'autres dont l'enroulement normal se fait de droite à gauche. Ces deux cas ont été désignés sous les noms de sinistrorsité et de dextrorsité tératologïques. Ils sont toujours rares, et dans un grand nombre d'espèces on n'en a même rencontré, jus- qu'à présent, qu'un seul individu. Cependant, certaines espèces ou certains groupes en pré- sentent des exemples relativement fréquents. C'est ainsi qu'il existe dans presque toutes les collections des spécimens sénestres des Escargots communs : Hélix pomatia et Hélix aspersa. Il est évident que leur fréquence relative provient surtout du nombre considérable de ces Mollusques qui sont récoltés et manipulés au point de vue alimentaire. Parmi les Mollusques marins, il en est de même pour le Buccinum undatum, dont on consomme de grandes quantités dans certaines régions de l'Angleterre et du Danemark. Un de mes correspondants, M. L. Byne, a pu m'en envoyer en peu de temps neuf individus sénestres, provenant tous du comté de Kent. Mais si la sinistrorsité est relativement fréquente chez les espèces que je viens de vous signaler, elle est au contraire rarissime chez d'autres Mollusques, également comestibles, et dont on récolte des quantités encore bien plus considérables. On ne connaît, par exemple, jusqu'à présent, qu'un seul exem- plaire sénestre du vulgaire Bigorneau (Litlorina littorea Lin.), dont on voit cependant de pleins paniers dans tous les marchés. Cet exemplaire a été apporté au British Muséum il y a quelques années et M. Smith s'en est rendu acquéreur. Si on examine la répartition des cas d'anomalies sénestres ou dextres de la coquille dans les différents groupes de Mol- lusques, on remarque qu'il s'en présente assez souvent chez certains de ces groupes, tandis qu'il n'en a été constaté aucun chez certains autres. 52 . SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 On connaît des spécimens qui présentent cette anomalie dans beaucoup de familles de Pulmorrés terrestres et surtout dans celle des Helicidee. Chez les Mollusques marins, on n'a rencontré jusqu'à pré- sent des cas de sinistrorsité tératologique que chez les Pecti- nibranches, et plus spécialement chez les Rachiglosses : les Toxoglosses, les Pténoglosses et les Gymnoglosses n'en ont pas encore fourni un seul, et, chez les Tœniogiosses, nous n'avons pu en relever que trois cas, représentés chacun par un exem- plaire unique : Littorino littorea, Littorina saxatilis subsp. rudis et Torinia variegata. Les Tamioglosses d'eau douce présentent quelques anomalies sénestres chez les Paludines et les Valvées, et aussi deux cas chez des Mollusques terrestres : Cyclostoma elegans et Acmc lineata. Dans le sous-ordre des ^'-utibranches, je n'ai pu relever que deux cas de sinistrorsité : l'un chez la Neritina fluviatitis, l'autre chez le Pleurotomaria decussata Sowerby, fossile du Dévonien. J'ai essayé de dresser une liste aussi complète que possible des sinistrorsilés et des dextrorsités tératologiques, mais elle doit être très incomplète, car beaucoup de renseignements disséminés dans des périodiques peu accessibles m'ont cer- tainement échappé. Le même travail avait déjà été entrepris en 1905 par M. Sykes, qui a cité alors 119 espèces sénestres et 13 dextres, puis par Ancey, qui a élevé le nombre des sénestres à 137 et celui des dextres à 15. La liste que j'ai l'honneur de vous présenter aujourd'hui se compose de 178 espèces sénestres et 17 dextres, mais afin de rendre comparables mes chiffres à ceux des listes précédentes, il convient d'éliminer de ces dernières deux Planorbes pour les raisons que je vous exposerai tout à l'heure. L'écart entre ma liste et celle de M. Ancey est donc, en réalité, de 43 espèces d'une part et de 2 de l'autre. Cet accroissement est dû en partie à ce que certaines anomalies sénestres indiquées par Chem- mtz. de Monterosato et Paul Fischer avaient été perdues de vue, et aussi à plusieurs spécimens inédits que j'ai réussi à me procurer. Personne n'est parvenu jusqu'à présent à expliquer la cause qui peut occasionner l'enroulement anormal, en sens inverse, SÉANCE DU 2G FÉVRIER 1914 53 chez des Gastéropodes, el on peut même dire que toutes les suppositions qui ont été émises à ce sujet sont plus qu'hypo- thétiques. Je regrette de ne pouvoir apporter aucun élément nouveau pour la discussion de ce problème, mais je crois que de l'accumulation de renseignements précis pourra peut-être un jour sortir un peu de lumière. Le seul lait sur lequel je me permettrai d'appeler encore votre attention est que la sinistrorsité tératologique des Mol- lusques marins semble presque exclusivement localisée chez les Raehiglosses et que, dans ce groupe, ce sont les Marginella qui sont de beaucoup le plus largement représentés. On con- naît, en effet, 14 espèces de Margïmelles de la faune actuelle qui présentent des cas de sinistrorsité. La tendance à cette anomalie chez les Mollusque- de ce genre n'est d'ailleurs pas récente, puisque je possède dans ma collection des spécimens sénestres de trois espèces de Marginelles de l'Eocène du bassin de Paris. Parmi les Gastéropodes sénestres. il en est un qui jouit d'une réputation universelle et même d'une grande vénération dans son pays d'origine : c'est le Ghank (Turbinella pirum) que les tndous considèrent connue un objet d'une si haute valeur qu'ils en ont l'ait l'un des attributs de leurs divinités. M. James Hornell, superintendant des pêcheries de perles et de Ghanks du gouvernement de Madras, a présenté au Con- grès de zoologie de Monaco une communication des plus inté- ressantes sur ces coquilles sacrées dont il a pu voir plusieurs individus conservés dans les temples de l'Inde et de Ceylan. 11 évalue à 120 le nombre des spécimens sénestres existant actuellement, et comme les pêcheurs de Ghanks rapportent (ous les ans environ 2 millions Vè d'exemplaires, on peut éva- luer à 750 millions les coquilles récoltées pendant 300 ans, ce qui représenterait pour les 120 exemplaires sénestres une pro- portion d'environ 1 pour millions M d'exemplaires anormaux. La valeur di^< Ghank> sénestres est très inégale, les spéci- mens les plus grands et les plus frais étant infiniment plus appréciés que les autres, à tel point que le prix d'un Ghank peut varier depuis L00 ou 150 francs jusqu'à 4.000 el 5.000 francs. Un certain nombre des Ghanks sénestres connus proviennent de dépôts anciens et ces coquilles ternes et en médiocre état sont relativement peu estimées, tandis qu'un Ghank de grande taille et sans défauts possède, paraît-il, des mérites extraordi- naires. L'eau qui a passé par l'un d'eux acquiert des propriétés curatives qui lui permettent de guérir la plupart des maladies. 54 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 N'ayant pas réussi, jusqu'à présent, à me procurer un Chank sénestre, je dois me contenter de mettre sous vos yeux des épreuve des planches qui accompagneront le mémoire de M. Hornell et que M. Lamy a bien voulu me confier. Vous remarquerez que les trois Chanks qui y sont repré- sentés sont agrémentés d'ornements en métal. Les prêtres thibétains qui se servent de Chanks ordinaires, c'est-à-dire dextres, en guise de trompes, les garnissent aussi parfois d'armatures en métal. Voici un spécimen provenant de Lhassa, qui est identique à celui dont M. Sven Hedin nous a montré une photographie lors de son voyage à Paris. Il en existe deux similaires au Musée Guimet, mais dont l'armature est bien plus grossièrement travaillée. Je vous prie d'excuser cette incursion dans le domaine de l'ethnographie. Il ne me reste plus maintenant qu'à vous dire pourquoi j'ai cru devoir écarter les Planorbes de ma liste de Mollusques tératologiquement sénestres. Ces animaux ont toujours leurs orifices situés normalement du côté gauche : il semblerait donc que les coquilles plus ou moins déroulées qui prennent un aspect sénestre devraient être regardées comme normales, tandis que celles déroulées dans le sens opposé et qui prennent l'aspect dextre devraient être regardées comme anormales. Mais si on examine attentivement les coquilles des Pla- norbes, du Planorbis corneus, par exemple, on remarque que l'inclinaison du péristome indique nettement une coquille dextre. Le genre Carinilex, qui n'est qu'une exagération de certains Planorbes carénés de l'Amérique du Nord, a, d'ailleurs, une coquille franchement dextre. Il y a lieu de remarquer aussi que sur des centaines de Pla- norbes scalariformes recueillis dans une petite mare à Magnée, en 1871, par mon beau-frère, un seul présentait une détorsion vers la gauche, aussi M. Pire a-t-il déclaré que les Planorbes étaient dextres, tandis que tous les anatomistes les considèrent comme sénestres. La conclusion qui me parait pouvoir être tirée de ces faits, est que tout le monde a raison et, qu'en réalité, le Planorbe est un animal bizarre dont la torsion à 180 degrés vers la gauche fait un animal sénestre, mais que cette torsion n'in- SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 55 fluence pas le sens de l'enroulement de la coquille et que celle-ci est bien réellement dextre. Je termine, Mesdames et Messieurs, en vous remerciant de votre indulgence et de la patience dont vous avez fait preuve en écoutant cette communication bien spéciale. » SlNISTRORSITÉS TÉRATOLOGIQUES Gibbus Lyonetianns Pallas. Rhytida Villandrei Gassies. Nanina (Rhysota) Zeus Jonas. Xesta duplocincta Bôttger. — javanica Pérussac. — umbilicata Le Guillou. Vitrina pellucida Millier. Zonites algirus Linné. Hyalinia cellaria Millier. — var. septentrionalis Bourguignat. — lucida Draparnaud. — nitens Michaud. nitida Millier. — nitidula Draparnaud. Mesomphix ligera Say. Puncium pygmaeum Draparnaud. Lnomo (Prixgnathus) Môllendorffi Suter. Pyramidula alternata Say. — humilis Hutton. rotundata Millier. — rupestris Draparnaud. — solitaria Say. strigosa Gould. — var. Cooperi AV. G. Binney. Polygyra septemvolva Say. — (Trïodopsis) albolabris Say. appressa Say. — elevata Say. Helicella carthusiana Mûller. cespitum Draparnaud. — conspurcata Draparnaud. ericetorum Millier. explanata Millier. fasciolata Poiret. moneriana Bourguignat. 56 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 19 H HeHcella negl'ecta Draparnaud. — oreta Bourguignat. trepiâula Servain. trochoides Poiret. unifasciata Poiret. variabilis Draparnaud. virgata Da Costa. Hygromia hispida Linné. cinctella Draparnaud. limbata Draparnaud. rufescens Pennant. Vallonia pulchella Millier. Helicigona arbustorum Linné. cornea Draparnaud. lapicida Linné. quimperiana Pérussac. Helicogena a/perta Boni. — aspersa Millier. var. albina. Hélix pomatia Linné. Polygyra (Triodopsis) exoleta W. G. Binney. fallax Say. — inflecta Say. Mvïjchelliana Lea. profunda Say. — thyroïdes Say. — (Stenotrema) hirsuta Say. Pleurodonte lychnuchus Millier. — (Thelidomus) auricoma Férussac. Thersites (Hadra) bipartita Férussac. Stylodonta unïâentata Chemnitz. Acavus hœmastoma Linné. phœnix Pfeilïer. Dorcasia globulus Millier. lucana Millier. Eulota fruticum Millier. — (Euhadra) mercatoria Gray. Leucochroa candidissima Draparnaud. var. umbilicata Menke. — var. maxima Bourguignat. Geomitra (Caseolus) micromphala Lovve. Helicella acuta Millier. SÉANCE DU 26 FÉVRIER 191 i 57 Hclicclla agna ? Bourguignat. — apicina Lamarck. — arenarum Bourguignat. candidula Studer. cantiana Montagu. caperata Montagu. Ilrlix (Tachea) hortensis Millier. nemoralis Linné. splendida Draparnaud. — sylvatica Draparnaud. Otala) apalolena Bourguignat a lia Bourguignat. lactea Millier. myristigmea Bourguignat. vermiculata Millier. — (Iberus platychela Menke. — (Euparypha) pisana Millier. Orthalicus undatus Bruguière. Liguus fasciatus Mûller. — Poeyi Pfeiffer. — uirgineus Linné. Placostylus Msopus Gassies. // hiatus Martyn. ouveanus Dotzaner. senilis Gassies. Rumina decollata Linné. var. maxima Bourguignat. Buliminus (Zebrina) détritus Millier. Pupa armigereïla Reinhardt, var. luchuana Pilsbry. — aven ace a Bruguière. — bigorriensis Charpentier. — Brauni Rossmâssler. — Farinesi Desmoulins. — muscorum Linné. — umbilicata Draparnaud. Clausilia (Isoalopia) livida Menke. Achatina fulica Férussac. panthera Férussac. — reticulata Pfeiffer. Cionella lubrica Millier. Cochlicopa tridens Pulteney. Ferussacia Barclayi Benson. 58 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Cœcilianella sip. Ancey. Glessula orthoceras Godwin Auslen. Succinea elegans Risso. oblonga Draparnaud. ovalis Gould. Pfeifferi Rossmâssler. Litnnœa limosa Linné. — ovata Draparnaud. — palustris Draparnaud. peregra Millier. — stagnalis Linné. — volutata Gould. Campeloma decisa Say. — intégra de Kay. obesa Lewis. Amnicola limosa Say. Vivïpara vivipara Linné. — sp. ? (de Chine). Valvata obtusa Schullz. — piscinalis Mûller. Neritina (Theodoxia) fluviatilis Linné. Cyclostoma (Ëricia) elegans Millier. Pomatias apricum Mousson. crassilabrum Draparnaud. Hidalgoi Grosse. Lelourneuxi Bourguignat. obscurum Draparnaud. patulum Draparnaud. septemspïrale Razoumowski. Diiropis planorbis Blanford. Diplommatina Bôttgeri Môllendorff. kiiensis Pilsbry. (Nicida) catathymia Sykes. Acme lineata Draparnaud. Olivella oryza Lamarck. Marginella aurantia Lamarck. — clandestina Brocchi. — apicina Menke. — curta Sowerby. — glabella Linné. — guttata Dillwyn. limbata Lamarck. SÉANCE DU 20 FÉVRIER 19 l i 59 Marginella miliaria Linné. — mitrella Risso. — nubeculala Lamarck. — Philippii Monterosato. — sarda Kiener. — zonata Kiener. sp. ? Baie de l'Ouest. Voluta scapha Gmelin. — vesperlilio Linné. — var. pellis-serpentis Lamarck. Mitra lutescens Lamarck. Fusus sp. ? Turbinella pirum Linné. Melongena paradisiaca. Neptunea antiqua Linné. Buccinum undatum Linné. Mitrella scripta Linné. Murex secundus Lamarck. — trunculus Linné. Purpura lapillus Linné. Littorina littorea Linné. saxatilis Olivi, subsp. rudis Maton. Torinia varie gâta Gmelin. Mollusques fossiles Hélix Chaixi Michaud, Hauterive. Olivella mitreola Lamarck, Villiers-Neauphle. — Laumontiana Lamarck, Bois-Gouë. Marginella crassula Deshayes, Ferme de l'Orme. crenulata Deshayes, Ferme de l'Orme. bilidoplicata Charlesworth, Ferme de l'Orme. Sijcum bulbus Brander. Liomesus Dalei S. Wood. Nassa reticosa Sowerby. Pleur otomaria decussata Sandberger. Dextrorsités tératologiques Buliminus (Ena) quadridens Millier. Pupa (Bifidaria) perversa Sterki. — (Pupoides) contrarius Smith. Balea perversa Linné. 60 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Clausilia almissana Kiister. bidentata Strom. — biplicata Montagu. Duboisi de Charpentier. — laminata Montagu. macarana Ziegier. nigricans Jeffreys. plicata Draparnaud. plicatula Draparnaud. rugosa Draparnaud. Stentzi Rossmâssler. Physa fiontinalis Linné. Palainti. hyalina von Môllendorff. MM. Alluaud, Gaullery et E. Perroncito s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. La » Commission intersyndicale pour la défense des indus- tries de la plume pour modes et parures » adresse diverses circulaires protestant contre les attaques dont cette industrie a été récemment l'objet, notamment de la part de la « Confé- rence internationale pour la protection mondiale de la nature » (Berne, novembre 1913), et qui ont eu pour résultat l'inter- diction de l'importation des plumes aux Etats-Unis et un projet de loi déposé au Parlement anglais, tendant au même objet. D'après ces documents, le nombre des Oiseaux détruits spé- cialement pour leurs plumes est insignifiant : « la plupart de ces ornements proviennent ou d'élevages (Autruche, Nandou, Faisan), ou d'Oiseaux domestiques (Coq, Paon, Canard, Dinde et Oies d'espèces très spéciales), ou encore de gibier de table (Perdrix, Lagopède, Coq de bruyère, etc.). Les quelques plumes exotiques utilisées proviennent de sortes nuisibles à l'agriculture, telles que : Curvidés d'Océanie (Oiseaux dits de Paradis), ou d'espèces qui ne se nourrissent ni de graines ni d'Insectes, telles que les Hérons de toutes espèces, notamment l'Aigrette, dont la nourriture principale est le Poisson; et, du reste, il vient de se fonder, au sein de notre industrie, un prix de 10.000 francs pour encourager l'élevage de cet Oiseau, afin d'eu assurer la préservation. » L' « Association internationale pour la destruction ration- nelle des Rats », dirigée par une Commission internationale et SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 61 un Comité exécutif, siégeant en permanence à Copenhague, adresse un numéro spécimen de son « Bulletin ». M. E. Rabaud, présenté à la précédente séance, est élu membre. M. de la Baume-Pluvinel, au laboratoire d'évolution des êtres organisés, 3, rue d'Ulm, à Paris (5 e ), est présenté par MM. Cailler y et Pérez. M. Casimir Cépède, préparateur à la Faculté des sciences de Paris, docteur ès-sciences, demeurant 6 bis, rue des Ecoles, à Paris (5 e ), est présenté par MM. R. Blanchard et Robert. L'ordre du jour appelle l'attribution du prix Louis Petit pour l'ornithologie, qui doit être décerné pour la première fois par l'Assemblée générale de 1914. M. R. Blanchard, rapporteur de la Commission, donne lecture du rapport suivant : « Mes chers Collègues, Pour la première fois, vous êtes appelés à décerner le prix Louis Petit aîné, en faveur d'un ornithologiste dont les travaux ont porté, soit sur la description systématique des Oiseaux, soit sur l'étude de leurs mœurs, ainsi que le spécifie l'article pre- mier du règlement. En se conformant à ces conditions, votre Commission a été unanime à proposer à vos suffrages notre collègue, M. Xavier Raspail. Depuis 1886 qu'il fait partie de la Société zoologique de France, ses travaux ornithologiques et entomologiques attestent l'activité de sa production scientifique. Parmi ceux de ces travaux concernant spécialement l'ornithologie, on n'en trouve pas moins de 51 dans le Bulletin et dans les Mémoires de notre Société, sans compter qu'il a fourni, également sur l'ornithologie, des observations aussi précises et ingénieuses que consciencieuses dans d'autres organes scientifiques : les Actes de la Société scientifique du Chili, le Bulletin de la Société nationale d'acclimatation, la Revue scientifique, YOrnis, la Feuille des jeunes naturalistes, la Chasse illustrée, etc. Grâce à ses nombreuses observations, on possède, sur la durée de l'incubation des œufs chez les Oiseaux et de l'éduca- tion des jeunes dans le nid, des documents précieux qu'il a condensés dans un mémoire intitulé : Une station ornitholo- gique dans VOise, considéré par les .spécialistes comme un véritable traité d'ornithologie, fruit de trente ans d'activés et persévérantes explorations. Dans cet ordre d'idées, M. Xavier 62 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Raspail a donné la méthode à suivre à ceux qui, s'inspirant de ses études, voudraient les étendre aux espèces qu'il n'a pu rencontrer au cours de ses studieuses et habiles recherches. Ses connaissances en oologie lui ont permis de déterminer deux espèces qui, jusqu'alors, n'étaient pas admises par les auteurs : l'Epervier majeur, dont les uns niaient l'existence et que d'autres n'admettaient qu'à titre de simple race, et la Hochequeue d'Yarrell, déterminée comme une race de la Hochequeue grise, dont l'habitat est l'Angleterre, alors que l'oologie a permis à notre collègue de démontrer qu'il s'agissait bien d'une espèce parfaitement distincte. C'est à lui que l'on doit de connaître l'histoire du jeune Coucou à partir de sa naissance. Les observations qu'il a poursuivies jour par jour lui ont permis de détruire la légende de Jenner, qui voulait que ce fût le jeune Coucou qui, aussitôt né, procédât à l'élimination de ses frères de couvée. Il a montré que ce jeune, même plusieurs jours après sa naissance, est, pour ainsi dire, inerte dans le fond du nid, dans l'impossibilité d'exécuter d'autres mouvements que celui de lever la tète en ouvrant le bec, pour recevoir la becquée que ses parents adoptifs lui apportent avec un dévouement inlassable. Il a prouvé que c'est la femelle Coucou qui, loin de se désintéresser du sort de l'œuf qu'elle a déposé dans un nid, le surveille au cours de l'incubation et qui, lorsque le moment de son éclosion arrive, fait le vide autour du nouveau-né pour lui réserver toute la nourriture que les Passereaux sont en état de lui fournir. Jenner en avait fait un extraordinaire acrobate qui, dès sa sortie de la coquille, se glissait soit sous les œufs, soit sous les jeunes légitimes, tenait les uns ou les autres, chacun à son tour, en équilibre sur son dos, puis, se haussant sur ses pattes, jetait son fardeau hors du nid. Il y aurait beaucoup d'autres choses à signaler dans l'œuvre de M. Xavier Raspail, qu'il est impossible de reproduire dans un simple rapport. Je rappellerai seulement deux faits qui ont une réelle importance scientifique. On sait qu'il a toujours été admis que les Oiseaux étaient dépourvus du sens olfactif; or, M. Xavier Raspail a prouvé, par des observations irréfutables, que c'est là une erreur complète et que, chez les Oiseaux, l'odorat est extrêmement développé. Ce travail, publié dans le Bulletin de la Société zoolofjique de France, a été traduit en anglais par la Smithsonian Institution de Washington et a paru dans son Annual Report pour 1899. SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 63 Enfin, lorsque j'aurai cité qu'il a démontré que l'œuf nain sans vitellus ne contenait rien de l'ovaire, qu'il n'est qu'un produit accidentel émanant directement de l'oviducte, j'aurai suffisamment motivé l'opinion de la Commission, qui vous propose de proclamer M. Xavier Raspail lauréat du prix Louis Petit aîné ». Les conclusions de ce rapport sont unanimement approuvées et M. X. Raspail est proclamé lauréat du prix Louis Petit. Conformément à l'article XIV des statuts, M. Vignal, tréso- rier, rend compte de sa gestion pendant l'année 1913. M. L. Petit, aîné, donne lecture du rapport suivant au nom de la Commission de vérification des comptes : « Messieurs, Ayant été désignés, M. Daltzenherg et moi pour vérifier les comptes de notre Société, nous avons procédé à cette vérifica- tion le 13 février dernier, et après examen des différentes pièces remises à l'appui des recettes et des dépenses, nous avons reconnu exacts les chiffres qui nous ont été présentés. D'après les comptes examinés, les recettes se sont élevées à 10.020 fr. 93 et les dépenses à 9.733 fr. 61. Mais, comme l'a fait remarquer notre trésorier, les frais de publication ayant dépassé de beaucoup ceux de l'année précédente, ce n'est qu'en faisant rentrer dans les recettes une partie de notre réserve déposée en banque qu'il nous a été possible de balancer ces dépenses supplémentaires; aussi notre solde qui, le 1 er janvier 1913, était de 3.015 fr. 18, s'est trouvé réduit au 31 décembre dernier à 1.985 fr. 32. Nous vous invitons, Messieurs, à voter des remerciements à notre trésorier, M. Vignal, pour le soin qu'il apporte à l'accomplissement de ses fonctions, et à M. Reyckaert, pour l'exactitude de ses écritures ». Les conclusions de ce rapport sont unanimement approuvées et chaleureusement applaudies. M. Chappellier met à la disposition des membres de la Société des exemplaires d'une feuille signalétique qu'il a fait établir et qui a pour objet de faire énoncer les caractères spé- cifiques des Oiseaux dans un ordre rationnel et régulier, afin de rendre les descriptions comparables. 64 SÉANCE DU 20 FÉVRIER 191 i M. Secques annonce la mort de M. Germain, depuis très longtemps directeur du Musée de Santiago. M. Joubin dépose sur le bureau le volume du Congrès de Monaco. 11 remercie ses collaborateurs, MM. Germain et Lamy, qui lui ont permis de mener à bien ce travail dans des conditions exceptionnelles de rapidité, grâce à la complaisance de la maison Oberthûr. M. le président adresse à M. Joubin de vives félicitations. M. Joubin annonce que le 6 e Congrès national des pêches maritimes aura lieu à Tunis du 1 er au 5 juin 19 fi. 11 sera divisé en six sections : 1° Etudes scientifiques maritimes; 2° Tech- nique de,s pêches maritimes; 3" Utilisation des produits de pêche; 4° Economie sociale; 5° La pêche aux colonies: 6° Ostréi- culture.' M. E. Perrier est l'un des présidents d'honneur; M. Joubin est président de la l ie section, dont le programme est : « Faune et flore aquatiques. Biologie des êtres marins. Industrie. Instruments de recherches et d'études. Piscifacture marine (Poissons, Mollusques, Crustacés, etc.). Océanogra- phie ». Les Compagnies de chemin de fer accordent le demi- tarif, les Compagnies de navigation et les hôtels de Tunis font aux membres du Congrès des conditions particulièrement réduites. Des visites d'établissements de pêche et des excursions en différents points des côtes tunisiennes et algériennes seront organisées. En raison de l'Exposition internationale des pêches maritimes qui doit se tenir cette année à Boulogne-sur-Mer, le Congrès tiendra aussi quelques séances à Boulogne en sep- tembre prochain. Pour cette deuxième partie du Congrès, les adhérents bénéficieront aussi du demi-tarif sur les Chemins de fer et de prix réduits dans les hôtels de Boulogne. S'adresser pour s'inscrire à M. J. Pérard, secrétaire général du Comité d'organisation du Congrès, à l'hôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente. M. Jeannel dépose sur le bureau les derniers fascicules parus des résultats du voyage de MM. Alluaud et Jeannel. 15 fasci- cules sont actuellement publiés, 35 sont à l'impression. Le matériel est distribué entre 95 collaborateurs. Il comprend plus de 100.000 échantillons, dont un grand nombre d'espèces nou- velles. La faune de l'Afrique orientale est fort intéressante, parce que cette contrée est une sorte de carrefour où se ren- SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 65 contrent les faunes occidentale et australe. Quant à la faune alpine, elle renferme surtout des formes de convergence et pas de relictes. M. le président exprime aux donateurs les remer- ciements et les félicitations de la Société. « M. ^'ixtrebert décrit chez la Truite au moment de réclu- sion la constitution du tronc artériel; au-devant de la région branchiale proprement dite, le tronc dont le calibre est rétréci de moitié s'incline en bas et en avant et présente à son extrémité une courte dilatation transversale d'où partent de chaque côté deux artères : l'une, antérieure, volumineuse, l'artère hyoïdienne antérieure, l'autre petite, l'artère hyoïdienne postérieure ou operculaire; celle-ci rejoint la première vers la face dorsale, du pharynx. L'examen sur le vivant est très précieux parce qu'il montre le cours du sang. L'artère mandibulaire naît de l'hyoï- dienne antérieure, suit le bord inférieur du cartilage de Meckel et s'épanouit vers la symphyse du menton en un bouquet de quelques branches qui conduisent le sang dans deux vaisseaux médians récurrents, placés l'un au-dessus de l'autre; ils abou- tissent au-devant des artères hyoïdiennes à une chambre spa- cieuse, médiane, de paroi mince, carrefour distal du système des veines jugulaires inférieures (V. Fedorow, Anat. Anz., XLIV, n° 8/9). L'artère mandibulaire naît donc, à ce stade, de l'hyoïdienne antérieure, sur les parties latérales du plancher buccal. Les deux artères hyoïdiennes réunies en un tronc commun au-dessus du pharynx ne communiquent pas avec la première artère branchiale et sont indépendantes des racines de l'aorte; elles donnent en avant une artère maxillaire supérieure, une palatine antérieure et une ophthalmique. De plus, tout le sang de la première artère branchiale, mélangé à une partie du sang de la seconde, coule vers la carotide interne et non vers l'aorte. » * Le vendredi 27 février, à 9 heures du soir, au grand amphi- théâtre de l'Institut océanographique, que S. A. S. le prince de Monaco avait bien voulu mettre à la disposition de la Société, a lieu la conférence annuelle. M. P. Dautzenberg, président d"honneur, ouvre la séance par une allocution et donne la parole à M. P. de Beauchamp qui, par une riche série de pro- jections eu noir et en couleur, fait passer sous les yeux des assistants « quelques aspects de la faune et de la flore marines 06 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 sur les côtes de Bretagne ». M. le président d'honneur clôt la séance par quelques mots cle remerciements. * * * Le samedi 28 février, à 2 h. Va, a lieu la séance de démons- trations pratiques, au laboratoire de zoologie à la Sorbonno, mis gracieusement à la disposition de la Société par M. Y. De- LAGE. « M. Ch. Julin expose les principes d'une Classification naturelle des Tuniciers basée sur la connaissance de l'organo- génèse dé l'oozoïte (embryogenèse), et, en particulier, sur les complications progressives que subit l'appareil branchial au cours cle l'ontogenèse. M. Julin subdivise les Tuniciers en Monobranchiata, Dibran- chiata et Tribranchïata, selon qu'il se forme, au cours du déve- loppement de leur oozoïte, une, deux ou trois paires de fentes branchiales. Une fente branchiale est le résultat cle la soudure d'une éva- gination (endodermique) de la paroi latérale du pharynx (sac branchial) avec une invagination de l'épiderme (ectodermique). Chaque fente branchiale constitue une formation autonome et les diverses fentes branchiales se développent les unes en arrière des autres. Toute fente branchiale est primitivement indivise : c'est cette disposition qui se maintient pendant toute la vie chez les Monobranchiata atremata (Appenclicularidee et Salpidœ). Elle est aussi transitoirement réalisée chez l'embryon de tous les Ascidiens (Protoascidia). Mais, au cours ultérieur de l'ontogenèse, toute fente bran- chiale peut se subdiviser directement, perpendiculairement à son grand axe, en une rangée de trémas : tel est le cas chez les Monobranchiata eulremata, chez les Dibranchiata aprostigmata à deux rangées transversales de trémas, et chez les Tribranchiata aprostigmata à trois rangées transversales de trémas. Chacune cle ces rangées primitives de trémas peut secondai- rement se dédoubler, une ou plusieurs fois de suite, par division des trémas : c'est le cas chez les Dibranchiata aprostigmata à plusieurs rangées transversales de trémas. Mais la formation des rangées transversales de trémas de la branchie peut s'effectuer indirectement : dans ce cas, la fente SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 67 branchiale s'allonge, puis se recourbe à l'une de ses extrémités et se divise en deux fentes transversales placées l'une derrière l'autre : ces fentes sont appelées protostigmates. Chaque proto- stigmate, en se divisant ensuite perpendiculairement à son axe, donne secondairement naissance à une rangée transversale de trémas (Dibranchiata tetraprostigmata et Dibranchiata hexa- prostigmata), qui peut, à son tour, fournir plusieurs rangées de trémas, par subdivision de ces derniers. Fig. 1. — Complication de la branchie chez les Dibranchiata et les Tribranchiata — 1. Dibranchiata atremata; 2. Dibr. aprostigmata à 2 rangées transversales de trémas; 3, id. à plus de 2 rangées; 4, Dibr. tetraprostigmata; 5, id. à 4 rangées transversales de trémas; fi, id. à plus de 4 rangées; 7, Tribranchiata; S, Tribr. aprostigmata; 9, Tribr. Iviraprostigmata (1er type); 10, id. à proto- stigmates subdivisés en rangées de trémas; 11, Tribr. hexaprostigmata (2 e type); 12. id. sans protostigmates surnuméraires; 13, id. avec protostigmates surnu- méraires. 68 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Enfin, au cours de l'ontogenèse de l'oozoïte des Ascidiens, l'appareil branchial peut se compliquer d'une autre façon encore : au début, pourvu uniquement de vaisseaux transverses (aplousobranchîata), il peut acquérir secondairement des vaisseaux longitudinaux (phlebobranchiata) ; enfin, complica- tion ultime, ayant pour effet d'augmenter encore la surface respiratoire, les vaisseaux longitudinaux s'accumulent secon- dairement en groupes disposés sur des plis de la brandi ie (stolidobranchiata) . Ajoutons que chez les Tribranchiata hexaprostigmata, les ij protostigmates peuvent se former suivant deux types dis- tincts : ou bien (1 er type) la situation occupée par le 1 er , le 4 e et le 5 e protostigmate correspond respectivement à la l re , la 2 e et la 3 e fente branchiale; ou bien (2 e type) la situation occupée par le 1 er , le 3 e et le 5 e protostigmate correspond respective- ment à la l re , la 2 e et la 3 e fente branchiale. Dans un groupe de Tribranchiata hexaprostigmata il se forme des proto stigmate s surnuméraires, qui tous procèdent en dernière analyse, du 6 e protostigmate. Telle est, exposée d'une façon fort succincte, la base principale de la classification des Tuniciers, que propose M. Ch. Julin et qu'il a résumée dans le tableau suivant : Classification des Tuniciers. --Julin, 1914. \ atremata NCHIATA. } < / ^ sans cloaque. = Appendicularida?. ■( avec cloaque. = Salpid*. ) (Doliolida'. f eutremata — abdomen court ) V ( Pyrosomida 1 . atremata. — aplmisohranchiata sans cloaque. = Protoascidia (forme hjpolh.). à 2 rangéeslransT. de trémas = fam. Archiascidïda?. ,aplousobranchiata.< ( 1. fam. Clavelinida\ / à nombreuses r. tr. de trémas. 1 , . iprostigmata... < [ ( 2. fam. Chondrostarhjidae. ^ 1. fam. Tjlobranchiids. phlebobranchiata ^à nomb. r. tr. de trémas... s . , ( (2. lam. Ihazonid;e. § / / / M. fam. Distapliidœ. eutreraata \ \à r. tr. de trémas ] 2. fam. Pamcidiidc. apIousobranchiata< / „ . . , .. ., r J \ S. fam. Leptorlmidae. telraprostigraata j ( ' P Ius de 4 r - tr - de trémas -l im - f^mim. à i r. tr. de trémas ) fam. Peropboridae . phlebobranchiata L lus de ( trémas droits. \. fam. Ecleinascidiidae. 4 r. tr. de ^ trémas recourb. 2. fam. Agnesiidas. Q SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 69 aprostignata . . aplnusnliranrhiala . à 3 r. Ir. île Irémas .. y. < Ë 2 aplonsobranchiala à plus de 3 r. (r. de trémas < lieiaprosligmata phlelioliranrhiala (tous à noinb. rang. tr. «le trémas.) I. M IIL Hlili'IMliiil.r bourg' pylorique. .'. l'am. Sigillinida bourg 1 postabdominal. 3. lam. Arrhidislimiiila' bourg' épicardiqne. I. fan. Dislomida; bourg' épicardique. 1 fa m. Eurœlidas bourg' pylorique. I. fatn. Goodsiriids . 1 fam. Cionids. 3. fam. Rhodnsomida . 4. fam. Aseidiidae. 5. fam. Curellascidiidae. 6. fam. Coreflids. / a) >:ms protostigmates y surnuméraires. è fam. floliju!id;e. "° f stolidultranrhiata . . . (tous à norab. r. tr. de trémas) b) avec protostig- mates surnumé- • raires. 1. fam. Bolrjllida. 2. fam. (îjnandrorarpida' . 3. fam. Pelonaïnids. 4. fam. Bolteniidï. 5. fam. Stjelida;. 6. fam. Cjnlbiid*. Les autres bases de la classification des Tuniciers que propose M. Ch. Julin sont : d'une part, la présence ou l'absence d'un abdomen ; d'autre part, pour les formes polyzoïques, le mode de bourgeonnement. M. le D r Herlant présente une larve dispermique de Rana fusca, âgée de 54 jours. « Pour saisir l'intérêt des préparations exposées, il est néces- saire de rappeler en quelques mots les caractères très spéciaux que présente le développement des œufs dispermiques de Gre- nouille (1). La fécondation artificielle étant faite de telle sorte que deux spermatozoïdes pénètrent simultanément à l'intérieur de l'œuf, l'un d'eux seulement s'unit au pronucléus femelle; l'autre reste isolé au sein du vitellus. Autour de chacun de ces deux noyaux (amphicaryon d'un côté, monocaryon mâle de l'autre) se développe un puissant système d'irradiations, qui les sépare définitivement l'un de l'autre, en leur assignant une (1) Cf. M. Herlant, Recherches sur les œufs di- et trispermiques de Grenouille (Arch. Biol., XXVI, 1911). Toutes ces expériences ont été faites dans le laboratoire de M. le professeur Bkachet, à l'Université de Bruxelles, qui a lui-même publié plusieurs travaux sur la polyspermie expérimentale chez les Amphibiens (Arch. Entwlckmechan, XXX, 1910 et Arch. Zool. exp. (VI, 1910). 70 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 partie bien délimitée du protoplasme, qui sera leur sphère d'action ou « énergide spermatique ». Amphicaryon et mono- caryon mâle vont se diviser synchroniquement et assurer la segmentation de l'œuf ; mais cette segmentation ne changera rien à l'état de choses résultant de la répartition primitive du protoplasme de l'œuf en une énergide purement spermatique et une autre énergide contenant au contraire l'amphicaryon. Il en résulte que chez l'œuf segmenté d'abord, chez l'embryon ensuite, existent deux régions bien déterminées; dans l'une, toutes les cellules contiennent un monocaryon ; dans l'autre, elles possèdent toutes un amphicaryon. Les rapports que pré- sentent entre elles ces deux régions sont l'image exacte de ce qu'étaient les rapports des deux énergides spermatiques lors de la fécondation. Dans certains cas particulièrement intéressants, et dont les préparations exposées montrent un exemple idéal et vraiment schématique, le plan de symétrie bilatérale de l'œuf fécondé (qui devient ultérieurement le plan de symétrie de l'embryon et de l'adulte) coïncide avec la ligne de démarcation séparant l'une de l'autre l'énergide spermatique accessoire (à monoca- ryon mâle) et l'énergide spermatique principale (à amphica- ryon). Il en résulte la disposition remarquable qu'on peut observer sur les coupes. Toute la moitié gauche du corps ren- ferme les noyaux issus de la division de l'amphicaryon. Toute la moitié droite, au contraire, renferme ceux qui dérivent directement du monocaryon mâle: ils sont plus petits de moitié, sont contenus dans des cellules elles-mêmes plus petites (con- formément à la relation caryoplasmique de R. Hertwig) et de l'ensemble de ces petites cellules résultent des organes natu- rellement moins développés que ceux de l'autre moitié du corps, en quelque sorte bâtie selon d'autres mesures. Au point de vue physiologique, cette disposition anatomique entraîne les plus curieuses conséquences. Les muscles du côté à amphicaryons se contractant plus éhergiquement que ceux du côté opposé, la progression en ligne droite est impossible chez ces larves, qui exécutent perpétuellement des mouvements de manège, toujours dans le même sens pour chaque individu. Ce n'est là qu'un exemple, car les anomalies observées sont très diverses et soulèvent de nombreuses questions du même genre ». SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 71 « M. Herlant fait ensuite la démonstration de quelques pré- parations montrant le mécanisme cytologïque de la parthéno- genèse fcraumatique chez la Grenouille. On sait que Bataillon a découvert une méthode permettant d'obtenir très aisément le développement parthénogénétique de l'œuf d'Amphibien, grâce à l'action superposée de l'excita- tion produite par la pénétration d'un lin stylet et de l'inocula- tion de traces de sang ou de lymphe entraînées par celui-ci à l'intérieur du protoplasma ovulaire. La piqûre simple et sans inoculation suffît, ainsi que je l'ai montré (1), à assurer la divi- sion du noyau de l'œuf, mais non la segmentation proprement dite. L'axe du fuseau mitosique édifié par le monocaryon femelle est trop court par rapport à la distance qui le sépare de la membrane cellulaire, qui doit servir de point d'appui au cloisonnement : celui-ci ne se fait pas, ou reste incomplet. L'effet de l'inoculation est précisément de ramener cette dis- tance à une longueur moindre, permettant à une mitose, même trop courte, de provoquer une segmentation efficace. Les pré- parations présentées sont destinées à montrer les étapes du processus très compliqué qui aboutit indirectement à ce résultat et permet aux œufs parthénogénétiques de poursuivre leur développement, parfois jusqu'à la métamorphose. On verra en premier lieu un corps étranger, de nature indé- terminée (leucocyte, caillot de fibrine ?), amené au sein du pro- toplasme par le stylet, dont le passage reste marqué par une trace pigmentée et une véritable cicatrice. Dans le voisinage immédiat de cet élément se sont formés deux petits centres d'où partent des irradiations qui se perdent dans le protoplasme environnant. Fonctionnellement et par tous leurs caractères physiologiques, ces formations peuvent être considérées comme de véritables centrosomes cle néo-formation. Ils sont doués d'une activité intense et, d'une préparation à l'autre, on pourra suivre le développement des irradiations qui les entourent et envahissent des zones de plus en plus étendues du protoplasme de l'œuf : par leur individualité puissante, chacune de ces zones irradiées représente une « énergide accessoire », sous- trayant à l'influence de « l'énergide femelle » développée autour du noyau des territoires importants de l'œuf piqué. Mais leur effet le plus essentiel est que cette énergide femelle entrant en repos au moment même où l'activité des énergides (1) M. Herlant. Etude sur les bases cytologiques du mécanisme de la parthéno- genèse expérimentale chez les Amphibiens {Arch. Biol., XXVIII, 1913). \^ 72 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 accessoires est a son apogée, celles-ci refoulent la première et, finalement, le noyau se trouve fortement rapproché de la mem- brane de l'œuf. Sa mitose se trouve désormais dans des condi- tions mécaniques assurant son efficacité complète au point de vue de la segmentation; celle-ci se poursuit avec plus ou moins de bonheur, selon que la présence des énergides accessoires trouble plus ou moins l'individualité dynamique de l'œuf ». M. Winïrebert présente les coupes en série d'embryons de Truite à l'éclosion qui lui ont permis d'édifier sa description, faite à l'Assemblée générale. M. Benoit-Bazille fait la démonstration du microrama et présente l'appareil, construit, par M. Stiassnie. MM. Julin et Robert montrent des préparations de Phaïlu- sia mamillata, atra et fumigata, se rapportant à leurs recherches sur l'appareil hypophysaire des Phallusiidées. * * * Le même jour, 28 février, à 8 heures du soir, a lieu, au res- taurant Ghampeaux, le banquet annuel. Y assistent : MM. de Beauchamp, G. Blanchard, R. Blanchard, M me Bil- LIARD, MM. BlLLIARD, CHATTON, GlÉiMENT, M me DAUTZENBERG, MM. Dautzenberg, Debreuil, M me A. Dollfls, MM. A. Doll- fus, Cadeau de Kerville, Goûts, M me Jeannel, M. Jeannel, M lle Julin, MM. Julin, Lucet, Nafilyan, E. Perroncito, Petit, Pluche, Beyckaert, M me Robert, M. Robert, M me Simon, MM. Simon, Trouessart, M ffie Vignal, MM. Vignal, Vlès, \piie Wintrebert, MM. Wintrebert, Yung. A l'heure des toasts, M. Dautzenberg prend la parole en ces termes : « Mesdames, Messieurs et chers Collègues, Après avoir débuté parmi les jeunes membres de notre Société, me voici maintenant relégué dans le clan des anciens. C'est évidemment à ce titre, bien plus qu'à mes mérites, que je dois l'honneur que vous m'avez fait de me désigner pour présider notre 21 e Assemblée générale. Bien que je n'appartienne pas à la phalange de nos membres fondateurs, qui est encore représentée ici même par MM. Blan- SÉANCE DU 20 FÉVRIER 10 I 5 73 chard. A. Dollfus, Petit et Simon, voilà déjà trente ans que mon nom ligure sur la liste de nos membres. Cette période, respectable, m'a permis d'assister à une grande partie de l'évo- lution de notre Association et d'admirer comment notre secré- taire général honoraire a su détendre nos intérêts et accroître, aussi bien à l'étranger qu'en France, le prestige de la Société zoologique. Aussi, suis-je certain d'être l'interprète de vos sen- timents unanimes en exprimant à M. le D r Raphaël Blanchard notre bien vive satisfaction de le voir occuper cette année le fauteuil présidentiel. Nous manquerions à tous nos devoirs si nous n'adressions également tous nos remerciements à notre secrétaire général M. Robert, qui, s'inspirant des meilleures traditions, remplit ses fonctions délicates avec autant de dévouement que de com- pétence. Vous savez que notre Société compte aujourd'hui 38 ans d'existence. Or, loin de décliner elle rajeunit tous les ans ! Ce phénomène semblerait anormal si nous ne constations qu'il est dû à un apport constant d'éléments nouveaux et jeunes, qu'elle s'assimile sans la moindre difficulté. Il n'y a donc aucune raison pour qu'elle vieillisse jamais et je vous propose de boire à sa santé et à sa prospérité perpé- tuelles ». M. R. Blanchard prononce l'allocution suivante : Eloge des zoologistes amateurs. « Mesdames, Mes chers Collègues, Notre président d'honneur, M. Dautzenberg, dont vous con- naissez tous la grande modestie, \ient de nous dire sa surprise de présider ce banquet. Nous sommes également surpris, mais non pour la même cause; nous sommes étonnés qu'il n'ait pas été appelé plus tôt à la présidence de notre Assemblée géné- rale. Il est, comme il l'a dit, l'un des plus anciens membres de notre Compagnie, mais, qu'il ne s'y trompe point, ce n'est pas à titre d'ancienneté que le Conseil l'a choisi. Nous avons voulu, en effet, lui témoigner l'estime exceptionnelle que nous ins- pirent, ainsi qu'à tous les zoologistes, les travaux considérables auxquels son nom reste attaché et qui sont d'autant plus dignes de notre admiration que, chacun le sait, ils sont le résultat d'un labeur continu, surajouté à des occupations profession- nelles déjà fort absorbantes. 74 SÉANCE DU 2G FÉVRIER 1914 Vous connaissez, mes chers collègues, les nombreux mémoires que notre éminent président d'honneur a publiés sous les aus- pices de la Société; ils donnent à nos volumes une grande importance et suffiraient déjà pour assurer à leur auteur une notoriété légitime. Mais qu'est-ce que cela, en comparaison de ces monographies ornées de planches magnifiques, par les- quelles il a fait connaître les récoltes incomparables tirées du fond des mers par S. A. S. le Prince de Monaco ? Dans l'im- posante et luxueuse série des travaux résultant des pêches de l'Hirondelle et de la Princesse Alice, la part qui revient à M. Dautzenberg est l'une des plus considérables; elle fait de lui l'un des malacologues les plus savants qui aient jamais existé. Depuis de longues années, j'ai le grand plaisir de connaître M. Dautzenberg et de fréquenter sa maison. Sa famille est très nombreuse, puisqu'il n'a pas moins de onze enfants; sachant cela, vous croyez peut-être que le premier étage de son hôtel de la rue de l'Université est occupé par leurs apparte- ments ? Quelle erreur est la vôtre ! Ce vaste espace est consacré presque entièrement à la plus belle collection malacologique qui se puisse voir. Pour vous donner une idée de son impor- tance exceptionnelle, je vous dirai tout de suite qu'on n'y compte pas moins de trente mille huit cents espèces actuelle- ment décrites, appartenant à la faune actuelle et représentées souvent par de nombreux exemplaires, sans parler de nom- breux spécimens dont l'étude n'est pas encore faite et qui doivent servir aux publications de demain. L'importante col- lection du Journal de Conchyliologie se trouve annexée à ce musée admirable et contribue à hu donner une valeur qu'on ne saurait estimer. Je demandais à M. Dautzenberg comment s'était révélé en lui le goût de la malacologie. « Je ne saurais dire, me répondit- il, car tout enfant je collectionnais déjà les coquilles ». L'his- toire de Draparnaud est toute semblable. Sa mère, qui eût voulu le voir se livrer à des occupations plus positives, se désolait de son penchant pour les coquillages. En levant les bras au ciel, en signe de désespoir, elle exprimait son amer- tume en ces termes : « Aqèu enfant ayma trop las caragaou- las ! » Cet enfant aime trop les coquillages. Le goût de Dra- parnaud a résisté aux objurgations maternelles et a finalement abouti à la publication, en 1803, d'un important ouvrage, paru après sa mort, l'Histoire naturelle des Mollusques terrestres SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 75 et fluviatiles de la France. Ce qu'il advint du penchant irrésis- tible de M. Dautzenberg pour les mômes animaux, je vous l'ai dit déjà : las caragaoulas sont de nobles bêtes, puisqu'elles suscitent de tels enthousiasmes, qui honorent grandement la science française. En célébrant ce soir AI. Dautzenberg, au risque de mettre sa modestie à une rude épreuve, je ne puis nf empêcher de vous faire remarquer qu'il est le type par excellence de ces savants très utiles et souvent très illustres que le public appelle des amateurs. A cette expression s'attache parfois quelque idée de critique, mais je n'ai pas besoin de faire remarquer ici qu'une telle signification est très loin de notre pensée et que nous saluons avec respect et reconnaissance les amateurs, puis- qu'il n'y a pas d'autre mot, qui contribuent d'une façon si brillante au progrès de la zoologie. Je n'ai qu'à jeter les yeux autour de cette table pour en trouver ici, et non des moindres. Voici d'abord AI. Eugène Simon, membre fondateur de notre Société. Elu président en 1882, président d'honneur en 1911, correspondant de l'Académie des sciences en 1909, il a par- couru tous les degrés auxquels puisse aspirer un zoologiste français. A l'âge de 10 ans, Victor Hugo, ce génie précoce, faisait paraître son premier roman, Han d'Islande. A ce même âge, Al. Simon publiait chez Roret, en 1804, une Histoire naturelle des Araignées, ornée de 207 figures. Depuis lors, c'est une suite ininterrompue de notes, de mémoires, cle volumes, dans lesquels il décrit des collections sans nombre d'Araignées, de Scorpions, de Phalangides, de Solifuges, en un mot d'Arach- nides de tout ordre, à l'exception des Acariens. Les collections qui servent de base à ces remarquables travaux ont été recueillies dans le monde entier par de nombreux explora- teurs et par AI. Simon lui-même dans le sud de l'Afrique, dans l'Amérique intertropicale, ailleurs encore. Au Venezuela, il se prend de passion pour les Oiseaux-Alouches; il en constitue aussitôt une très riche collection, leur consacre des travaux, et le voilà qui devient la première autorité du monde, en ce qui concerne ces Oiseaux, comme il l'est depuis longtemps pour les Arachnides. Voici maintenant notre ami Gadeau de Kerville. Il a con- sacré de magnifiques ouvrages à la faune et aux vieux arbres de la Normandie, il a rapporté d'abondantes récoltes de divers voyages en Orient et il vient récemment de créer près de Rouen, 76 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 19 1 \ dans une de ses propriétés, un laboratoire souterrain, pour l'étude de l'adaptation des animaux de la surface à la vie dans les ténèbres. F.n outre de ces beaux travaux, il s'est fait con- naître comme poète et, si je ne craignais d'en dire trop, je ferais allusion à d'autres productions littéraires et artistiques qu'avec un soin jaloux il ne révèle qu'à ses seuls amis. Je devrais dire aussi quelques mots de notre ancien prési- dent feu M. Jules Vian, qui avait rassemblé une magnifique collection d'oiseaux d'Europe; j'en ai parlé longuement dans mon discours présidentiel du 13 janvier dernier (1). Je puis donc passer maintenant à deux de nos confrères, qui ont constitué, eux aussi, des collections incomparables, tant par l'achat de collections déjà célèbres que par l'apport considé- rable de nouveaux matériaux, recueillis à leur instigation dans toutes les parties du monde. Je fais allusion aux deux frères Oberthur, de Rennes, dont la grande maison d'imprimerie est connue de chacun. L'un d'eux, Charles, étudie les Lépidop- tères; l'autre, René, s'adonne aux Coléoptères. J'ai eu la rare bonne fortune de visiter longuement, sous leur aimable et savante conduite, le vaste pavillon qu'ils ont fait construire dans leur parc pour abriter leurs richesses entomologiques. Le mot richesses n'est guère expressif pour qualifier de sem- blables trésors, avec lesquels aucun musée ne pourrait être mis en parallèle. C'est un véritable éblouissement des yeux, une vraie confusion de l'esprit que d'être admis à contempler ces séries magnifiques d'espèces des plus rares et souvent inédites, qui sont là représentées par 50, 100 individus et souvent davan- tage. Les variations de la couleur ou de la forme montrent ici les transitions insensibles qui conduisent, par tous les degrés, d'un extrême à l'autre. De telles leçons de choses parlent mieux à l'esprit que toutes les théories; elles permettent de juger à leur vraie valeur les opinions contradictoires qui ont si vive- ment passionné les naturalistes, à l'heure où le transformisme préoccupait tous les esprits. N'est-ce pas aussi parmi les amateurs qu'il faut ranger notre cher collègue et ami M. Alluaud, ainsi que sa vaillante femme ? De leurs nombreux voyages en divers points de l'Afrique, dont les derniers revêtent le caractère de véritables explorations non exemptes de danger, ils ont rapporté des col- lections d'une inestimable valeur. Avec la collaboration du D r Jeannel, qui l'accompagnait dans son dernier voyage au (1) Ce Bulletin, p. 12 et 13. SÉANCE DU 20 FÉVRIER 1914 77 massif du Ruwenzori, M. Alluaud a entrepris la publication d'un grand ouvrage in-quarto centralisant tous les travaux élaborés d'après ses récoltes. Un tel monument lui fera le plus grand honneur et perpétuera son nom. Je voudrais pouvoir encore célébrer comme ils le méritent mis deux collègues, le D r Félix Joisseaume et Adrien Dollfus. Tous deux sont membres fondateurs de notre Société, tous deux ont. été présidents. Le premier a su ravir à la profession médicale assez de temps pour rédiger d'excellents travaux de malacologie, dont il puisait les éléments dans sa très impor- tante collection, enrichie encore par plusieurs voyages à la mer Rouge. Le second s'est consacré à la publication de la Feuille . Le premier article de la cinquième paire cf offre quatre soies. Cette espèce, bien décrite par Giesbreciit, sous le nom d'oli- gochacta et par Sars, 1907, vit dans les eaux salées ou sau- màtres. Elle a été mentionnée par Ganu sur la côte (nord de la France) et dans les eaux saumâtres de Test, N. hibernica G. S. Brady, 1880. M. Richard, a capturé cette petite espèce au bois de Bou- logne (Paris). Je l'ai prise à l'étang des Miroirs, en face du château historique d'Hardelot (Pas-de-Calais) le 1 er août 1911. Les articles de la troisième paire cf (branche interne) 3unt très inégaux, le premier, sans soie, est petit. Pas de soie à l'article basilaire (br. i.) de la quatrième paire (cf, ç>). Cinquième paire cf, article basilaire avec cinq soies ou appen- dices. Les Canthocamptus, pris dans leur acception la plus large, à la façon de Lilljeborg, au nombre déjà de plus de soixante- dix espèces, offrent un palpe mandibulaire de deux articles généralement. Il est parfois monoarticulé (C. hirticornis, C. pygmœus Sars). Enfin, chez d'autres il est réduit à un petit mamelon cilié (C lybicus Richard, C. alpinus (Keilhack)- Il n'y a pas de lobes bien définis à la branche externe du palpe maxillaire. La troisième paire est transformée chez les cf. Il y a trois articles à la branche externe de la première paire de pattes, deux seulement dans les espèces réduites du sous- genre Mesochra (C. alpinus). Jamais trois articles à la br. i. de la quatrième paire. Canthocamptus mi m tus 0. F. Millier, 1776 et 1785. (staphyUnus). Trois articles à la branche interne de la première et de la deuxième paire de pieds. L'article basilaire du rameau interne SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 99 de la première paire est allongé et plus long que les deux premiers réunis de la branche externe. Opercule anal armé de dents simples (de 10 au moins; dans l'espèce voisine, C. staphylinoïdes, Pearse en figure 5). La cinquième paire cf offre deux aiguillons au premier article. La cinquième paire Q offre six soies (la troisième, comptée de l'extérieur à l'intérieur, étant la plus longue). Commun en France. M. Richard l'a cité de diverses régions (Toulouse, Puy-de-Dôme, Allier, Aisne, Somme, Abbeville, pèches de M. Moynier de Villepoix). Il existe à Amiens. Je l'ai pris à Paris même. M. Cuevreux l'a récolté au Croisic. M. Moniez à Lille et en Normandie. M. Blanchard dans les Hautes-Alpes (plateau de Cristol). Dans le Boulonnais il est très commun d'octobre à mai (en Suède, Lilljborg le cite en juin), dans les petits étangs, les maré- cages, les pièces d'eau claires et herbeuses, les fossés. A Montreuil, dans les marécages de Neuville, il abonde par- fois. A l'étang de l'Abbaye (Samer) il accompagne deux autres espèces, le C. lucidulus et le gracilis. Partout dans les environs, à Doudeauville, à Parent y (Mare rouge), à Camiers, etc. C. lucidulus Rehberg, 1880. (pro minuto, Claus). Le premier des trois articles de la branche interne de la pre- mière paire de pieds est plus court que les deux premiers de la branche externe. Trois articles à la branche interne de la deuxième paire de pattes natatoires (très rarement deux, variété décrite par Mrâzek, 1893). Opercule armé de dents bifides ou bipartites. Cette espèce a été signalée par M. Moniez à Lille, par M. Richard à Vichy, à Paris, par M. Labbé à Laval, par MM. Blanchard et Richard clans les Hautes-Alpes (lac du Rosé). Chez les exemplaires du petit étang de l'Abbaye, à Samer, c? et Q, en juillet et août, les dents de l'opercule étaient courtes et presque bipartites. A Enquin (P.-de-C.) (février 1914) dans un petit fossé en com- munication avec la Course, une petite colonie, en un seul point, au milieu des plantes aquatiques, avec des dents normales, allongées, bifides. 100 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 G. horridus Fischer, 1860. On rapporte maintenant à l'espèce tant discutée de Fischer le C. northambricus de Brady, bien connu. Gomme les deux suivants, trispinosus et Wulmcri, il a : trois articles à la branche interne de la première 'paire de pieds, deux articles à la branche interne de la deuxième paire de pieds et l'article terminal de cette branche offre trois soies latérales internes. La furca privée de dents, sauf une, grande, sétiforme, accom- pagnant la soie inféro-marginale externe, ressemble à celle du trispinosus. Mais la cinquième paire de pieds suffit alors à différencier les deux espèces. Chez le c? l'article basilaire a quatre soies. Chez la Q l'article basilaire en a six (la troisième est la plus longue). Sous ce nom, le D r Moniez a indiqué un Canthocamptus trouvé dans le Nord; mais l'espèce n'était pas identifiée à Tépoque de sa note. Elle existe à Paris : étang du bois de Boulogne et dans les environs, étang des Vaux de Cernay. Je l'ai reprise encore à Hardelot (marécage herbeux clans les dunes, près de la mer, localité détruite), puis à Saint-Omer, dans les marais de Clair- marais, où elle n'était pas rare, en août 1913. C. trispinosus Brady, 1880. Très facile à reconnaître. Trois soies à la branche accessoire des antennes. Trois soies à l'article basilaire de la cinquième paire Ç>. Cinquième paire Q - cf*. Pris à Neuville-seus-Montreuil (Pas-de-Calais), dans les divers marécages, peu profonds et très herbeux, fin août 1911 et sep- tembre 1913. Lilljeborg indique des conditions analogues sur fonds de boue, aux environs d'Upsal en particulier. C. Wulmeri n. sp. Cette espèce dépasse un peu mm . 8 sans atteindre la taille de C. minutus 0. F. Muller ; le mâle est plus petit. Le céphalothorax est assez long (chez le cf il peut atteindre le Vs de la longueur du corps); il est parsemé de dessins très SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 10J caractéristiques, variables suivant les régions, ici plus ou moins linéaires et transversaux, vers la base. Epaississements cuticulaires, assez marqués vers la région dorsale pour pouvoir être représentés sur une coupe verticale (d'avant en arrière) Fig. 1. — Canthocamptus Wul- meri. — se p. 9, br. i. Fig. 2. — Canthacamptus Wulmeri. — i e p. d, jeune. par une ondulation très nette de la surface. Là, ils s'anasto- mosent assez irrégulièrement, au niveau de l'œil, formant de petites rosaces, etc. (1). (1) Dans un prochain travail cette espèce sera décrite plu» longuement avec de nombreuses figures. 102 SÉANCE DU 2G FÉVRIER 1914 Le bord postérieur des segments du corps est fortement cré- nelé (sauf le sixième chez la Ç, fusionné avec le suivant). Chez le cf, les segments 7, 8, 9 sont doublés d'une rangée d'épines, parallèle au bord postérieur, en dessous du corps. Chez la femelle adulte de même, mais ici il y a une interrup- tion à la face ventrale, dans le prolongement des organes géni- taux femelles, dont l'ensemble est très compliqué. Le sixième article présente ici deux soies de chaque côté de ces organes. L'interne fine et longue paraît lisse, l'externe est plus épaisse et longuement ciliée (elles seront figurées ulté- rieurement). Chez le mâle, au lieu des trois pointes ou soies des deux espèces précédentes, il n'y en a plus que deux. L'opercule anal est multidenté comme chez les espèces affines, horriclus, etc. La furca, au contraire, présente une grande différence avec elles, par ses nombreuses dents épineuses. Ici, l'épine qui accompagne la soie inféro-latérale externe est petite. La soie dorsale en a trois dans son voisinage, plus ou moins rapprochées d'elle, suivant les individus. La soie supéro- latérale externe, variable un peu de place, est flanquée d'une dent de chaque côté de sa base, g . Chez le d 1 l'interne n'est pas constante. Il y en a un bouquet de quatre, souvent, sur le bord inféro- interne de la furca, près du bord saillant, à ce niveau, du dixième segment, plus longues chez le cf que chez la Q. 11 y a encore parfois des dents vers l'angle supéro-externe et chez la femelle au moins, une série courbe de 4-6 dents inégales, vers le sommet de la furca, dans le prolongement de la soie inféro-latérale externe. La grande soie du sommet atteint au moins les % de la lon- gueur du corps (parfois les %, cf mesuré). La soie apicale externe, la plus petite des deux longues soies, va aux % de la grande soie. La soie interne a une base élargie, renflée, légèrement con- tournée et ramenée vers la grande soie chez la femelle. Les antennules, normales chez la femelle, avec le même nombre de soies (32) que chez toutes les espèces précédentes, seront étudiées et figurées chez le cf. La branche accessoire des antennes a quatre soies, comme chez le gracilis. SÉANCE DU 26 FÉVRIER 19ii 103 Pattes : première paire -, les autres | sauf chez le mâle |, à la troisième paire. Il y a trois soies latérales internes au deuxième article de la branche interne des deuxième et troisième paires. Dans les deux sexes, l'article basi- laire de la branche interne de la qua- trième paire de p. présente une longue soie ciliée (fig. 2; 4 e p. d. chez un mâle jeune). Cette soie existe chez les C. decoratus (von Daday) et gracilis. Elle manque notamment chez les trispinosus et pi- losus (van Douwe) cf, Q chez Zschokkei cf et le pygmaeus Sars. cf, ç>. Le bord externe, au lieu de sept épines (fig. 2), en présenterait neuf chez un être adulte. Le deuxième article de la cinquième paire Q avec ses cinq aiguillons barbe- lés (fig. 3), vue dorsale) est encore à noter chez cette espèce. On voit les bords hérissés de dents. La pointe la plus grande est entre deux moyennes. Chez le cf, ce deuxième article offre également cinq aiguillons, le plus grand étant le quatrième, et le plus petit au sommet, au dedans de lui. Cette espèce est caractérisée par la sculpture du céphalothorax, par la forte crénulure des segments, par les rames caudales, par les deux aiguillons du sixème segment chez le cf, par le deuxième article de la cinquième paire de pieds chez les deux sexes, par la soie ciliée de l'article basilaire de la quatrième paire (r. i.). Elle se rapproche des C. horridus, pilosus et trispinosus par les caractères généraux de la deuxième paire de pieds, etc. Elle est probablement apparentée avec le C. [ontinalis Reh- berg, espèce mal décrite : le premier article de la cinquième paire de pattes, ayant les soies presque disposées de la même façon. Du reste, la disposition et la taille de ces six soies se Fig. 3. — Canthocamptus Wulmeri. — 5 e p. 2e art., face dorsale. 104 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 retrouve chez aloisianus Brehm et chez cuspidatus Schmeil, bien différents sous d'autres rapports. Fig. 4. — Catithocamptus Wulmeri. — 5« p. face ventrale. Cinquième paire o : Wulmeri f-— — - — — . 1 *• V o (la 4* est la plue longue) fontinalis^— — — - 4 4(3 puis I ) aloisianusî 5 (4 et -') cuspidatus f— - b (3') Dans ces quatre espèces, les soies les plus longues du pre- mier article sont les deux internes. Trouvé à diverses reprises à Samer (Pas-de-Calais) dans un fossé tour à tour inondé et asséché, au pied des collines du Boulonnais, sur la route de Samer à Parenty (à Longuerecque), SÉANCE DU 26 FÉVRIER 191 1 LOB en compagnie d'une Cypris, très proche parente du virons, la C. Lilljeborgi, (Xllijdra viridis et d'Entomostracés vulgaires. G. gracilis Sars, 1802-3. Très facile à distinguer, au moins des espèces européennes, car la cinquième paire a les soies du decoratus. Q * C? 5 Mais les pattes de la deuxième paire ont chez ce dernier trois soies à la branche interne (2 e art.) et chez le gracilis il n'y a qu'une soie (type de Sars) ou deux (exemplaires de l'Europe centrale). Samer (étang de l'Abbaye), vivant sur le fond où sont accu- mulés des débris végétaux (Lemna, etc.). En Suède dans les mômes conditions. C. Lilljeborgi Boeck, 1864. Deux articles à la rame interne de la première paire de pieds, le premier article plus long que la branche externe. Sept articles aux antennules et l'opercule n'est pas denté. France : côte (Ganu). M. Sars place à côté de cette espèce, dans les Mesochra (deux articles à la br. i. de la première paire de pieds), le C. parvus Scott (Mesochra pygmaea Clans, non Sars), évidem- ment voisin, mais qui a trois articles à la br. i. Gela suffit : Comme Schmeil, je laisse cette espèce et les suivantes dans les Canthocamptus. C. Zschokkei Schmeil, 1893. Deux soies au deuxième article (elles existaient chez Lillie- borgi) de la deuxième paire br. i., d, Q. Antennules de huit articles. Opercule denté (cf, 7 — Q, 3). Cinquième paire cf ? (2 chez Lilljeborgi). O D France : Pyrénées-Orientales ;La Preste-les-Bains), grotte de Sainte-Marie, Graeter, 1910. G. pygmaeus Sars, 1802-3. Une seule soie au deuxième article de la deuxième paire (b. i.); quatrième paire (b. i.) sans soie au premier article. Opercule denté (Q, 9 — cf, 5). 106 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Palpe mandibulair.e mono-articulé. Cinquième paire cf l. France : Pyrénées-Orientales (La Preste) Graeter, forêt de Fontainebleau (cf, ç sont apparus en captivité, en hiver, dans un peu d'eau rapportée de la forêt fin 1888). S. G. Mesochra. G. alpinus Keilhack, 1909 (sub. maraenobiotus). Opercule non denté. Troisième paire g, r. i., deuxième art. avec 2-3 épines au bord externe. Quatrième paire cf, au rameau interne, une petite soie suit- terminale, externe. France : Alpes du Dauphiné, lac de la Fare (massif des Grandes-Rousses). OBSERVATIONS ET CORRECTIONS CONCERNANT DIVERS CRYPTOCEPHALUS GEOF. PALÉARCTIQUES PAR Maurice PIC Dans le Coleopterorum Catalogus (pars 53), partie traitée par M. H. Clavareau et récemment parue, j'ai relevé un certain nombre d'erreurs, dont plusieurs synonymies erronées plus ou moins fantaisistes; en voici quelques-unes, accompagnées d'ob- servations nécessaires. En publiant les renseignements suivants, mon but n'est pas de critiquer mais simplement d'être utile aux entomologistes travailleurs. Cryptocephalus granularis Sufr. — Je me demande pourquoi Clavareau a porté Cr. granularis Sufr. comme var. de C.melano- cephalus Sufr., au lieu de noter plutôt, ce qui est plus logique, et suivant les auteurs, Cr. granularis Sufr. comme variété ou ab. de C. melanocephalus Sufr. C. coryli var. ou ab. Benoiti Pic. — Le G. Denoiti Pic a été noté à tort comme synonyme de C. coryli L. (1), naturellement (1) C'est là une de ces synonymies que je qualifie de fantaisistes et contre lesquelles on ne saurait assez mettre en garde les jeunes entomologistes. SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 107 sans la vérification des descriptions originales dont la consul- tation ne laisse aucun doute pour la séparation des deux noms, C- coryli L. ayant été décrit avec les élytres immaculés, tandis que la var. Benoiti Pic a été attribuée aux exemplaires ayant une petite macule noire numérale, modification d'ailleurs exis- tante pour le sexe c? également. En outre, je considère que ma var. semiconnexus est différente de la var. temesiensis Sufr. Cr. primarius v. inexternus Pic. — La variété inexternus Pic se rapporte à Cr. imperialis F. = primarius Har. et non à Cr. imperialis Laich. (bistripunctatus Germ.) ; par contre, le Cr. imperialis Laich. possède la var. posticeinstitutus Pic que Glavareau a noté, à tort, comme ab. de C. ilicis 01. Le Cr. Manueli Tappes (ex description) n'est certainement pas synonyme pur et simple de Cr. primarius Har., c'est au moins une variété très intéressante et rarissime de cette espèce à colo- ration noire presque complète. Cr. transversalis Sufr. — La bibliographie de Cr. pustulipes Mén. est à modifier, le nom de rufotibialis Pic se rapportant à une sous-espèce (et non à une aberration). Ge nom de rufo- tibialis Pic a été porté deux fois et noté, en outre, à C. trans- versalis Sufr. (loc. cit., p. 191). Cr. bohemius Drap. — Le nom de Bôhmi Pic (pour C. bohe- mius Drap.) doit se confondre avec le nom de Bôhmi Germ., qui est une variété, non un synonyme pur et simple, de G. bo- hemius Drap., suivant la note que j'ai publiée (Echange, XXV, 1909, p. 186). Cr. terolensis Pic. — Cette espèce a été primitivement décrite sous le nom de terolensis (Echange, XXIV, 1908, p. 82), nom corrigé postérieurement (loc. cit., p. 91) en teruelensis, et non pas en terulensis, comme l'a inscrit Glavareau. Si M. Glava- reau admet qu'un nom corrigé fait double emploi avec celui tout d'abord publié et incorrect, à mon tour je dois mettre le nom de terulensis Clav., nec Pic, en synonymie de C. terue- lensis Pic. Cr. bistripunctatus v. posticeinstitutus Pic. — La variété posticeinstitutus Pic se rapporte à C. bistripunctatus Germ. et non à C. ilicis 01., comme elle est notée (p. 155 du Catalogue Clavareau). Cryptoccphalus bipunctatus v. immaculatipennis Pic. — Le nom de cautus Weise se rapporte conjointement à deux dessins différents (Weise, in Naturg. Ins. Deutschl, VI, p. 119), c'est- à-dire aux variétés, ou aberrations, A (élytres immaculés), ou B 108 SÉANCE DU 20 FÉVRIER 1914 (élytres avec une macule numérale noire) de cet auteur (Naturg. Ins. Deutschl. VI. p. 166) , c'est pourquoi j'ai donné à la variété A. le nom de var. immaculatipennis et à la var. B. celui de var. subimmaculatus (ex Pic, in Y Echange, XVI, 1900, p. 62) et ces deux noms donnés par moi doivent prévaloir. D'après cela, le Catalogue de Glavareau (p. 135) doit être modifié ainsi qu'il suit : Ab. immaculatipennis Pic. cautus Weise (ex parte). Ab. subimmaculatus Pic. cautus Weise (ex parte). Pour être plus complet, Clavareau aurait pu inscrire encore le nom de immaculipennis Weise (Catalogus Col. Europ., 1906, p. 542) en synonymie de immaculatipennis Pic. Cr. Mariœ M. R. (signatus 01.) v. Ravouxi Pic. La var. Ravouxi Pic a été portée à tort par Clavareau comme aberration de C. interruptus Sufr. = 5-punctatus Scop. ; elle est décrite (Echange, XXVII, 1911, p. 139) comme variété de signatus; en réalité c'est donc une variété de C. signatus 01. = Mariai M. R. Cr. viltatus F. — L'aberration, ou variété, digoniensis Pic n'est pas synonyme de l'ab. negligens Weise et s'en distingue par la bordure latérale jaune des élytres émettant un rameau dans la direction de la macule médiane jaune, caractère d'ailleurs donné dans la description primitive (Echange, XVI, 1900, p. 69) (1) et que voici : « Une étroite fascie claire part du bord extérieur et se dirige vers la tache postérieure claire. » La variété, ou aberration, digoniensis Pic marque le passage entre les ab. negligens W. et lolharïngus Pic. Cr. minutus F. - - A la page 151 du Catalogue Clavareau, j'ai relevé une grave erreur de composition, le C. minutus F. étant mis comme synonyme de C. fuscipes Clav. (obscuripes Fairm., de Madagascar) au lieu d'être porté à Cr. fuleus Goeze, espèce paléarctique commune. Cr. corsicus Pic. — C. corsicus Pic n'est pas une espèce, mais seulement une variété de C. ocellatus Drap., d'après Sainte- Glaire Deville (Catalogue Corse, p. 375). Dans le Coleopterorum Catalogus (p. 53) j'ai, en outre, relevé un certain nombre d'omissions qui feront plus tard l'objet d'un article spécial. (1) Sans cloute l'auteur du catalogue ne s'est pas donné la peine d'examiner sérieusement la description. SÉANCE DU 2G FÉVRIER 1914 109 NOTE SUR LA RÉGÉNÉRATION DES PATTES ET DE LA QUEUE CHEZ LE PROTÉE ANGUILLARD (PROTEUS ANGUINUS LAUR.) PAR Henri GADEAU DE KERVILLE J'ai l'honneur de montrer à l'Assemblée générale six Protées anguillards vivants provenant d'un petit lot de ces Batraciens modèles que j'ai reçu, à la fin de janvier 1911, d'Adelsberg (Autriche). Pour faire des expériences de régénération, j'ai coupé, le 6 mars 1911 : la patte antérieure gauche d'un individu, la patte antérieure droite d'un autre, la patte postérieure gauche d'un autre, la patte postérieure droite d'un autre, l'extrémité des deux pattes antérieures d'un autre, la partie terminale de la queue de deux autres. Puis, le lendemain, j'ai mis ces sept Protées dans un des aquariums de mon laboratoire de spéléobiologie expérimentale, à Saint-Paër (Seine-Inférieure). L'un des deux individus auxquels j'avais coupé la partie terminale de la queue est mort une quinzaine de jours après; les six autres sont restés dans cet aquarium jusqu'au 23 février 1914, soit pendant trois ans. La régénération des parties amputées ne s'est faite que d'une manière très incomplète, ou même ne s'est pas effectuée. A la place des pattes et des extrémités des pattes coupées il ne s'est reformé que de petits moignons, .sans trace de doigts, et la queue n'a reformé qu'une courte partie terminale. Pourtant, ces six Protées, restés bien vivants, étaient dans des conditions de milieu semblables à celles où ils vivent normale- ment. En effet, du 7 mars 1911, lendemain du jour de l'ampu- tation, jusqu'au 23 février 1914, ils sont demeurés dans un milieu complètement obscur et dans des eaux dont la température n'a varié que de 6° à 9° centigr. Il est fort probable que la régénération des pattes et de la queue, qui s'effectue très bien chez certains Batraciens urodèles, 10 110 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 par exemple chez les Tritons et les Axolotls, se ferait mieux chez les Protées, s'ils étaient clans des eaux moins froides que celles où vécurent mes sujets en expérience. Un zoologiste de grande valeur, M. Paul Kammerer, a publié, dans les Archiv fur Entwicklungsmechanik der Organismen, de Wilhelm Roux (1912, XXXIII e vol., 3 e et 4 e cah., p. 349 et 4 pi.), un mémoire intitulé : « Expérimente ùber Fortpflanzung, Farbe, Augen und Kôrperreduction bei Proteus anguinus Laur., zu- gleich : Vererbung erzwungener Farbverânderungen, III. Mittei- lung ». Des faits de régénération sont mentionnés dans ce remarquable travail. LE MIGRORAMA NOUVEL APPAREIL POUR L'EXAMEN DES PRÉPARATIONS MICROSCOPIQUES PAR H. BENOIT-BAZILLE Le nouvel appareil que j'ai l'honneur de présenter à la Société zoologique de France a été imaginé et construit par M. Stiassnie dans le but de réaliser le desideratum qui lui a été exprimé à différentes reprises par des professeurs et des directeurs de musées scientifiques (1) de posséder un appareil permettant l'examen microscopique d'un certain nombre de préparations, sans qu'il soit nécessaire, ni même possible, de manipuler directement, soit ces préparations, soit le microscope lui-même. Le microrama réalise et au delà ces deux conditions. Ses caractéristiques sont les suivantes : Il est constitué extérieurement par une armoire mesurant 50x45x25 cm. et renfermant toute la partie mécanique et la partie optique, sauf l'extrémité antérieure du tube porte-ocu- laire du microscope qui fait saillie hors de l'armoire et deux boutons molletés situés le long d'une des faces latérales de l'appareil et dont le mode d'emploi sera décrit plus loin. La partie optique comprend deux objectifs interchangeables et un oculaire fixe, le tout porté par un tube en tous points (1) Des microramas sont actuellement installés dans divers établissements, notamment à Paris, à l'Ecole supérieure de pharmacie, au Musée d'hygiène de la ville, à l'étranger, dans divers Musées d'hygiène de Belgique. SÉANCE DU 26 FÉVRIER 191 i 111 semblable au tube du microscope composé, mais placé horizon- talement. Les préparations, au nombre de 28, au maximum, sont fixées au moyen de valets sur une platine circulaire de 38 cm. de diamètre, percée de 28 trous circulaires cle 20 mm. de diamètre permettant d'examiner les objets par transparence, au moyen d'une source lumineuse artificielle quelconque, de préférence une lampe électrique à incandescence. Cette lampe se place derrière un verre dépoli, encastré dans la paroi postérieure de l'armoire, clans l'axe même du tube du -in;. ,, Fig. 1.— Le Microrama. microscope; elle est rendue invisible et protégée contre les chocs possibles par un carter métallique qui la recouvre. La rotation de la platine, qui est placée verticalement, s'opère à la main au moyen du bouton molleté inférieur; elle amène 112 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 successivement devant le tube optique toutes les préparations et commande, en même temps, la rotation d'un disque plein, placé en avant de la platine, parallèlement à celle-ci ; sur ce disque sont gravés, à la périphérie, les nombres 1 à 28. Les deux disques tournant synchroniquement, il en résulte qu'à un numéro déterminé apparaissant dans une ouverture circulaire existant au-dessous et à gauche de l'oculaire (sur la ligure on y lit le n° 14) correspond toujours le même trou de la platine, exactement placé dans l'axe de l'appareil optique. Il suffît donc de fixer devant l'appareil la liste numérotée des préparations qu'il renferme pour permettre à l'observateur de connaître le nom de l'objet qu'il examine. La mise au point se fait au moyen du bouton molleté supé- rieur, dont la rotation, dans un sens ou dans l'autre, rapproche ou éloigne l'objectif de la préparation ; un dispositif spécial limite ces deux mouvements de telle façon que jamais l'objectif ne puisse toucher la préparation, ni le tube être séparé du microscope. Le changeur d'objectifs est constitué par une glissière sur laquelle se meut une coulisse portant les deux objectifs et actionnée du dehors au moyen d'une tige qu'il suffît soit de tirer à fond, soit de pousser à fond pour obtenir un centrage parfait des objectifs. Bien entendu, le microrama ne permet pas l'emploi des objectifs à immersion et, dans la série des objectifs à sec, il est préférable de ne pas dépasser le n° 5 de la série Stiassnie, ce qui représente un grossissement maximum d'environ 400 dia- mètres. Le microrama s'ouvre à la partie supérieure seulement au moyen d'un panneau mobile à charnières muni d'une serrure; il peut donc, sans danger, être laissé sans surveillance : excep- tion faite de l'éventualité qui, pratiquement, n'est pas à envi- sager, du bris de l'armoire elle-même, il est impossible, même avec l'esprit le plus malveillant, de pouvoir détériorer soit les objectifs ou les préparations, soit la partie mécanique. Nous pensons que le microrama à sa place marquée dans les expositions et musées scientifiques, où il peut contribuer à l'instruction du public et faire aimer les études microscopiques en général, et, en particulier, ce qui nous intéresse plus directement, la zoologie microscopique. Il nous semble, en effet, qu'il serait aussi intéressant et utile de mettre le grand public à même de se rendre compte de la SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 113 structure d'un parasite invisible à l'œil nu, d'une trompe ou d'une patte de Mouche, par exemple, que d'exposer à ses regards un Papillon piqué ou le squelette d'un Dinosaurien. Le microrama nous semble également appelé à rendre de réels services dans les centres d'études, depuis les Lycées jus- qu'aux Universités. Les élèves ont bien entre les mains un certain nombre de préparations microscopiques classiques faciles à remplacer en cas de bris, mais s'agit-il de leur montrer des sujets crime certaine rareté ou d'une préparation difficile, le professeur ou le chef de travaux pratiques est dans l'obligation de faire voir à chaque élève, individuellement, la préparation — quelquefois unique - - faisant partie de sa collection personnelle ou de celle de rétablissement. Ici, plus encore que lorsqu'il s'agit du public, il serait utile de pouvoir, sans craindre que des préparations soient brisées par des observateurs maladroits ou négligents, mettre les étu- diants à même d'examiner et étudier à loisir des sujets rares rentrant dans le cadre de leurs études. Voilà, pour nous en tenir aux sciences naturelles, quelques applications du microrama ; mais le champ de celles-ci peut devenir presque aussi vasle que celui du microscope lui-même. Ouvrages offerts. Pic (M.). - - Habitats et synonymies de divers Coléoptères du nord de l'Afrique (Ibid.. p. 255-256). Id. — Le mélanisme chez divers Cryptocephalus paléarctiques (Tr. 2 d Entomologie. Congress, 1912, p. 215-247). Id. — Les Silis du Tonkin et de la Cochinchine (Bull. Soc. Ent. France, 1913, p. 163-164). Id. — Neue Anthicidœ aus Afrika (Deutsche ent. Zeitschr., 1913, p. 377-382). Id. — Nouveaux Coléoptères anthicides (Bull. Soc. Zool. France, XXXVIII, 1913, p. 137-139). Id. — Observations sur divers Anobiides (Bull. Soc. Ent. France, 1913, p. 343-344). Id. — Quelques détails sur les mœurs et la coloration du Pytho depressus L. (Ibid., p. 205-207). Id. — Une nouvelle espèce de Malacoderme de l'Inde (Bec. Indian Mus., VIII, 3, 1913, p. 199). 114 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Porter (Carlos). — Bibliografla chilena de herpetologia i batra- cologia (Bol. Mus. nac, 1913, 8 p.). Id. — Notas para la zologia economica de Chile (Bevist. chilena, nat., 1912, p> 22-23 et 1913, p. 98-99). Roffo (A. H.). — Distomatosis humana (Buenos Aires, in-8°, 1913, 30 p., 7 pi.). Sauvage (H. E.). — Catalogue de Reptiles jurassiques du Boulonnais [Bull. Soc. Acad. Boulogne, V, 1913, 12 p.). Id. — Noms boulonnais donnés à certaines espèces et variétés in- connues d'animaux et de végétaux (lbid., IX, 1913, 9 p.). Imp. OBERTHUR, Rennes-Paris (884-14). Séance du 10 ma m 1914. PRÉSIDENCE DE M. R. BLANCHARD, PRÉSIDENT. MM. Germain, * Jourin et Roule s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. M. X. Raspail remercie du prix L. Petit qui lui a été attribué. M. Rabaud remercie de son admission. La Société reçoit une circulaire concernant la « Première Exposition internationale d'Insectes vivants, de Poissons d'or- nement et d'Oiseaux de volière ». qui se tiendra au Jardin d'acclimatation, du 6 au 21 juin 1914, sous les auspices de la Société nationale d'acclimatation de France, la Société zoolo- gique de France, la Société entomologïque de France, la Société Aquaria, la Société d'aquiculture et de pèche, les Sociétés d'ornithologie de Belgique, la Ligue française pour la protection des Oiseaux, etc. Elle comprendra, dans la section des Insectes, les classes suivantes : Insectes terrestres et aquatiques d'Europe et exotiques vivants; autres Articulés indigènes ou exotiques vivants ; les Insectes dans l'art et la mode ; les industries des Insectes ; les Insectes dans l'industrie, la médecine, l'alimen- tation ; l'enseignement appliqué à l'entomologie : ouvrages, tableaux, etc. ; collections dlnsecies les plus remarquables ; insectariums et pièges à Insectes. Dans la section des Poissons d'ornement, des classes de : Poissons d'ornement exotiques d'eau tempérée, indigènes d'eau froide ; Mollusques ; plantes aquatiques ; Reptiles ; matériel d'élevage ; les êtres aquatiques dans la décoration ; peintures et dessins de plantes et animaux aquatiques ; ouvrages ayant trait à la classification et à l'élevage des Poissons, Reptiles et Plantes. Dans la section des Oiseaux de volière, des classes d'Oiseaux vivants au plumage brillant, Oiseaux utiles vivants d'Europe ; les Oiseaux et la mode ; pro- tection des Oiseaux ; les Oiseaux dans l'art décoratif ; Oiseaux naturalisés, groupes éthologiques ; types disparus. Il sera organisé un concours d'Oiseaux parleurs le dernier dimanche de l'exposition. Adresser la correspondance à M. le président n 116 SÉANCE DU 10 MARS 1914. du Comité d'organisation de l'exposition, 8, place de la Concorde. « The Mera publications », St. Albans (Herts.), Angleterre, demandent l'échange avec les publications de la Société. (Ren- voyé au Conseil.) MM. C. Cépède et G. de la Baume-Pluvinel, présentés à la précédente séance, sont élus membres. M. Charles Pérard, vétérinaire sanitaire de la Seine, aux Abattoirs de la Yillette, à Paris, est présenté par MM. Chatton et E. Regnard. M. Armand Thévenin, maître de conférences à la Faculté des sciences de Paris, président de la Société géologique de France, demeurant 15, rue Joseph-Bara, à Paris (6 e ), est présenté par MM. Hérouard et Robert. M. L. Petit, aîné, est délégué pour représenter la Société au 52 e Congrès des Sociétés savantes. « M. de Beauchamp offre à la Société, au nom de l'auteur, un travail de M. l'abbé Godon sur les Amphipodes d'eau douce du nord de la France, dont il fait ressortir l'intérêt faunistique : les recherches de l'auteur lui ont permis en effet de découvrir dans cette région, en apparence uniforme et trop défrichée. 10 espèces aquatiques de ce groupe (en plus de 2 espèces terrestres). Or la Siissicasserîauna Deutschlaniïs n'en indique pour toute l'Alle- magne sensu lato que 9, dont il faudrait déduire pour la com- paraison avec la France 2 ou 3 formes résiduelles propres aux grands lacs voisins de la Baltique. Les données chorologiques et éthologiques relatives à chaque espèce sont très précises ». Le prof. E. Bugnion présente un travail intitulé « Les yeux des Insectes nocturnes », fait à Ceylan et à Lausanne, avec la collaboration du D r N. Popoff : « De même que les yeux des Chats, Chiens, Ruminants, Hiboux brillent dans la nuit, quand on les éclaire à distance au moyen d'une lampe, les yeux de certains Insectes émettent eux aussi une luminosité particulière. Les yeux d'un grand Scarabé de Ceylan (Onjctes rhinocéros) brillent dans l'obscurité, quand on les éclaire obliquement, comme deux rubis du plus beau rouge. Le même phénomène s'observe chez Xylotrupes gedeon, Calharsius molossus, Copris SÉANCE DU 10 iMARS 1914. 117 repertus et chez les Papillons nocturnes. Les yeux des Sphinx donnent une belle luminosité rouge, ceux de certains Bombyx un reflet jaune d'or. Ce n'est pas que les organes visuels de ces Insectes émettent une phosphorescence comparable à celle qui émane du Ver luisant ; la lumière colorée renvoyée par la rétine provient d'un phénomène de réflexion. Il s'agit toutefois d'une propriété vitale en rapport avec la structure de l'œil et aussi avec son état physio- logique. On constate, par exemple, que les yeux d'un Oryctes plus ou moins souffreteux, affaibli par la captivité et par le jeûne, ne brillent plus que faiblement. Il en est de même si la rétine a été fatiguée par une lumière trop vive. C'est ainsi que (d'après Kûhne, 1877) les yeux du Sphinx atropos, exposés pen- dant quelques instants à la lumière du magnésium, perdent momentanément leur pouvoir réflecteur. Il faut placer l'Insecte dans l'obscurité et le laisser reposer pendant deux ou trois heures pour que les rétines recouvrent peu à peu leur pouvoir initial. Ce dernier fait s'explique par la présence dans la rétine des Insectes d'une substance particulière (erythropsine. xanthop- sine) qui, comparable au pourpre rétinien des Mammifères, est continuellement consommée par l'acte même de la vision. Cette substance, d'un caractère instable, se montre nettement dans l'œil de YOryctes, sitôt que la cornée a été détachée. La rétine qui est logée dans une cupule chitineuse d'un noir brillant (faisant peut-être l'office d'un miroir concave) paraît d'une jolie teinte rose tirant sur l'orange, rappelant la couleur de l'éosine. Cette teinte, très caractéristique, disparaît aussitôt si l'on expose la rétine au soleil ou encore si on la plonge dans le choroforme ou l'alcool. Les dispositions spéciales aux ^eux des Insectes nocturnes ont été étudiées : Parmi les Lépidoptères : chez Deilephila Euphorbiœ, Satiirnia Pernyi, Lasiocampa quercus, Phlogophora meticulosa. Parmi les Coléoptères : chez Oryctes rhinocéros. Nous avons, à titre de comparaison, examiné encore les organes visuels d'un Lépidoptère diurne (Vanessa antiopa). Voici, résumés en quelques mots, les principaux résultats de cette étude : Les yeux des Insectes nocturnes offrent plusieurs particula- rités qui leur sont propres. Nous citerons entre autres : 1° L'épaisseur plus grande de la rétine ; 118 SÉANCE DU 10 MARS 1914. 2° La division des rétinules en deux segments de grandeur inégale : le segment étroit, superficiel, atteignant parfois une longueur et une minceur extraordinaires ; le segment épais, profond, généralement plus court ; 3° La disposition des segments épais en une palissade régu- lière et très serrée ; 4° La présence entre les segments épais de pinceaux tra- chéens à direction longitudinale, remplissant entièrement leurs interstices ; 5° La faible quantité de pigment contenu dans les cellules ; 6° La mobilité plus grande des granules pigmentaires ; 7° La présence en quantité plus forte d'une substance colorée infiltrant d'une manière diffuse les éléments rétiniens. De ces divers caractères le plus frappant est l'arrangement des pinceaux trachéens qui remplissent les interstices des réti- nules dans le fond de l'œil. La présence de ces pinceaux a été constatée d'une manière très nette chez Deilephila, Saturnia, Lasiocampa, Phlogophora, Oryctes (genres crépusculaires et nocturnes), tandis que la même formation est absolument absente chez Vanessa (genre diurne). Or les yeux qui possèdent des pinceaux trachéens étant préci- sément ceux qui donnent lieu au phénomène du « reflet lumi- neux », nous sommes en droit de conclure que lesdits pinceaux jouent le rôle d'un tapetum ou miroir réflecteur. Les Insectes nocturnes disposent d'un tapetum rétinien com- parable au tapetum choroïdien des Mammifères. Ce fait étant acquis, la présence des autres dispositions peut, semble-t-il, s'expliquer comme suit : L'épaisseur plus grande de la rétine, la division des rétinules en deux segments, un étroit et un épais, seraient en rapport avec 1' « impressionabilité » de la rétine. Ces structures auraient pour effet de permettre aux rayons réfléchis dans le fond de l'œil d'impressionner une deuxième fois les éléments récepteurs sur une hauteur plus grande, soit, en d'autres termes, avec plus d'intensité. La diminution du pigment s'explique plus aisément encore. Le rôle des granules pigmentaires étant d'absorber les rayons lumineux aussitôt qu'ils ont impressionné les cellules visuelles, il est clair qu'une rétine fortement imprégnée de ces granules rendrait la réflexion à peu près impossible. Or, ce n'est pas seulement la faible quantité des granules pigmentaires qui caractérise les yeux nocturnes, c'est encore la distribution de SÉANCE DU 10 MARS 1914. 119 ces granules. La rétine étant très épaisse, les cellules inter- calaires s'étendant dans toute la hauteur de celle-ci, de la basale à la zone des cristallins, la migration du pigment s'effectue dans ces derniers éléments d'une manière bien plus complète. C'est dans les yeux des espèces nocturnes que les faits si intéressants observés par Exner (1889) et Micheline Stefanowska (1890) trouvent leur application la plus belle. Un fait particulièrement frappant lorsqu'on examine des coupes d'yeux empruntées à des Insectes nocturnes (surtout à des Sphingides tués et fixés entre 8 et 10 heures du soir) est que le fond de l'œil est, tant dans les cellules visuelles que dans les éléments intercalaires, presque entièrement privé de pigment. Cette absence du pig- ment dans le fond de l'œil, surtout au moment où la rétine est accommodée en vue de la vision nocturne, explique le fait bien connu de l'éblouissement produit par les lampes sur les Sphinx, Bombyx, Noctuelles et les Insectes nocturnes en général. La rétine étant (en suite du manque de pigment) trop vivement impressionnée par la lumière, l'Insecte est ébloui et se jette contre la lampe sans plus savoir où il va. Les Insectes diurnes sont, comme on sait, beaucoup moins exposés à ce genre d'accidents. La couleur si particulière du reflet lumineux, différente sui- vant les espèces (tantôt d'un beau rouge rubis, tantôt d'un brillant jaune d'or), s'explique par la présence de la substance colorée spéciale (érythropsine, xanthopsine) qui infiltre les éléments. Nous savons déjà que lorsque ladite substance est altérée en suite d'un état pathologique ou par une exposition de quelques secondes à la lumière du magnésium, le reflet lumineux perd sa couleur propre et n'apparaît plus que faiblement. Quant à l'utilité du tapetum, l'idée la plus plausible est .que, réfléchis par le réseau trachéen, les rayons renvoyés du tond de l'œil impressionnent une deuxième fois- les cellules visuelles. La vision dans la demi-obscurité serait, grâce à cette réflexion, notablement renforcée (Exner 1889). Un résumé de ce travail a été publié clans : Comptes rendus de l'Association des anatomistes, 15 e réunion (Lausane), 1913 ; un mémoire détaillé relatif aux Insectes nocturnes paraîtra dans les Archives dAnatomie microscopique, 1914. » « M. Semichox fait remarquer que, d'après ces recherches, les particularités des yeux nocturnes de ces Insectes sont parallèles à celles des veux de \ ertébrés : les bâtonnets des Vertébrés sont 120 SÉANCE DU JO MARS 1914. d'autant plus longs et la quantité de pourpre rétinien d'autant plus grande que. l'animal est plus nyctalope. Les yeux décrits par M. le professeur Bugnion sont en outre remarquables par la longueur du segment rétinulien qui se trouve entre la partie proximale du cône et la limite distale des rhabdomes. Le fait que les cônes sont éloignés de la partie sensorielle de la rétine a pour conséquence d'augmenter la profondeur de l'œil, et comme celui-ci est disposé en éventail, le rapport de la surface des cornées au nombre des éléments récepteurs se trouve plus grand que celui qu'on trouve pour les yeux de beaucoup d'In- sectes diurnes chez lesquels le fond des cônes est bien plus rapproché des rhabdomes et où, par conséquent, la lumière doit être admise en moins grande abondance. » Ouvrages offerts. Bugnion (E.) et N. Popoff. — Les yeux des Insectes nocturnes (C. R. Ass. Anatom., XV, 1913, p. 242-264). Godon (Abbé J.). — Les Crustacés Amphipodes des eaux douces de la région du nord de la France (Mém. Soc. Emulation Cambrai, LXVIT, 1912, 19 p.). Dalmon (H.). — Un parc national en forêt de Fontainebleau (Roanne, Souchier, 1914, in-8°, 19 p.). Thomas (Ph.). — Essai d'une description géologique de la Tunisie, 3 e partie. Stratigraphie des terrains cénozoiques (Paris, imp. Nation., 1913, in-8°, p. 733-912, fig. 114-173). SÉANCE DU 10 MARS 1914. 121 RHOPALURA PELSENEERI G. et M., VAR. VERMICU- LICOLA VAR. NOV., ORTHONEGTIDE PARASITE DE TETRASTEMMA VERMICULUS Qtfg. PAR Maurice CAULLERY. J'ai trouvé, à "Wimereux, l'été dernier, un Orthonectide dans un Némertien où on n'en avait signalé jusqu'ici aucun. Je crois intéressant de résumer ici mes constatations, bien qu'elles soient incomplètes, en raison de la rareté des Orthonectides. L'hôte est une espèce très bien caractérisée et commune sur nos côtes, Tetrastemma vermiculus Qtfg.; c'est une forme courte, dont les deux yeux situés d'un même côté sont réunis l'un à l'autre par une bande pigmentaire rougeâtre (1). Le corps est d'une couleur vert clair ; il est légèrement étranglé en arrière de la région cépha- lique. L'individu infecté a été trouvé sur le bord d'un cris- tallisoir contenant des touffes de Bugula, recueillies aux Roches-Bernard (dans le port en eau profonde de Boulogne), à la marée du 4 septembre 1913, qui était très forte. En examinant ce Némertien sous le microscope, j'y ai vu par transparence de très nom- breux Orthonectides tous sem- blables entre eux. Observations in vivo. — Examiné hors de l'hôte, d'où on le fait sortir par dilacé- ration, cet Orthonectide se montre de forme sensiblement cylindrique; l'extrémité anté- J. r. — t£&± 2. FlG. 1. Individu de lih. pelseneeri, var. vermi- culicola, d'après le vivant. G = 480. — 2. Un embryon à la fin de son déve- loppement (fixât. Bouin: color. gly- chémalun). G = 1800. — r, organe réfringent (appareil de perforation?). (1) Cette bande, sur l'exemplaire observé, est plus foncée que ne l'indiquent les figures de Joubin (Faune de France, Némertiens) et de BOrger (Nemertinen, Fauna und Flora Neapel). 122 SÉANCE DU 10 MARS 1914. rieure est toutefois un peu plus étroite. Un individu adulte (fig. 1), dessiné à la chambre claire, mesure 105 jj. de longueur sur 25 ;j. de largeur maximum. Le revêtement ciliaire est con- tinu, dirigé vers l'avant et à l'extrémité antérieure, puis transver- salement et enfin en arrière. Les cellules ectodermiques sont disposées par bandes annulaires régulières alternativement minces et un peu plus renflées vers l'intérieur. Elles renferment des granules blanchâtres, assez réfringents, très fins, dessinant sur l'animal une série de bandes transversales qui ont l'appa- rence de pigment blanchâtre. Ces granules m'ont semblé s'al- térer assez vite et disparaître quand l'animal séjourne dans l'eau de mer. 11 est assez difficile de compter exactement ces bandes, parce que, vers les extrémités, elles sont plus ou moins coales- centes. J'en ai distingué 12 à 13, non compris les extrémités. Tout l'intérieur de l'animal est rempli par la masse génitale . on aperçoit 25 à 30 corps sphériques, de 10 à 12 ;x environ de diamètre, sur chacun desquels on aperçoit une vésicule un peu oblongue r, nettement plus réfringente que le reste et qu'un observateur non prévenu considérerait comme le noyau d'un ovule. En réalité ces sphères sont des embryons. Observations sur matériaux fixés et colorés (frottis et coupes). — Une partie du Tetrastemma a été fixée au liquide de Bouin, coupée et colorée au glychémalum. Sur les coupes, on reconnaît que les Orthonectides sont situés dans le parenchyme du Némertien, entre les caecums du tube digestif qui sont très nombreux et pressés les uns contre les autres. Peut-être y en a-t-il aussi dans l'épithélium même de ces diverticules. Tous les individus renfermaient des embryons à divers stades du développement. On ne distingue pas les limites des cellules; les noyaux apparaissent comme de petites masses chromatiques. Aux stades avancés, on distingue une paroi ectodermique et une masse interne de cellules particulièrement dense dans l'hémi- sphère postérieur de l'embryon. La vésicule réfringente r, observée in vivo, est placée dans la région antérieure et fait saillie à la surface, en un point qu'on peut considérer comme le pôle antérieur de l'embryon. Elle est en réalité formée de deux parties : l'une basilaire, l'autre superficielle conique et divisée en deux moitiés symétriques par une cloison axiale (fig. 2, r). SÉANCE DU 10 MARS 1914. 123 * * * Ces différentes données fixent nettement la nature de l'Ortho- nectide en question. Il est très voisin de l'espèce que Mesnil et moi avons décrite sous le nom de Rhopalura pelseneeri (1) et qui est parasite d'un Némertien de l'anse de Vauville (Tetrastemma flavidum). Ce dernier Orthonectide a les mêmes rapports avec son hôte. Son évolution, qui nous avait d'abord en partie échappé, est devenue claire pour nous quand nous avons connu le développemenl des ovules de Rhopalura ophio- com;i\ l'espèce parasite cTAmphiura squamata (2). Rh. pelseneeri est une forme hermaphrodite, qui s'autoféconde et dont les ovules se développent en embryons dans l'organisme maternel, comme chez tous les Orthonectides, mais, dans le corps même de L'hôte, avant rémission du parasite au dehors. L'organe réfringent et saillant que Mesnil et moi avions noté sur les embryons et Figuré dès 1901 est sans doute, comme nous l'avons dit plus tard, un appareil de pénétration à l'aide duquel la larve devenue libre fait effraction clans un hôte nouveau. L'Orthonectide de Tetrastemma vermicnlus se comporte absolument de la même façon. L'unique Némertien infecté que j'aie observé ne contenait que des parasites à des phases avan- cées de leur évolution; chez tous, les ovules étaient déjà fécondés et en voie de développement. Je n'ai donc pas pu constater l'her- maphrodisme ; mais il ne fait pas de cloute, étant donné ce qu'on sait des autres espèces, et il est confirmé indirectement par l'absence de mâles. La ressemblance entre les parasites de T. flavidum et T. ver- miculus est si grande que la seule question à se poser est celle de leur identité spécifique. En comparant les mesures et dessins pris dans les deux cas, je relève les différences suivantes. L'Orthonectide de Boulogne semble plus petit (I05u.x25u. pour un individu renfermant des larves mûres) que celui de Vauville (120-150 u, x 30 u,). Le nombre des bandes pigmentaires diffère légèrement (13 au lieu de 10). Des embryons munis de l'appareil de pénétration (?) dessinés à la chambre claire avec les mêmes objectif et oculaires, (1) Caullery et Mesnil. Recherches sur les Orthonectides. — Arch. anat. micr., IV, 1901, p. 405 et seq., pi. x, flg. 32-33, pi. XI, flg. 29-31 et 34 (formes o" et o"' du mémoire) (2) Cf. Caullery et Mesnil, l. c. Post-scriptum. p. 464. — Caullery et Layallée. C. 7?. Soc. Biol., LVII, 1905, p. 265; Arch. Zool. exp. (4), VIII, 1908. -- MESNIL et Caullery. C. B. Soc. Biol., LVII, 1905, p. 428. 124 SÉANCE DU 10 MARS 191 1. montrent une différence de diamètre correspondante dans un rapport de 5 à 6. D'autre part, chaque espèce d'Orthonectide est généralement cantonnée dans un hôte rigoureusement déterminé. La seule exception à cette règle serait Rhopalura Metchnikovi G. et M. trouvée à la fois dans Spio martincnsis Mesn. et Tetrastemma ilavidum. * * * Je crois donc sage de conclure que T. vermiculus Q. héberge un Orthonectide très voisin de Rh. pclseneeri, sinon spécifi- quement identique, se comportant absolument de même quant à ses rapports avec l'hôte et à sa propre évolution. En raison des quelques différences signalées ci-dessus (nombre des bandes pigmentaires, taille de l'individu et de ses embryons), je propose de distinguer cet Orthonectide comme une variété : Rh. pelseneeri G. et M., var. vermiculicola n. var., ce nom rappelant l'hôte où on le trouve. SÉANCE DU 10 MARS 191 'i. 125 SUR UNE NOUVELLE PINCE AUTOMATIQUE A RESSORT "AUTOPINCE GÉPÈDE" pour la technique micrographique et les divers travaux de laboratoire. PAK Casimir CÉPÈDE La manipulation des objets délicats, comme les lamelles de verre employées dans la technique micrographique, est rendue très difficile aujourd'hui que nous exigeons des épaisseurs de verre de plus en plus faibles pour nos préparations micros- copiques. Cependant la technique des frottis et des coupes sur lamelles — (méthode de Hertwig) (1) - - s'étend de plus en plus à cause des avantages signalés qu'elle présente sur celle des préparations sur lame ou slides. Ceux que la routine rend moins prompts à adopter les méthodes nouvelles, môme quand elles leur apparaissent supérieures à celles qui leur sont fami- lières, aiment à trouver cette manipulation des lamelles de verre extrêmement coûteuse par le bris considérable de ces objets si fragiles. Certes — à l'exagération près — il est incontestable que manipulant dans les mêmes conditions lames et lamelles, un « travailleur » brisera plus de ces dernières que des premières. J'ai remarqué, au cours de mes recherches, que le passage des lamelles porte-frottis ou porte-coupes d'un récipient de la série dans l'autre avec des pinces ordinaires ou avec des pinces à serrage automatique très volumineuses dans le genre des pinces Cornet (Cat. Cogit, n° 1032), ou Debrandt (Cat. Cogit, n° 1368), causait la perte de nombreuses préparations souvent précieuses. J'ai tâché de créer, pour la manipulation de ces objets délicats, une nouvelle pince peu volumineuse, bon marché, d'un trans- port facile et d'un aspect élégant. Et c'est ainsi que j'ai conçu le modèle d' « Autopince » dont je vais donner ici la description accompagnée de figures. L'application de ce système nouveau de pinces à ressort à des mors très divers me fera décrire sous peu une série (1) Cette méthode devient précieuse dans le montage biplan que j'ai créé et qui permet l'examen aux plus forts grossissements des deux faces d'une préparation quelconque : objet entier, frottis, coupe. Cf. Cépède. Nouveau montage des préparations microscopiques permettant l'étude des deux faces aux plus forts grossissements et supprimant les procédés spéciaux d'emballage (C. H. Ac. Sci., CLXI, p. 683, 3 mars 1913). 126 SÉANCE DU 10 MARS 1914. (Tautopinccs pour divers usages micrographiques ou chi- rurgicaux. Le simple examen des ligures permet en effet de com- prendre combien il est facile, par le seul changement des mors, de transfor- mer une même auto- pince en plusieurs pinces de systèmes différents : autopince hémostatique, auto- pince de dissection, autopince pour aci- des, etc. * * FlG. 1. FlG. 2. FlG. 3. L'autopince représentée en grandeur d'exé- cution et munie de sa bague de fixation. Coupe de l'autopince. Le ressort n'a pas été coupé. On voit les deux mors de l'autopince sectionnés sur toute leur longueur. Etude de la conformation de l'autopince : on suppose que le tube, les mors, etc., sont transparents pour laisser voir toutes les pièces de l'instrument : 1° l'axe terminé d'un côté par le bouton cylindrique, de l'autre par la bille sphérique; 2° le ressort; 3° les mors de l'autopince ; 4° la tigelle ; 5" le capuchon protecteur des mors. L'autopince se compose essentielle- ment : 1° D'un système de mors m dont l'élasticité assure le pincement automa- tique de l'objet à saisir. La force de ces mors peut varier selon les objets à pincer (faible pour des lamelles ou ob- jets très fragiles, plus grande pour l'hémostase). A l'état de repos les deux mors sont au con- tact (fig. 2). 2° D'une tigelle cylindrique axiale t terminée par une bille sphérique b et SÉANCE DU 10 MARS 1914. 127 montrant au voisinage de la cheville d'assemblage c une fente / permettant de la laisser passer. 3° D'un ressort r qui s'applique d'une part sur le bord du cylindre porte-mors et, d'autre part, sur la base intérieure du bouton terminal j3. Il fait revenir celui-ci à sa position première quand ce bouton a été introduit dans le tube d'ébonite, de fibre ou de métal T pour obtenir, par action de la bille b sur les mors m, l'écartement de ces derniers. 4° D'un capuchon C qui protège la pince quand on veut l'avoir en poche. On la fixe alors à l'aide d'une bague analogue à celle qui maintient les stylographes auxquels mon « autopince » ressemble beaucoup extérieurement (fig. 1). Fonctionnement. — La meilleure façon de tenir l'autopince pendant les manipulations consiste à la saisir comme un crayon trop court dont l'extrémité n'écrivant pas viendrait se placer contre la saillie que fait à la base de l'index le 2 e méta- carpien sur la face palmaire de la main. Pour ouvrir les mors, fléchir les 3 premiers doigts. La pression de la protubérance métacarpienne antérieure déjà mentionnée sur le bouton fi pousse la bille b qui écarte les mors. L'objet est pincé alors qu'on cesse la pression et on peut transporter la préparation saisie dans l'autopince comme on manipule un crayon ou un stylo- graphe. Pour laisser tomber la préparation, on presse sur le bouton fi: aussitôt l'autopincement cesse; la lamelle tombe. Démontage. — Pour démonter l'autopince, il suffit de presser avec une petite tige (épingle, aiguille, etc.) sur la partie amincie de la cheville r; celle-ci se dégage du côté opposé et aussitôt l'autopince est démontée. Montage. — On remet les diverses pièces comme l'indiquent les figures 2 et 3, on place la cheville et l'autopince est remontée. (Laboratoire de zoologie de la Sorbonnc, février 1914. 128 SÉANCE DU 10 MARS 1914. CONSIDÉRATIONS MORPHOLOGIQUES SUR PHYLLOPUS TURQUETI QUIDOR 1906, COPÉPODE PÉLAGIQUE ANTARC- TIQUE RÉCOLTÉ PAR LE " FRANÇAIS". PAR Casimir CÉPÈDE Le genre Phyllopus a été créé en 1883 par Brady (1) pour un seul spécimen qui est sûrement une q . Dans son travail paru dans le journal de la « Marine Biological Association», avril 1904, p. 124, Wolfenden (20) dit que l'exemplaire décrit par Brady était un mâle. C'est une erreur inexplicable sur laquelle Andrew Scott (18) a déjà attiré l'attention, car Wolfenden décrit le mâle dans ce même rapport. I. G. Thompson (19) semble être le premier auteur qui donne une étude du mâle ; mais selon A. Scott il identifie à tort son espèce avec le type du genre : Phyllopus bidentatus Brady 1883. Parran (6) (1908, p. 83, pi. IX, fig. 5 et 6) qui, dans son rapport antérieur {A list of the Marine Gopepoda of Ireland, part. II. — Pélagie species, p. 29) l'avait confondue aussi avec Phyllopus bidentatus Brady, en fait le type d'une nouvelle espèce : Phyllopus Helgœ. La description du mâle donnée par lui, sous le nom de P. bidentatus, dans le rapport précité (1905) est exactement celle que Thompson (1903), Wol- fenden (1904) et van Breemen (2) (1908) donnèrent sous ce même nom du mgJe du Phyllopus Helgœ Parran (1908). Quidor (13) (1906) semble ignorer les mémoires de I. G. Thomp- son (1903), de Wolfenden (1907), de Parran (1905), de G. 0. Sars (16) (1905) quand il dit, dans sa diagnose générique de Phyllopus, qu'il tire des descriptions de Phyllopus bidentatus et de Phyllopus Turqueti : « La cinquième paire de pattes ne comprend qu'une rame externe à trois articles. Son article terminal est denté chez la femelle et porte trois longues épines chez le mâle » (p. 4). Et nous ne pouvons croire qu'il s'agisse là d'un lapsus, car dans la description de sa nouvelle espèce : P. Turqueti, il dit encore, p. 6 : « La cinquième patte, aussi bien chez le mâle que chez la femelle, est dépourvue de rame interne. La rame externe comprend trois articles... Les cin- quièmes pattes du mâle reposent par leur extrémité sur l'orifice génital (fig. 4). Le premier article de la rame externe est seul SÉANCE DU 10 MARS 1914. 129 Fig. ". /3. — Antenne antérieure de Phyllopus bidentatus Brady. 9 (cT ? selon Brady, 1883, pi. v). Le numérotage des articles antennaires a été ajouté pour rendre plus claire la démonstration morphologique. Fig. ,5. — Mandibule de Phyllopus bidentatus Brady (selon Brady, l. c, pi. v, fig. 8). Fig. 12 /S — Cinquième paire de pattes de P. bidentatus Brady, 9 (c? ? selon Brady, l. c, pi. v, fig. 12). Fig. 13 /3. — Angle postérieur du cinquième segment céphalothoracique et vue latérale de l'abdomen de Phyllopus bidentatus Brady, 9. L'abdomen a 4 segments dont le numérotage a été ajouté ici (d'après Brady, l. c, pi. v, fig. 13). Fig. U /3. — Vue antérieure de l'abdomen du même (d'après Brady, 1883, pi. v, fig. 14). Fig. 15 /S. — Epine terminale de l'une des pattes natatoires du même (d'après BRADY. 1883, pi. V, fig. 15), Fig. 16 /3. — Rostre de Phyllovus bidentatus Brady (d'après Brady, 1883, pi. v, fig. 16). 130 SÉANCE DU 10 MARS 1914. visible latéralement. Il porte, ainsi que le second, une courte FlG. 10 w. FlG. 19 Q. FlG. 13 G. Cinquième paire de pattes de Metridia princegs Giebrecht, 9 (d'après Wol- FENDEN, 1911, pi. XL, flg. 10). Cinquième paire de pattes de Phyllopns Tuiqueti Quidor, d (d'après A. Quidor, 1906, pi. v, flg. 19). Cinquième patte droite de Metridia Gerlachei Giesbrecht, 9 (d'après GtKSBRECHT, 1902, pi. I. flg. 13). épine latérale (lig. 19); le troisième, replié en avant, se termine par trois longues épines divergentes. » Si nous nous reportons au travail de Brady (1883), nous constatons que l'auteur anglais a, comme nous le disions plus haut, décrit avec doute comme c? un spé- cimen femelle. Le texte de Brady (1) montre avec quelle hésitation l'auteur a tenté d'attribuer un sexe à son Phyllopus bidentatus : « One spécimen only of this animal was seen, and in the anticipation of further spécimens being available, was unfortunately only very imperfectly exa- mined. The size of the first abdominal somite led me to suppose that the spéci- men described was a female; the carac- ters of the anterior antenna and fifth feet, however, are rather those of the maie. » Avant l'apparition des travaux du début de ce siècle précédemment cités, il était aisé, en consultant les « Gymnoplea » de Giesbrecht (10) de corriger l'erreur de î c. FlG Cinquième patte thora- cique droite de Mclridiii Gerlachei Giesbrecht, 9 Exemplaire provenant des récoltes du « Pour- quoi-Pas ? ». Plankton 775. Dessin de l'auteur, c. cl. SÉANCE DU 10 MARS 1914. 131 Brady. Giesbrecht répète, en effet, ce qu'il avait dit en 1892 (8) : « cf unbekannt » (1). Dans sa diagnose du genre Phijllopus Brady (2), Gies- brecht (10) (1898) signale encore la serrature du bord distal do l'exopodite de p 5 g : « 5 B mit 3-gldr. Exp., ohne Enp.; 2 Gl. des Exp. mit dicker, langer Innenrandborste, 3 Gl. verkûrzt, am distaien Rande gezàhnelt » (3). De tout cet ensemble d'observations morphologiques et systé- matiques, il résulte qu'une étude attentive du Phijllopus Turqueti Quidor s'imposait. C'est cette étude que nous donnons ici, grâce à l'anatomie et à la morphologie comparées, car nous n'avons pu observer les matériaux sur lesquels est basée la description de ce Copépode. Retenons simplement, de cette discussion, pour nous guider dans cette longue étude, les données systématiques suivantes : Les espèces du genre Phijllopus sont aisément reconnaissables à la structure de la cinquième paire de pattes dans les deux sexes. La cinquième paire de pattes de la q a un basipodite à deux segments et un exopodite triarticulé. Aucune trace d'endopodite ne s'observe à aucune des pattes sexuelles. Le segment terminal de l'exopodite est foliacé; son sommet est très épais et irrégu- lièrement denté (fig. 12 Q). La cinquième paire de pattes du cf est bien développée et préhensile. L'exopodite de chaque patte sexuelle est biarticulé. La patte gauche seulement montre un endopodite lamelliforme rudiment-aire. * * * Dans son étude des Copépodes de la première mission antarc- tique française dirigée par M. le D r Charcot, A. Quidor (13) (1906) a décrit sous le nom de Phijllopus Turqueti n. sp., d'après deux spécimens de cette espèce, qu'il considère comme représentant les deux sexes (cf et q) deux Copépodes recueillis, en surface, dans le voisinage de l'île Booth-Wandel, par le D r Turquet, naturaliste de l'expédition du « Français ». Quidor, — rapprochant sa description de celle que Brady (1883) donna du Phijllopus bidentatus du « Challenger ». recueillie au sudest- de Buenos-Ayres, à une profondeur de 4.850 m. et repré- (i) Giesbrecht und Schmeil, 1898, Copepoda, Gymnoplea (m « Das Tierreich », 1898, p. 124). (2) P. 124. (3) Je souligne : C. C 12 132 SÉANCE DU 10 MARS 1914. sente par un seul exemplaire femelle et de l'étude que le regretté W. Giesbrecht (7) (1889-1892) fit d'un autre spécimen femelle, récolté près de l'Equateur, au sud-est des îles Galapagos, à une profondeur de 1.800 mètres, - voit dans cette découverte de P. Turqueti Quidor une nouvelle preuve de « l'affinité de la faune abyssale des régions équatoriales avec la faune australe de surface. » * * Malheureusement, et l'objet du présent travail est de le dé- montrer, le Phyllopus Turqueti Quidor 1906 n'est pas un Phyllopus; il n'appartient même pas à la famille des Arieteliidœ de G. 0. Sars (1903) qui compte le genre Phyllopus Brady 1883 au nombre de ses membres. N'ayant pu faire de nouvelles observations sur les échantillons qui ont servi à établir le Phyllopus Turqueti, notre tâche, pour donner à ce Copépode la place systématique qui lui convient, a été excessivement pénible, comme on va le voir. DlAGNOSE DÉ LA FAMILLE DES ARIETELL1D.E G. 0. Sars, 1903. Les représentants de la famille des Arieteliidœ ont tous un corps relativement robuste et non déprimé. Le céphalothorax est, en général, divisé très nettement au niveau de son premier segment thoracique, lequel est bien séparé du céphalon. La région céphalique frontale est plus ou moins prolongée ventra- lement et porte deux appendices tentaculaires. Les deux der- niers segments thoraciques sont unis entre eux. L'abdomen, relativement court, est composé de quatre seg- ments CHEZ LA FEMELLE et COMPTE CINQ SEGMENTS CHEZ LE MÂLE. Les rameaux furcaux, bien définis, courts, présentent quelques soies apicales très allongées. Les antennes antérieures (antennules de certains auteurs), sont relativement courtes, moins allongées que chez les Hete- rorhabdidœ, et souvent plus courtes que chez les Metridiidœ; dans certains cas (Paramisophria Scott 1897, Phyllopus Brady 1883) elles sont très courtes ; le nombre des articulations est extrêmement réduit: l'antenne gauche est en général plus longue que la droite : chez le mâle, elle est imparfaitement géniculée et sa partie terminale, très courte, est biarticulée. Les antennes postérieures (antennes de certains auteurs) ont leur rameau interne (endopodite) plus long que l'externe (exo- podite); elles possèdent un nombre limité de soies au sommet. SÉANCE DU 10 MARS 1914. 133 Les pièces buccales ressemblent assez à celles de la famille voisine : les Heterorhabdichv. Le palpe mandibulaire, toutefois, n'a souvent aucune trace de rameau interne (endopodite); les maxillipèdes postérieurs sont plus robustes et montrent leur portion terminale réfléchie. Les quatre premières paires de pattes sont relativement courtes et trapues avec leurs deux rameaux triarticulés et moins inégaux que chez les Heterorhabdidœ et les Metridiidœ. La cinquième paire de pattes n'est natatoire dans aucun des deux sexes; le rameau interne y est extrêmement réduit ou totalement absent. * * * Le simple examen de l'abdomen du Phyllopus Turqueti Quidor montre qu'il ne peut s'agir d'un membre de la famille des Arietellidas. Quidor (1906) donne, en effet, de l'abdomen du Phyllopus Turqueti cf et g la description suivante : « L'abdomen comprend trois anneaux (1). Le premier est une fois et demie aussi long que le second et deux fois plus long que le troisième. Il est renflé sur sa face ventrale et porte l'orifice génital (fig. 2, 3, 4, 5). Les branches de la furca sont légèrement plus longues que le dernier segment. Chaque branche porte latéralement, aux deux tiers de sa longueur, une soie très courte et six soies inégales sur son bord postérieur. La soie interne, la plus longue, est trois fois aussi longue que la furca. Les deux branches de celles-ci, très rapprochées chez la femelle (fig. 2), laissent entre elles, chez le mâle, un espace égal à leur largeur (fig. 5). » * * * Gomme on le voit, et ainsi que l'avait senti Qltdor lui-même, pour faire entrer son Copépode, dont l'abdomen n'a que trois segments, dans le genre Phyllopus Brady 1883. il faudrait. comme l'a fait Quidor (13), modifier la diagnose générique de Phyllopus. Aussi a-t-il changé les caractères de l'abdomen comme suit : « Abdomen comprenant trois (2) ou quatre (3) anneaux, dont le premier, plus long que les autres, est renflé sur sa face ventrale et porte l'orifice génital » (4). il) Souligné par moi : C. C. (2) Quidor (1906), Inc. cit., p. 3. (3) Brady (1), 1883, Phyllopus bidentatus-, Giesbrecht (7) (1889-1892); Farran (5) (1905); FARRAN (6) (1908); WOLFENDEN (20) (1904); WOLFENDEN (21) (1911). (4) Quidor (13), 1906. p. 4. 134 SÉANCE DU 10 MARS 1914. Mais le genre Phyllopus ainsi compris pourrait entrer à la fois dans trois familles différentes si on ne considérait dans la diagnose de Quidor que le sexe femelle : les Arietellidœ (abdomen à quatre segments), les Metridiidas (abdomen à trois segments), et les Helerorhabdidœ (abdomen q à trois ou quatre seg- ments). Mais il ne peut être incorporé à aucune de ces familles si, comme l'a dit Quidor, le cf et la g ont tous deux un abdomen à trois segments, comme il l'a observé chez son Phyllopus Turqueti. * * * La question ainsi posée, il est facile de sentir qu'une erreur d'observation ou d'interprétation s'est glissée dans le travail sur les Gopépodes du « Français » (13). L'examen de la figure 19, très schématique il est vrai, fait penser immédiatement à la cinquième patte femelle d'une Metridia et plus spécia- lement à celle d'une Metridia Gerlachei Giesbrecht 1902, d'une Metridia princeps Wol- fenden 1911 ou d'une Metridia longa Lubbock 1854. Malheureusement l'auteur n'a pas étudié la deuxième patte de son Copépode; l'en- dopodite si caractéristique, avec son premier segment crochu (fig. 2 G.), lui aurait fait penser tout de suite à une Metridria ou à un Pleuro- mamma (= Pleuromma), ces deux genres, si étroitement alliés, constituant à eux seuls la famille très limitée des Me- tridiidas (15). On sait, d'autre part, que Metridia et Pleuromma possèdent tous deux un pouvoir luminescent; mais, tandis que les Metridia produisent la lumière par tout leur corps, Pleuromma possède FIG. 2 c. Dessin du crochet caractéristique de l'en- dopodite des Metridiidae (p. 2). Bord externe de l'article basilaire (B«.) et du premier article de l'endopodite de Me- tridia Gerlachei 9 montrant les dent? et crochets caractéristiques x 660. Dessin de l'auteur ad nat. c. cl. SÉANCE DU 10 MARS 1914. 135 un bouton latéral droit luminescent au point de séparation du céphalon et du premier segment thoracique. Comme ce bouton, bien développé, manque d'après les dessins de Quidor, nous pensons qu'il ne peut s'agir de Pleuromma. Les flg. 17 et 18 rappellent de très près ce qu'on observe chez Metridia Gerlachei Giesbrecht 1902. Etude de l'antenne. — L'anatomie de l'antenne antérieure de P. Turqueti ne répond aucunement à celle que nous connais- sons chez les divers autres Phyllopus connus jusqu'ici. L'antenne antérieure des Phyllopus est relativement courte (cf. Phyllopus bidentatus Brady, Phyllopus impar Farran, Phyllopus helgse Farran); les segments basilaires et les segments terminaux de ces antennes ne ressemblent en rien à ce qu'a figuré Quidor (1906) de l'antenne antérieure de P. Turqueti. Fig. 8 Q. — Portion nasale de l'antenne de Phyllopus Turqueti cf , selon A. Qui- dor x 117. Fig. 9 Q. — Extrémité de l'antenne anté- rieure de Phyllopus Turqueti d 1 , selon A. Quidor x 117. Fig. 9 G. — Portion basale de l'antenne de Metridia Gerlachei 9, selon Giesbrecht. Les segments basilaires avec ces denticules si bien dévelop- pés au bord externe sont caractéristiques des Metridiidœ; on ne voit pas ces denticules à ceux des antennes de divers autres Phyllopus (fig. 7jS). De plus, les segments terminaux figurés par Quidor sont nettement ceux de Metridiidse et particulièrement de Metridia femelle avec le segment terminal (25 e ) très court portant une longue soie terminale flanquée de deux soies très courtes et 136 SÉANCE DU 10 MARS 1914. minces, suivant l'avant-dernier segment (24 e ) très long, mon- trant -h son bord distal une très longue soie latérale opposée à la courte soie qui orne ce bord du côté opposé. Chez les Metridia mâles s'ajoute, avec une longueur relative des segments considérés absolument analogue, une soie sensorielle renflée terminale laté- rale au dernier segment (24 e ) du même côté que la longue soie qui a été signalée au bord distal de l'avant-dernier segment de la fe- melle, soie qu'on retrouve chez le mâle, avec les mêmes situation et proportions (fig. 4 G). Chez les Phyllopus, nous avons une lon- gueur relative aux deux segments terminaux (23 e et 24 e ) absolument différente et dont la figure de Bra- dy lui-même, auquel s'est référé ■•. \ Fig. 4 C. Segments distaux de l'antenne antérieure de Me- tridia Gerlachei Ç. — Dessin de l'auteur à la chambre claire d'après un spécimen admira- blement fixé de la deuxième mission antarc- tique française. Station 775. x 360. — Cette figure est, aux détails près, la symétrique de celle que Quidor a donnée de l'antenne anté- rieure de son Phyllopus Turqueti d. fig. 9 Qu, p. 135 du présent travail. Fig. 3C Portion basilaire de l'antenne droite de Metridia Ger- lachei d 1 x 60. Des- sin de l'auteur , ad. nat. c. cl. Quidor, donne une idée très précise. Les figures de Parran et de Giesbrecht viennent confirmer cette importante constatation anatomique. SÉANCE DU 10 MARS 1914. 137 Fig. Md. Ktude de la mandibule. - - La mandibule telle que l'a figurée Quidor n'est référable ni à un Arietellida* ni à un Metridiidse. Chez les premiers, on n'observe souvent pas d'endopodite au palpe mandibulaire, bien que chez Phyllopus, Brady en ait très nettement figuré un chez son P. bidentatus (fig. 8/3). On ne peut expliquer la figure 12 de Quidor qu'en supposant que l'endopo- dite du palpe mandibu- laire s'est superposé sur la partie masticatrice de la mandibule; cette superpo- sition explique seule la présence de soies sur le bord de cet appendice man- dibulaire. Mais comme le nombre des soies figurées par l'auteur est sûrement in- férieur à celui de celles qui existaient chez le Gopépode ob- servé, il devient difficile de voir dans cette figure le dessin précis d'une mandibule de Metridia. Re- portons-nous à la description de la mandibule de P. Turqueti : «Une mandibule vigoureuse à quatre dents (fig. 12) porte six soies latérales , une soie terminale, et présente un palpe externe à deux ar- ticles terminé par une touffe de soies courtes et denses. » Toutefois l'étude détaillée que j'ai faite du bord interne masti- cateur de cette pièce buccale ne laisse pas de doute sur l'iden- -s.e 3 FIG. p4 c. Quatrième patte de Metridia Gerlachei Giesbrecht 9 x 60. Dessin de l'auteur ad. nat. c. cl. Fig. p4 C. Extrémité du 3 e article de l'exopodite de la 4 e patte de Metridia Gerlachei 9. Des- sin de l'auteur x 500. 138 SÉANCE DU 10 MARS 1914. tification à Metridia Gerlachei de notre Copé- W^ v pode (fig. Md). Cette description insuffisante, sûrement inexacte, ne nous apporte aucun renseignement nouveau; elle a été établie sur la figure 12 déjà critiquée. L'anatomie de la quatrième patte que je donne dans la figure ci-dessus comparée à la figure (17 Qu) que Quidor a donnée de cet appendice ne laisse subsister aucun doute sur l'homologation de Phyllopus Turqueti Quidor 1906 et de Metridia Gerlachei Gies- brecht 1902. Les détails de la patte donnés dans mes figures p4c et p4 ex 3 permettent patte ae la 4e paire du une comparaison minutieuse et certaine avec Phyllopus Quidor, d'ap. Quidor. 1 l'illustration de Quidor. Etude sur le dernier segment thoracique. — La fig. 7 de Quidor nous confirme dans l'idée que son Phyllopus est une Metridia. Il y décrit, en effet, « deux soulèvements coniques dus à l'hypoderme qui vient affleurer à la surface externe dans la région postérieure du dernier segment thoracique. » 7 Q* Fig. 7 Q. Vue latérale du dernier segment thoracique de Phyllopus Turqueti Qui- dor, selon A. Quidor, x 87. »9-S Fig. 5 c. Vue latérale du dernier segment thora- cique (th 5) de Metridia Gerlachei 9. — Dessin de l'auteur, ad cam. lue x 120, d'après le même spécimen provenant des récoltes de la deuxième mission antarc- tique française. Station 775. J'ai étudié en détail l'anatomie de Metridia Gerlachei Giesbrecht 1902 et précisé nettement la forme des soulèvements que Quidor a esquissés dans sa figure 7 (fig. 5 c). SÉANCE DU 10 MARS 1914. 139 Etude de l'abdomen. - Nous avons vu que les Metridiidœ fe- melles ont un abdomen trisegmenté. L'abdomen figuré par Quidor (1906) répond exactement à cette règle. Une simple FIG. 6 c. Partie dorsale des derniers seg- ments thoraciques et vue de profil de l'abdomen de Me- iridla Gerlachei 9. Dessin de l'auteur à la chambre claire, x 40. FIG. 4 Q. Abdomen, quatrième et cinquième pattes de Phyllopus Turque ti d, selon Quidor, x 22. Fig. 5 Q. Vue dorsale de l'abdomen de Phyllopus Titrqueti cf. selon Quidor, x 22. comparaison entre les figures 4 Q, 5 0, 6 G, les premières repro- duisant celles de Qltdor, les deuxièmes l'abdomen d'une Metri- dia g, rend tout texte absolument inutile. Considérations faunistiques. Un autre fait qui devait surprendre les faunistes, c'est l'absence du Phyllopus Turqueti Quidor des matériaux pourtant si beaux et si nombreux des expéditions de la « Siboga » (18) et de la « Deutsche Sûdpolar Expédition » (21), comme aussi des maté- riaux de la deuxième mission antarctique française que j'étudie depuis deux ans, où je l'ai recherché en vain. CONCLUSIONS L'étude anatomique et morphologique du Phyllopus Turqueti Quidor que nous avons faite nous montre que : 140 SÉANCE DU 10 MARS 1914. 1° le spécimen décrit comme c? est une femelle. 2° le spécimen décrit comme Q doit être un stade copépodide. 3° ce Gopépode n'est pas un Phyllopus; ce genre appartenant à la famille des Arietellidœ, l'abdomen de la q de Phyllopus (Ex. : P. bidentalus Brady, P. impar Farran, P. helgœ Farran) a quatre segments et non trois comme le Gopépode de Quidor. 4° l'abdomen trisegmenté, l'antenne antérieure, les pattes natatoires, la cinquième patte de ce Gopépode le définissent comme un Metridiidœ et spécialement comme une Métridia ; 5° L'analomie du Phyllopus Turqueti Quidor est celle de Métridia Gerlachei que j'ai rencontrée en abondance dans les matériaux de la deuxième mission Charcot ; 6 9 le Phyllopus Turqueti Quidor 1906 (13) n'est autre que la Métridia Gerlachei Giesbrecht 1902 (11) ; 7° le nom de Phyllopus Turqueti Quidor 1906 doit donc être rayé de la systématique, tombant en synonymie avec Métridia Gerlachei Giesbrecht 1902. (Laboratoire de zoologie, Paris, Sorbonne, 24 février 1914). INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1883. Brady (G. Stew.). — Report on the Copepoda obtained by H. M. S. Challenger, during the years 1873-1876 (août 1883, in-4°, 142 p., 55 pi.). 11)08. Breemen (P. J. van). — a Copepoden » (Nordisches Planktôn, Siebente Lieferung, n° VIII). 1913. Cépède (C). — Nouveau montage microscopique permettant l'étude deux faces aux plus forts grossissements et suppri- mant les procédés spéciaux d'emballage (C. R. Ac. ScL, séance du 3 mars 1913). 1913a. Cépède (C). Morphologie comparée et systématique des Porcellidiidse antarctiques (Bull. Soc. Zool. France, XXXVIII, n° 7, 29 août 1913). 1905. Farran (G. P.). — Report on the Copepoda of the Atlantic Slope off Counties Mayo and Galway (Ann. Rep. Fis h. Ireland, 1902-1903, Pt. II, App. II). 1908. Farran (G. P.). — Second Report on the Copepoda of the Irish Atlantic Slope (Fisheries, Ireland Sci. Investing., 1906, II, 1908). 1888-1892. 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Wolfenden (R. N.) (1902). — (( Notes on the Copepoda of the North Atlantic Sea and the Faroë Channel » (J. Mar. Biol. Ass., Plymouth, VII, n° 1, April 1904). 1911. Wolfenden (R. N.). - - Die marinen Copepoden : IL Die pela- gischen Copepoden der Westwinddrift und des Sudlichen Eismeers; mit Beschreibung mehrerer neuer Arten aus dem atlantischen Ozean; mit Taf. XXII-XLI und 82 Abbildungen im Text (Deutsche Siidpolar Expédition, XII, Zoologie IV Bd., Heft IV). Séance du 14 mars 1914 PRÉSIDENCE DE M. CAULLERY, VICE-PRÉSIDENT. M. R. Blanchard s'excuse de ne pouvoir assister à la séance. M. Gépède remercie de son admission. M. J. de Payer invite les membres de la Société à venir visiter chez lui, jeudi 26 mars, à partir de 3 heures, 44, rue Pergolèse, l'exposition des travaux et collections de la première partie de la Mission arctique française. La maison Molteni fera à 5 heures la projection des photographies en couleur qui ont été rapportées de l'Arctique. MM. Pérard et Thévenin, présentés à la précédente séance, sont élus membres. LISTE DE NOMS GÉNÉRIQUES (TUNICIERS) proposés pour la liste officielle de noms zoologiques. Le secrétaire de la Commission internationale de la nomen- clature zoologique a reçu la communication suivante concernant les noms génériques des Tuniciers. Tous ceux que ce sujet intéresse sont invités à soumettre au secrétaire tous arguments pour ou contre la proposition en question. Selon les instruc- tions du Congrès international, le secrétaire doit faire connaître les propositions aux zoologistes au moins un an avant que la Commission ne prenne une décision sur l'acceptation, en raison de ses pleins pouvoirs de suspendre les règles. Selon les instructions du Congrès, une copie de cette note est envoyée simultanément, mais sans commentaires, aux publications suivantes : Bull. Soc. Zool. France, Monitore zoo- logico, Nature, Science, Zool. Anz. « Doliolum, Pyrosoma, Salpa, Cyclosalpa, Appendicularia et Frilillaria doivent être conservés .sans changement. « Les 12 zoologistes, soussignés, s'occupant de Tuniciers, sont d'avis d'accepter comme valables les 6 noms de genre de Tuniciers pélagiques précédents. Tous les zoologistes recon- naîtront que ces noms ont acquis pleinement droit de cité ; leur emploi n'a jusqu'ici jamais causé de confusion; ces genres sont des exemples courants en zoologie systématique, ils jouent un grand rôle dans l'embryogénie et occupent dans la géogra- SÉANCE DU 24 MARS 1914. 143 phie zoologique, l'étude du planktcn et fhydrogéographie une place importante. Leur changement causerait une grande perturbation. 1° Doliolum Quoy et Gaimard. 1834. — Doliolum a été établi par Otto en 1823 (N. Acta Ac. Leopold., XT, p. 313) pour un Pyrosome. probablement mangé par une Phronime. Doliolum a ensuite été bien décrit en 1834 par Quoy et Gaimard (Voy. Astrolabe, III, p. 599), et le nom est maintenant employé par tout le monde dans ce dernier sens. D'après les règles jusqu'ici admises, Doliolum devrait tomber en synonymie avec Pyrosoma, et, pour Doliolum. au sens actuel, il faudrait créer un nouveau nom. Le nom de la famille des Doliolidae devrait disparaître. 2° Pyrosoma Péron, 1804. — En 1804, Péron a décrit Pyrosoma (Ann. Mus. Paris, IV, p. 440), et, la même année 1804, Rory (Voy. îles Afr., I, p. 107, note) lui a donné le nom de Mono- phora. Il est difficile d'établir quel est le plus ancien de ces deux noms ; pourtant il paraîtrait résulter d'un passage de Quoy et Gaimard en 1824 (Voy. Uranie et Physicienne, p. 495) que le plus ancien est Monophora ; ils écrivent en effet : « Bory... avait donné le nom de monophore à un mollusque, qui depuis a été appelé pyrosome Péron ». Il est désirable de fixer pour toujours le nom de Pyrosoma. 3° et 4° Salpa Forskâl. 1775, et Cyclosalpa Blainville. 1827. - Ces deux noms de genre sont défendus par Iule en 1911 (Zool. ,4ns., XXXVIII, p. 585-589) et ont été adoptés par lui dans Das Tierreich (XXXVII, 1912 ; voyez aussi la note, p. 27, par P. E. Schulze). Nous croyons pouvoir nous contenter de ces indica- tions et nous permettons seulement de rappeler les notes contra- dictoires de Poche {Zool. Anz.\ XXXII. 1907, p. 106-109 ; XXXIX, 1912, p. 410-413). 5° Appendicularia Fol, 1874. — Appendicularia a été établi par Chamisso et Eisenhardt en 1820 (N. Acta Ac. Leop. X. (XI), p. 362, pi. xxxiv, fig. 4) pour une espèce arctique non recon- naissable. Fol, en 1874 (Arch. Zool. exp., III. notes, p. 49), a adopté ce nom de genre pour l'espèce tropicale Appendicularia sicula, qui est certainement distincte génériquement de l'espèce arctique, et depuis lors ce nom a été unanimement adopté dans ce dernier sens. Appendiculai ia devrait donc contenir une species incerta et, pour le genre Appendicularia contenant l'espèce sicula, il faudrait établir un nouveau nom. Le nom de l'ordre des Appendiculaires disparaîtrait. 6° Fritillaria Fol, 1874. — Quoy et Gaimard, en 1834 (Voy. Astrolabe, IV, p. 306), établissent le nom de Fritillaires (Fritil- 144 SÉANCE DU 24 MARS 1914. laria Huxley (1851, Phil. Tr. London, part 2, p. 595), Pritillaire C. Vogt (1854, Mém. Inst. gcnev., II, n° 2, p. 74), mais l'identi- Qent aussitôt avec Oikopleura Mertens, 1831. Pour sauver le nom de Fritillaria, Fol., en 1874 (Arch. Zool. exp., III, notes, p. 49), ïà employé dans un sens déterminé par lui, différent du sens primitif, et dans lequel il a acquis pleinement droit de cité. Fritillaria devrait tomber en synonymie avec Oikopleura el nécessiter une nouvelle appellation. » C. Apstein (Berlin), A. Borgert (Bonn), G. P. Farran (Dublin), G. H. Fowler (Aspley-Guise), R. Hart- meyer (Berlin), W. A. Herdman (Liverpool), .1. E. W. Ihle (Utrecht), H. Lohmann (Hamburg), W. Michael- sen (Hamburg), G. Neumann (Dresde), C. Ph. Slliter (Amsterdam), F. Todaro (Rome). Signé : C. W. Stiles, Secrétaire de la Commission. SUR TROIS ESPÈCES DE DEGEERIELLA NN PAR L. G. NEUMANN (de Toulouse). Dans son grand ouvrage sur les Pédiculines, Piaget (1) a compris dans le genre Goniodes Nitzsch quatre espèces qui sont loin de répondre à la diagnose de ce groupe et que l'on serait bien plutôt porté à rattacher au genre Degeeriella Nn. (= Nirmus Nilzseh). Les caractères des Goniodes ressortent, en effet, sous la forme suivante, d'après le tableau du genre que Piaget a donné (p. 7) : Antennes à cinq articles, différentes dans les deux sexes; chez le mâle, le premier article très développé, parfois avec un appendice ; le troisième toujours avec un appendice. Espèces larges, à corps arrondi ou ovale-allongé ; tempes généralement angulaires. Le dernier segment du mâle arrondi ou, dans un petit nombre de cas, formant deux pointes. Kellogg, dans ses Mallophaga (2) donne, pour Goniodes, des caractères génériques qui ne diffèrent, en aucun point impor- tant, du résumé fourni par Piaget. (1) E. Piaget', Les Pédiculines, 1880, pp. 261 et suiv. (2) V.-L. Kellogg, Mallophaga, Gênera Insectorum, dirigé par P. Wytsman, 66e fascicule, 1908. SÉANCE DU 24 MARS 1914. 145 Piaget a décrit son Goniodes spinosus exclusivement d'après le mâle, la femelle faisant défaut. Or, la description et la figure (pi. xxxi, fig. 7) du mâle montrent que ses antennes n'ont pas les caractères génériques ; ce sont aussi bien des antennes de femelle : le premier article n'est pas très développé et ne porte pas d'appendice ; le troisième, élargi à l'extrémité dans le texte, ne l'est pas dan^ la figure, et il est indubitable que, persuadé d'avoir affaire à un Goniodes, Piaget a cru y retrouver ce carac- tère générique essentiel. Deux autres espèces voisines, Goniodes complanatus Piaget et G. setosus Piaget, reposent exclusivement sur des femelles, les mâles seraient inconnus. Ces trois espèces proviennent de Tinûmus : la première, de T. iulius : la seconde, de T. obsoletus ; la troisième, de T. varie- gatus. Il semblait bien que Goniodes lipogonus Nitzsch se rapportait au même type et Piaget le soupçonnait d'être identique à son Gd. complanatus . Malheureusement la figure que Giebel en a donnée (1) est trop sommaire pour appuyer solidement ce rap- prochement ; la description ne renseigne pas avec plus de précision et Giebel dit, d'ailleurs, que les deux exemplaires étaient peu satisfaisants. Taschenberg (2) remarque que, parmi les espèces de Goniodes, il en est dont les tempes et l'occiput ne sont nullement saillants ni anguleux, mais bien arrondis comme chez les Nirnius, Docophorus et Lipeùrus, et chez lesquelles l'appendice du troi- sième article des antennes manque ou est à peine indiqué. Avec ces espèces, il forme un genre particulier (Strongylocotes). Il fait encore observer que les genres Goniodes et Goniocotes ne se distinguent que par la présence chez le premier, par l'absence chez le second, d'un appendice au troisième article des antennes. Les deux genres sont si voisins que, en l'absence de mâle, il est impossible de déterminer auquel des deux appartiennent les exemplaires femelles dont on dispose. Cette remarque si juste s'applique ailleurs qu'aux Mallophages et, en particulier, à plusieurs genres de Nématodes. Il serait évidemment plus logique de ne faire intervenir les caractères sexuels que pour l'établissement de sous-genres. On éviterait ainsi l'alternative si peu scientifique, ou de ne pas dénommer (1) C.-G. Giebel. Insecta Epizoa, 1874, p. 203. pi. xin. flg. 5. (2) O. Taschenberg, Die Mallophagen, Nova acta der Ksi. Leop.-Carol.-Deutscheu Akadernie der Naturforscher, xiv, n° 1, 1882, pp. 14 et suiv. 146 SÉANCE DU 24 MARS 1914. génériquement un lot sans mâle, ou de le nommer au hasard en attendant la rencontre des mâles. C'est ce qui est arrivé maintes fois pour des Lipeurus femelles qu'on a eu la mauvaise chance de mettre clans les Nirmus, et pour des Nirmus qu'on a nommés Lipeurus, et cela de la part de spécialistes éprouvés comme Giebel, Piaget, Taschenberg, Kellogg, etc. Sur ce point, une confusion instructive a été faite pour Goniodes lipogonus, établi par Nitzsch et décrit par Giebel, d'après deux femelles en mauvais état, recueillies en 1825 sur une dépouille sèche de Crypturus rufcscens. Or, Taschenberg, qui a repris l'étude d'une partie des matériaux de Nitzsch et Giebel, décrit de nouveau Goniodes lipogonus, et il trouve que l'espèce repose non sur des femelles, mais sur des mâles ; sa figure, plus complète et plus précise que celle de Giebel, le prouve en effet. Abstraction faite de l'erreur primitive de sexe, cette rencontre est une des meilleures démonstrations que l'on puisse désirer pour mettre en relief l'insuffisance du caractère tiré de l'antenne du mâle dans le genre Goniodes. On doit aussi en conclure que la forme lipogonus n'est pas un Goniodes. Pour sortir d'embarras. Taschenberg a employé le procédé simpliste et d'un usage si courant, qui consiste à « créer » un genre nouveau ; ce fut le genre Strongylocotes, réunissant les trois ou quatre espèces qui ne sont Goniodes ni Goniocotes, puisque les tempes ne sont pas anguleuses, mais dont le corps est large comme dans ces deux genres. Pour ce qui concerne la forme de la tête, il serait aisé de recueillir dans les Lipeurus et dans les Degeeriella (= Nirmus) des espèces affines de ces Strongylocotes, et c'est plutôt aux Degeeriella qu'il faudrait rapporter ces trois ou quatre Strongy- locotes, puisque ce sont des formes « homocères ». On peut aussi trouver dans les Degeerirlla des espèces à corps large : D. osymmetrica (Nitzsch), D. diseoeephala (Nitzsch), D. marginella (Nitzsch), I). paraboliceps (Piaget). D. quadrulata (Nitzsch), D. splendida (Kellogg); dans les Lipeurus : L. latus Piaget, L. brevis (Dufour), L. opimus Piaget. Il semble inutile d'insister sur la précarité du caractère générique tiré de la largeur ou de l'étroitesse de l'abdomen, bien que, en très* grande majorité, les Degeeriella et les Lipeurus aient le corps étroit. C'est plutôt dans la forme générale et dans les détails de la tête que l'on devrait chercher ces caractères. Le genre Strongylocotes n'a, d'ailleurs, pas été adopté et Kellogg a laissé dans les Goniodes les quatre espèces qu'il SÉANCE DU 24 MARS 1914. 147 réunissait. Ce sont: G. lipogonus Nitzsch, (i. spinosus Piaget, G. complanatus Piaget et G. setosus Piaget. Pour les raisons données plus haut, je trouve plus logique de les rapporter aux Degeeriella, et c'est sous ce nom générique (pie j'en parlerai dans ce qui me reste à en dire. Les quatre espèces ont un caractère commun, bien vu par Taschenberg : il consiste en ce que le premier segment de l'abdomen ne fait pas de saillie latérale, est confondu avec le deuxième ou n'est indiqué par des sutures qu'à la face dorsale; le deuxième segment est remarquablement long. Je ne connais Deg. spinosa que par la description de Piaget; mais j'ai examiné des préparations qui me permettent de ren- seigner sur Deg. complanata, Deg. setosa et Deg. lipogona, le second disparaissant comme synonyme du troisième. Degeeriella lipogona (Nitzsch) Neumann. 1866. Goniodcs lipogonus N., C. Giebel, Zeitschrift fur die gesammten Naturwissensclwften, XXVIII, p. 388. 1874. Goniodes lipogonus N., C. Giebel, Insecta epizoa, p. 203, pi. xin, fig. 5. 1880. Goniodes setosus E. Piapet, Les Pédiculines, p. 263, pi. xxi, fig. 9. 1882. Strongylocotes lipogonus 0. Taschenberg, Nova acta d. K. Leop.-Carol.-Deutsch. Akad. d. \aturforscher, XLIV, p. 57, pi. i, fig. 9. J'ai dit plus haut sur quel matériel cette espèce a été établie. J'ai dit aussi que, pour Piaget, son Goniodes complanatus « est peut-être le parasite que Nitzsch a baptisé Gd. lipogonus ». Taschenberg, qui a vu les deux spécimens types de Gd. lipo- gonus et qui, dans ce que Giebel avait pris pour deux femelles, a reconnu deux mâles, dit nettement que la supposition de Piaget n'est pas fondée, que l'espèce décrite par Giebel est plutôt très voisine de Gd. setosus Piaget et qu'il est même pos- sible que c'en soit le mâle. Le mauvais état des deux spécimens ne lui permet pas de se prononcer et il se borne à en donner la description et un croquis. La collection Hyslop (appartenant à AI. le professeur R. Blanchard) comprend deux préparations étiquetées simple- ment « rufus Tinamou », et dont l'une est un cf. l'autre une g . Gd. setosus a été établi sur une g provenant d'un Tinamus variegatus du Musée de Leyde. La g de la collection Hyslop correspond exactement à la description et à la figure de Piaget. 13 148 SÉANCE DU 24 MARS 1914. Le c? de même origine correspond exactement à la description et à la figure de Taschenberg. Il faut donc conclure que Gd. setosus est la q de Gd. lipogonus ; que, par priorité, lipogonus est le nom scientifique, et que, par ce qui a été dit, l'espèce doit être dénommée Degeeriella lipogona (Nitzsch). Degeeriella complanata (Piaget) Neumann. 1880. Goniodes complanalus E. Piaget, Les Pédiculines, p. 262, pi. xxi, fig. 8. 1882. Strongylocotes complanatus 0. Taschenberg, Nova acta d. K. Leop.-Carol.-Deutsch. Akad. d. Naturforscher, XLIV, p. 56, pi. i, fig. 7. Parmi les trois espèces de ce petit groupe, celle-ci est bien caractérisée par la forme générale de la tête, par 1' « appendice » médian, foncé, rétrograde de la bande antennale. Cette espèce a été établie d'après une q recueillie sur un Tinamus obsoletus du Jardin zoologique de Rotterdam. La description en a été complétée par Taschenberg d'après un c? provenant de Tinamus rariegatus. J'en possède : 1° une Q recueillie par Gôldi, sur un Tinamus obsoletus ; 2° 3 cf et un jeune, réunis en une préparation étiquetée « 1888. P. S. de Magalhaes. Rio de Janeiro. Pou d'Oiseau »), faisant partie de la collection R. Blanchard ; 3° 2 cf et 3 q , en une préparation de la même collection, étiquetée « Oiseau de forêt (sorte de Râle). Bas Obispo. Panama ». Ces deux derniers lots, en pré- parations défectueuses, ont été remontés et leur identification devenue certaine ; ils proviennent très probablement de Tina- mous. Ils portent à croire que D. complanata est la forme la plus commune chez ces Oiseaux. LA FAUNE COPÉPODIQUE LIBRE DES RÉGIONS ANTARCTIQUES I. — Les espèces pélagiques PAK Casimir CÉPÈDE Depuis deux ans, j'étudie au laboratoire de zoologie de la Sorbonne les récoltes de Copépodes libres de la deuxième mis- sion antarctique française dirigée par le docteur J. Charcot. Ces récoltes m'ont été confiées par MM. les professeurs Bouvier et Joubin, du Muséum d'histoire naturelle, et furent effectuées par MM. Gain et Liouville, naturalistes de l'expédition. SÉANCE DU 24 MARS 1914. 149 Les conditions de travail excellentes dans lesquelles j'ai pu poursuivre ces longues recherches m'ont permis une étude très approfondie de ces beaux matériaux. Et je désire remercier publiquement ici MM. les professeurs Delage et Hérouard de la large hospitalité dont ils m'ont fait bénéficier avec la plus grande libéralité. J'associe dans ce témoignage de reconnais- sance mes collègues et amis du laboratoire de zoologie de la Sorbonne, en compagnie desquels le travail est un vrai plaisir. * * * J'ai accordé déjà à ces matériaux copépodiques de l'Antarc- tique deux notes qui ont transformé quelque peu, comme on va le voir, la liste des résultats acquis par la première mission antarctique française (Expédition du Français) et ceux de l'expédition antarctique allemande (Deutsche Sùdpolar Expé- dition) (1). Dans la présente note, je désire préciser la synthèse actuelle de nos connaissances sur la faune copépodique pélagique des régions antarctiques. Les résultats de la première mission antarctique française dirigée par le D r Jean Charcot, revus et critiqués par moi en ce qui concerne les Copépodes libres, se résument donc, après ma première note sur ce sujet et à la suite de la présente, comme suit (2) : RÉSULTATS DONNÉS PAR QUIDOR 1900 : (1) Calanus propinquus (Brady); [P.]. (2) Euchaeta antarctica (Giesbrecht); [P.]. (3) Harpacticus hrevicornis (O.-F. Muller); [L]. (4) Phyllopus Turqueti (Quidor); [P.]. (5) Porcellidium Charcoti (Quidor); [L.]. (6) Porcellidium affinis (Quidor); [L.]. RÉSULTATS ACQUIS APRÈS MES ÉTUDES CRITIQUES : (1) Calanus propinquus (Brady) [1883]; [P.]. (2) Euchaeta antarctica (Giesbrecht) [1902]; [P.]. (1) C Cépède. Morphologie comparée et systématique des Porcellidiidœ ant- arctiques (ce Bulletin, XXXVIII, n° 7, 29 août 1913, p. 204-211. C Cépède. Considérations morphologiques sur Phyllopus Turqueti Quidor, 1906, Coptpode pélagique récolté par le « Français » (ce Bulletin, p. 128). (2) P.] = pélagique; [L.] = littoral. 150 SÉANCE DU 24 MARS 1914. (3) Harpacticus brevicornis (O.-F. Millier) [1792]; [L.]. (4) Metridia Gerlachei (Giesbrecht) [1902]; [P.]. (5-6) Porcellidium Charcoti (Quidor) [1906]; [L.]. * * * Si nous comparons les résultats des diverses expéditions antarctiques antérieures à celles du Pourquoi-Pas, nous pou- vons établir pour les Copépodes libres le tableau suivant destiné à remplacer celui si complet, mais très légèrement inexact, dressé tout récemment par Wolfenden (1911), qui a pris en considération, sans les critiquer, les résultats de Quidor (1906) et Brady (1910). 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 COPEPODES OBSERVÉS Aetidius giesbrechti AlloiorJiabdus austrinus.. . . Alloiorh abdas médius.. Amallophora impar Amallophora magna Amallophora sùbbf'evicornis , Arietellus setosus Augàptilus antarcticus Augaptilus cornutus Bathycalanus marinms . . . . Bradyidius arma tus Calanus acutus. Calanus propinquus . ...... Calanus simillimus Calanus tonsus Chiridirlla atlantica Chiridius polaris Chirundina antarcticd. Cephalophanes frigidus Clausocalanus arcuicornis.. . Ctenocalanus vanus Corycaeus speciosus m 05 < + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + es w > o o 03 + + + + + + O H m + ce + + + SÉANCE DU 2'l MARS 1914. 151 COPEPODES OBSERVES « 23 Drepanopsis frigidus 24 Ectinosoma aMarcticum . . 25 Eucalanus elongatus 26 Euchaeta antarctica 27 Euchaeta austrina 28 Euchaeta similis 29 'Euchirella elongata 30 Euchirella rostromagna 31 Faroclla antarctica 32 Faroella minor 33 Gaidius major 34 Gaidius teuuispinus 35 Gaetanus antarcticus 36 Haloptilus ocellatus 37 Haloptilus spiniceps 38 Heterorhabdus loagicornis . . 39 Labidocera acutifrons 40 Lucicutia atlantica 41 Lucicutia uuritii 42 Lucicutia frigida 43 Lucicutia grandis 44 Megacalanus princeps .... 45 Mesogaidius intermedius .... 46 Mesogaidius maximus 47 Metridia curticauda 48 Metridia gerlachei 49 Metridia princeps 50 Microcalanus pusillus 51 Monstrilla conjunctiva 52 Oithona frigida 53 OitJiona similis 54 Oncaea conifera 55 Oncaea curvata ... 56 Oncaea notopus /. < S > u w H < a 03 < y > (/} X -< w o < > o o M O J W m < Q + + + + + + + + + + + + + + + + + + + 4- + + + 63 24 19 3 {Laboratoire de zoologie. — Paris, Sorbonne, 24 février 1914). INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1913. Cépède (C). — Morphologie comparée et systématique des Porcellidiidae antarctiques (Bull. Soc. Zool. France, XXXVIII, n° 7, 29 août 1913). 1914. Cépède (G). — Considérations morphologiques sur Phyllopus Turqueti Quidor 1906, Copépode pélagique antarctique récolté par « le Français » (Bulletin Soc. Zool. France, XXXIX, n° 3, avril 1914). 1902. Giesbrecht (W.). — Expédition antarctique belge « Belgica » Copepoden (49 p., 13 pi.). 1906. Quidor (A.). — Expédition antarctique française « Français ». Copépodes (18 p., 3 pi.). 1908. Wolfenden Norris. — Copepoda of the National Antarctic Expé- dition. Natural History (IV, Zoology, n° 8, British Muséum, 1908). 1911. Wolfenden Norris. — Die marinen Copepoden : II. Die pela- gischen Copepoden der Westwinddrift und des sudlichen Eismeers ; mit Beschreibung mehrerer neuer Arten aus dem atlantischen Ozeun; mit Taf. XXII-XL'I und 82 Abbildungen im Text (Deutsche Sùdpolar Expédition, XII, Zoologie IV Bd. Heft IV). SÉANCE DU 24 MARS 1914. 153 UNE TOURBIÈRE SOUS-MARINE GOMME MILIEU BIOLOGIQUE PAR P. DE BEAUCHAMP, Préparateur à la Faculté des sciences de Paris. On connaît, sur notre littoral de la Manche et de l'Océan, de nombreux exemples de tourbières actuellement couvertes par les eaux de la mer et accessibles seulement aux marées basses plus ou moins fortes; elles sont en général envisagées, bien qu'une certaine école géologique émette aujourd'hui des doutes sur ce point, comme la preuve d'un affaissement récent du littoral. Sur la côte N. du Finistère en particulier, des formations de ce genre sont très communes et ont été maintes fois signalées; je ne rappellerai ici que les données de Pruvot (1) relatives surtout à la région de Santec, et l'étude détaillée faite par Gayeux (2) d'une tourbière située près de la pointe de Primel. Un grand nombre sont portées sur la carte géologique au 80.000° de la région (feuille de Lannion, due à Barrois); mais, par une omission assez curieuse, celle sur iaquelle je voudrais aujourd'hui appeler l'attention n'y figure pas, bien que ce soit la seule visible de loin et sans fouilles. Je lui consacre, en appen- dice à mon ouvrage actuellement sous presse dont j'ai publié ici-même le résumé préliminaire, la présente note, parce que quelques-unes de ses particularités attireront peut-être l'atten- tion d'un géologue compétent, et parce qu'à ma connaissance les tourbières sous-marines n'ont jamais été envisagées au point de vue du substratum qu'elles offrent aux êtres vivants actuels. Or un milieu aussi restreint et aussi spécial, ouvert au peuple- ment à une date assez récente, nous fournit, par le simple inventaire des biotes qu'il renferme, de précieuses notions sur les causes de leur répartition. Sur la côte étendue de l'embouchure de la rivière de Morlaix à la pointe de Primel, à mi-distance entre celle-ci et l'anse de Terrénès à laquelle M. Zacus et moi consacrons d'autre part (1) G. Pruvot. Essai sur les fonds et la faune de la Manche occidentale (Arch. Zool. exp. (3), V, 1897). (2) L. Cayeux. Les tourbes immergées de la côte bretonne dans la région de Plougasnou-Primel {Bull. Soc. Géol. France (4), VI, 1906). I.V, SÉANCE DU 24 MARS 1914. une étude actuellement sous presse dans les Mémoires de la Société, s'ouvre vers le N.-VV. une petite baie relativement pro- fonde qui ne porte pas de nom particulier sur la carte marine. Elle est limitée à l'E. par la pointe Annalouesten, à l'W. par une saillie granitique beaucoup plus courte que complète l'écueil, rattaché à elle aux basses mers exceptionnelles, des Roches Jaunes. Gomme dans toutes les anses similaires, le fond en est occupé par une levée de galets presque droite qui la sépare d'un thalweg bas: le petit ruisseau insignifiant qui les traverse se perd dans la plage. Celle-ci s'étend en pente douce au-dessous des galets, formée d'un sable assez fin et uni, sans FlG. 1. Banc de tourbe de l'anse des Roches Jaunes; au sommet, touffes de Fucus platy- carpus Thur.; au premier plan, au-dessus du sable, morceau de bois en place. rochers saillants, sauf près des extrémités. Ce sable est très peu habité; on n'y remarque guère, même aux marées assez fortes, que des tortillons espacés d'Arénicoles, et, le long des rochers en question, des tubes sableux de Jolinstonia clymenoides Quatrefages. Ce Clyménien assez particulier, et commun dans ces conditions, remplace là les Hermelles auxquelles il se mêle à l'E. de Primel; de petits Tapes puïlaster (Montagu) sont parfois mêlés à ses encroûtements comme à certains autres. SÉANCE DU 24 MARS 1914. 155 Au-dessus de cette surface unie s'élèvent de véritables bancs de tourbe dure et craquelée, dont la saillie par rapport au sable atteint 70 à 80 cm. et qui portent à leur surface un revêtement, d'ailleurs assez maigre, de Fucus; la photographie ci-joint en montre suffisamment l'aspect de près. A l'inverse des autres tourbières de la région, qui sont enterrées sous le sable marin et ne se décèlent (pas toujours) à la surface que par quelques plaques sans saillie, celle-ci a donc été dénudée et sculptée par la mer, ce qui a permis l'implantation à sa surface des Algues dont nous reparlerons. Bien entendu, une partie, dont on ne pourra connaître l'importance que par des fouilles méthodiques, est néanmoins dissimulée de cette façon, et, d'autre part, l'étendue des parties saillantes doit varier assez rapidement par le fait de l'abrasion et de l'ensablement; il faut s'attendre à la trouver complètement modifiée d'ici quelques années. Dans l'état actuel des choses, tel que je l'ai noté le 14 sep- tembre 1913, il existe trois îlots principaux de tourbe visible. Le plus grand est situé dans la partie \V., il a à peu près 35 m. de long, dans le sens de la longueur de la plage, sur 16 m. de large; sa partie la plus basse se trouve à une hauteur, calculée d'après la méthode de Pruvot, d'environ 3 m. 60 ou 3 m. 70 au- dessus du des cartes marines; mais cette partie est ensablée et ne montre plus que de petites plaques grisâtres et sans saillie comme celles dont nous parlions tout à l'heure. La partie haute remonte à peu près à 1 m. 50 au-dessus, dépasse par conséquent la hauteur de 5 m. au-dessus du 0. Immédiatement à l'E. de cette masse s'en trouve une autre beaucoup plus petite, et vers le bout oriental de la plage une troisième légèrement inférieure comme taille à la première. Toutes sont à peu près au même niveau. Dans son ensemble, abstraction faite des plaques isolées en apparence qui lui sont certainement reliées au-dessous du sable, chaque tourbière se présente comme un plateau à surface supé- rieure sensiblement parallèle à la sienne, terminé par un rebord abrupt (phot.), mais creusé de rigoles et cuvettes sinueuses également à bords droits; tous les angles sont d'ailleurs arrondis et les parois gondolées, et l'on ne saurait mieux comparer l'aspect général qu'à celui des « lapiaz » et formes d'érosion analogues des plateaux calcaires. Des craquelures dans tous les sens partagent souvent la masse. Le sable peut s'amasser dans les creux, mais il ne couvre la surface que d'une couche imper- ceptible retenue par les filaments d'Algues dont nous allons 156 SÉANCE DU 24 MARS 1914. parler, suffisante néanmoins pour éclaircir la teinte par rapport au brun noirâtre des flancs dégagés. La tourbe elle-même est homogène et compacte dans toute l'épaisseur qui fait saillie sur le sable; je n'ai pu procéder à des fouilles qui révéleraient peut-être une alternance de lits sableux et tourbeux analogue à celle que décrit Cayeux de l'autre côté de la pointe de Primel. En tous cas, elle n'est pas elle-même mélangée de sable comme les couches supérieures de cette station. Les 10 ou 20 cm. superficiels ne renferment jamais de grosses inclusions ligneuses, mais offrent par place une structure feuilletée très nette; elle semble témoigner d'un dépôt de débris végétaux effectué dans une eau tranquille, car les fragments d'écorce et les grandes feuilles blanchâtres de Roseaux (Phragmites) qui la composent en grande partie sont tous étalés dans le plan horizontal. Comme autres conclusions, nous y signalerons de nombreux débris d'Insectes, des élytres de couleur brillante notamment, fort bien conservés. La partie sous-jacente paraît plus homogène, en dehors des morceaux de bois en fort bon état qu'elle renferme. On en voit un en place sur la photographie, mais il en est de beaucoup plus gros. J'ai mis à nu en un point une superbe bille longue de près d'un mètre sur environ 50 cm. de diamètre, couchée horizontalement, dont un flanc émergeait assez sur une paroi verticale pour que des Fucus s'y fussent accrochés. Son écorce était assez altérée, et à la partie supérieure la démarcation avec la tourbe amorphe et noire était surtout marquée par la teinte rouge très accentuée que possédait encore le bois dans toute son épaisseur. La chose est nettement visible sur un cliché auto- chrome que j'ai projeté devant la Société le mois dernier. Le reste de la pièce de bois était au contraire dans un parfait état de conservation, et l'échantillon que j'en ai gardé serait impos- sible à distinguer d'un débris contemporain de la même essence (1) desséché depuis quelque temps. Sa couleur rouge a persisté un peu pâlie, sa dureté est encore considérable et il flotte normalement sur l'eau. Je signale encore un fait intéressant qui serait à vérifier et à généraliser : il m'a paru que, si ces gros morceaux n'avaient pas subi de déformation sensible, toutes les petites branches isolées et les fruits (noisettes) qu'on rencontre également avaient subi un aplatissement très sensible dans le plan horizontal, qui semble indiquer une pression considérable exercée par des (1) Un examen histologique sommaire m'a montré qu'il s'agissait d'un Conlfère. SÉANCE DU 24 MARS 1914. 157 couches de sédiment aujourd'hui complètement disparues. Ceci ne doit pas étonner, car il existe non loin de là, dans l'arrière- fond de la baie de Terrénès notamment, des amas de sable et de galets, paraissant d'origine lluviale et récente, de plusieurs dizaines de mètres de puissance. En somme, bien que toutes ces inclusions soient bien connues dans les tourbières de la région (voir Gayeux), celle de l'anse des Roches Jaunes paraît exceptionnellement favorable pour l'étude paléozoologique et paléobotanique, et une étude approfondie en fournirait sans doute des données précieuses sur l'histoire pléistocène de la région. Passons aux biotes contemporains qui sont le sujet principal de cette étude. Les premiers qu'on aperçoive sont les Fucus, insérés, nous l'avons dit, sur le plateau supérieur et sur les parties saillantes des parois. Ils appartiennent exclusivement aux F. platycarpus Thuret et vesiculosus L. Je n'ai vu ni Peluetia ni Ascophyllum ; il faut dire d'ailleurs que la baie, largement ouverte en somme au vent dominant, représente une station assez exposée où ces biotes d'eau très tranquille ont le droit de manquer. Leurs frondes atteignent 20 ou 30 cm. de long, mais les formes plus jeunes sont abondantes, surtout sur le dessus. Ils témoigent, en tous cas, de la lenteur relative de l'abrasion de la tourbe. Les Entéromorphes filamenteuses forment des paquets par place, et surtout un gazon très ténu à la surface, qui retient des grains de sable. Dans les parties les plus basses apparaît le feutrage analogue, si caractéristique des rochers un peu ensablés, formé par la Floridée Rhodocorton lloridulum (Dillw.) et bordé à la partie supérieure suivant la règle par de petites frondes de Laurencia pinnati[ida (Gmehn) (voir ce Bulletin, p. 35). Dans les cuvettes qui gardent un peu d'eau s'établit un gazon plus développé de Cladophoracées. Sur les gros cailloux, en général arrondis en galets, qui jonchent çà et là la tourbière, on observe des Chthamales, des Patelles, des Actinia equina (L.); je n'ai jamais trouvé les uns ni les autres fixés sur la tourbe même. Enfin les plaques isolées en apparence, affleurant à peine la surface, sont entourées d'une couronne brunâtre de la Floridée membraneuse Porphyra laciniata (Lightf.) qui s'insère sur elles au sein môme du sable, comme le sont tous les rochers enterrés de la même façon sur cette plage et beaucoup d'autres. Nous arrivons aux animaux fouisseurs, dont les plus remar- quables sont, bien entendu, les Annélides Polychètes, d'une 158 SÉANCE DU 2\ MARS 1914. abondance aussi grande, malgré la compacité du milieu, que celle qu'elles offrent dans la vase des herbiers ou dans certains schistes pourris. Un coup de pioche dans la tourbe feuilletée de la surface la montre lardée, .parallèlement à ses strates, de galeries reliées et ouvertes au dehors par des trous perpendi- culaires, qui atteignent 7 ou 8 mm. de diamètre. Le tout est fréquemment doublé d'une mince couche de sable, et certains orifices (Jolinstonia, sans doute Pygospio) sont prolongés au dehors par des tubes sableux accolés à la tourbe comme on en observe le long des rochers voisins. L'inventaire des Annélides. pour lequel j'adresse tous mes remerciements à mes amis E. Regnard et I. Zaciis qui ont bien voulu revoir et compléter mes déterminations, a fourni les espèces suivantes : Nercis (Perinereis) cullfi$eva Grube. :V. 'Perinereis) Marioni Aud. et Edw. Eulalia viridis (Millier). Nem.atonere.is unicornis (Grube). Typosijllis proliféra Krohn. Pohjdora flava Claparede. Pygospio seticornis (OErstedt). Johnstonia clymenoides Quatrefages. Terebella (f^eprasa) lapidaria (L.). Ces Annélides ne se rencontrent que dans les 20-30 cm. super- ficiels, ne pénètrent pas plus loin. En dehors d'elles, la faune est relativement pauvre; des fragments concassés et laissés dans une cuvette d'eau de mer, où d'ailleurs aucune pourriture ne s'observe grâce aux propriétés antiseptiques de la tourbe, quoique les animaux n'y vivent pas longtemps, on ne voit guère sortir en quelque abondance que le Tanaïsacé Apseudes talpa (Mont.); en dehors de lui je n'ai observé qu'un petit Prostoma [Ném.] et quelques Ostracodes que je n'ai pas eu le loisir de déterminer. Faisons remarquer en passant la totale absence dans les mor- ceaux de troncs, même affleurant la surface, des espèces perfo- rantes {Teredo, Limnoria) qui envahissent en quelques mois toute pièce de bois récent immergée dans l'eau de mer. On doit sans doute l'attribuer aussi à 1'împrégnation par les matières h u iniques. Quels sont les caractères généraux de cette faune? Aucune des espèces qui la composent n'est spéciale, ni même très rare. Apseudes est une forme banale dans les herbiers sablo-vaseux comme dans les Gystosires; parmi les Annélides on peut dis- SÉANCE DU 24 MARS 1914. 159 tinguer deux groupes : celles qui se rencontrent surtout dans des agglomérations formées par d'autres êtres vivants, Moules, Hermelles, Algues calcaires (Nereis Marioni (1), Eulalia viridis, Nematonereis unie omis...), et celles qui hantent de préférence les interstices des blocs et les fentes du rocher en décomposition (Nereis cultrifera, Terebella lapidaria, Johnstonia clyme- noides...). Encore ces deux catégories sont-elles mal séparées entre elles et vis-à-vis des herbiers, comme le montre l'étude détaillée que Zachs et moi publions d'autre part sur les petits herbiers, situés à un niveau comparable à celui de notre tour- bière, de l'anse de Terrénès, où se retrouve un bon nombre de leurs constituants; un rapprochement entre les deux faciès est intéressant, mais montre la pauvreté beaucoup plus grande du présent en espèces, sinon en individus. En somme, les conditions qui ont « séduit » les espèces immi- grantes lors du lotissement assez récent de cette « place vide » sont sans doute les suivantes : substratum très résistant vis-à-vis des flots, mais facile à perforer dans certaines directions, comme les schistes pourris, spongieux et retenant l'humidité à marée basse comme les vases couvertes d'herbier, renfermant des particules organiques assimilables comme celles-ci et les asso- ciations encroûtantes (2). Par contre, la compacité relative de la masse a dû décourager beaucoup d'espèces du sable et de la vase, et probablement les principes chimiques qui l'imprègnent en éloigner d'autres. Le niveau est d'ailleurs trop élevé, ce qui implique des variations étendues de température et de salinité même dans le sein de la tourbe, pour que l'association si variée des petits animaux qui s'observe dans les feutrages ou les encroûtements d'Algues un peu plus bas ait pu se constituer. (1) Cette espèce, identique à la Nereis lovqipes de S* Joseph, a été signalée par Regnaed {Mém. Soc. Zool. France, XXVI, 1913, p. 106, sur des échantillons de cette provenance. Elle n'était connue dans la région que des blocs d'Hermelles. (2) Je dirai ailleurs que j'attribue l'abondance considérable du Sipuvculus pudus L. en un point très limité de la plage de Locquémeau, alors qu'il est très clairsemé sur le reste de celle-ci et les plages analogues, aux particules tourbeuses qui se mêlent au sable à cet endroit. 160 SÉANCE DU 24 MARS 1914. LES GISEMENTS DE TOURBE SOUS-MARINE MILIEUX BIOLOGIQUES PAR Casimir CEPEDE. Les intéressantes observations que M. de Beauchamp vient de présenter à la Société zoologique de France sur la faune et la flore des tourbières sous-marines bretonnes me remettent en mémoire celles que j'ai rassemblées moi-même sur les tourbières du Boulonnais et du Galaisis. Je remercie M. Gaullery, prési- dent de séance, de m'en avoir demandé la rédaction. Ces tourbières ou forêts sous-marines du Boulonnais et du Galaisis s'observent en divers points de la côte. En particulier, elles existent au sud de Boulogne jusque vers la Canche, et il n'est pas rare de trouver à la côte des galets de tourbe souvent perforés par des Pholades ou des blocs assez volumineux arra- chés au fond marin par les Ilots, comme à Dannes-Camiers ou à Equihen notamment. Au nord de Boulogne, nous citerons d'abord quelques gisements : Celui du Casino de Wimereux, situé à la base du perré de protection de cet établissement, et dans lequel j'ai récolté à plusieurs reprises des noisettes, noircies par la fossilisation, mais admirablement conservées; Celui de l'Hôtel de la Manche, beaucoup plus dans la mer, et où j'ai vu à maintes reprises des troncs ou des branches latérales très grosses couchées sur la tourbe ou sur la glaise wealdienne (ou aptienne) sous-jacente; Celui de la Poinle-aux-Oies, situé en face du laboratoire de Wimereux et débordant au nord et au sud l'ancien perré de protection du laboratoire. La construction du mur en gradins système de Murait au sud et celle de la digue de Wimereux- Ambleteuse au nord ont masqué en assez notable partie ce beau gisement géologique pléistocène; Celui de Wissant, situé en face de la plage du même nom et dans lequel j'ai noté encore des noisettes rappelant celles que j'ai rencontrées dans les autres gisements. J'étudierai successivement l'âge de ces forêts « sous-marines », les quelques fossiles que j'y ai observés, les débris d'industrie SÉANCE DU 24 MARS 1914. 161 humaine qu'ils renferment et qui permettent de les dater, et les organismes actuels qui s'y sont établis depuis l'envahissement de la mer et que nous pouvons y noter aujourd'hui. Age de ces forêts sous-marines. — Les débris que j'ai observés dans ces gisements me permettent de penser qu'ils sont contemporains les uns des autres. Ce point est important à préciser, car les travaux de H. Rigaux (1) sur les tourbières de Wissant ont montré à cet observateur de très beaux instruments en bronze et des poteries très bien conservées qui les classent, selon l'auteur, comme beaucoup plus récentes que celles du Boulonnais. Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette chronologie des dépôts. A ce point de vue, la forêt sous-marine de la Pointe-aux-Oies est de beaucoup celle que j'ai le mieux étudiée. Dans un travail antérieur (2), j'ai noté qu' « à la plage (Pointe-aux-Oies), dans un sondage en vue d'établir le perré de protection du laboratoire, j'ai trouvé au-dessus de la tourbe néolithique de la Pointe-aux- Oies, un os de Mammouth », un os de Cétacé, « en com- pagnie d'autres ossements de Vertébrés et de coquilles d'eau douce (Succinées), de carapaces d'Ostracodes et de coquilles terrestres (Hélix nemoralis). Ces fossiles étaient sur la berge de l'antique rivière qui s'étendait entre la Bassure de Baas et la côte actuelle ». La présence d'un os de Cétacé que je n'ai pas cité dans cette note peut montrer qu'à ce moment la rivière avait déjà subi les incursions de la mer du Nord qui, on le sait, et Hamy (1899) (3) l'a bien précisé, formait antérieurement un golfe à l'ouverture septentrionale du Pas-de-Calais actuel où elle recevait les eaux de l'antique Liane, — grossie sur son par- cours par la Slack et le « Wasconengawla » des Romains, le Wimereux d'aujourd'hui, — et qui possédait un cours inférieur marécageux où se développaient les luxuriantes forêts aujour- d'hui submergées (4). « Juste au-dessus de ce niveau et à l'endroit même où le sable tourbeux, noirâtre de la berge, assez riche en humus et mon- (1) Rigaux {H.). La plage de Wissant au point de vue archéologique (Ann. Soc. Gêolog. du Nord, XXVIII). (2) Cépède (C). Le début de la formation des Dunes du Bas-Boulonnais. Impor- tance de la Préhistoire pour la stratigraphie du Quaternaire (Bull. Soc. Acad. Boulogne, IX, 12 pages). (3) Hamy (E.-T.). Bou'ogne dans l'antiquité : 1. Le Boulonnais préhistorique (in : Boulogne-sur-Mer ci In région boulonnaise. Ouvrage offert aux Membres du Congrès de l'Assoc. française pour Vavancemenl des sciences, tenu à Boulogne- sur-Mer en 1899, p. 3). (4) Voir aussi à ce sujet l'intéressante carte des sondages de Renaud. 162 SÉANCE DU 24 MARS 1914. trant des coquilles terrestres d'eau douce, laisse la place au sable blanc, j'ai trouvé des débris de poteries sûrement postnéo- lithiques... ». Ces deux niveaux, tourbe néolithique et gisement à Gétacé et poteries postnéolithiqùes, étaient séparés par une grande épaisseur de sable vert qui donnait à l'eau d'infiltration de la dune une belle couleur glauque tirant sur le jaune. Hamy a noté l'existence de ces forêts sous-marines et mon appréciation de leur âge confirme exactement celle qu'il a don- née. « Cette forêt submergée, dit-il, est encore bien visible après les grands coups de vent de S.-O., à la Pointe-aux-Oies, par exemple, au nord de Wimereux et à Wimereux même. J'ai vu encore debout sur l'estran des troncs d'arbres énormes. Une forêt semblable couvre les approches de Wissant entre le Banc à Laine et le rivage ». Et le regretté collaborateur de de Quatrefages pour les Crama ethnica donna en 1888, dans la Revue d 1 Anthropologie (1), l'étude du crâne de l'Homme néanderthaloïde qui « a vécu en même temps qu'un Cheval et qu'un Bœuf, sur les bords de cette espèce de lagune, et la hache polie, caractéristique de la nou- velle période préhistorique (néolithique), ajoute-t-il, s'est parfois rencontrée dans les amas tourbeux au pied des arbres de la forêt sous-marine ». Dans son intéressante étude sur la géologie du Boulonnais (1899). Gosselet- (2) a signalé ces forêts littorales. « Dans plu- sieurs points de la côte boulonnaise, on trouve sur la plage des troncs d'arbres en place présentant encore leurs racines qui irradient autour du tronc. On peut les observer à l'embouchure du Wimereux et près de Wissant ». Mais réminent géologue, trompé par des apparences et n'ayant pas été aussi bien servi que nous par l'état des gisements, a dit à tort qu' « à Wimereux. les racines reposent sur du sable et sont recouvertes de sable. Il est probable que la faible couche de terre végétale sur laquelle l'arbre avait poussé a été enlevée par le retour de la mer ». En réalité, à Wimereux, à la Pointe-aux-Oies, comme à Wissant, les arbres reposent sur un lit tourbeux. Day (1866) a trouvé un os d'Aurochs rempli de sable avec coquilles fluviatiles (1) Hamy (E.-T.). Notice sur les fouilles exécutées dans le lit de la Liane en 1887 pour l'établissement du nouveau viaduc du chemin de fer (Rev. Anthro- pologie (3), III, p. 257-271, 1888). (2) Gosselet (J.). Aperçu général sur la géologie du Boulonnais (in : Boulogne- sur-Mer et la région boulonnaise, II, p. 442. Ouvrage offert aux Membres du Congrès de l'Assoc. française pour l'avancement des sciences, tenu à Boulogne-sur- Mer en 1899). séance du 24 mars 1914. 163 dans le gisement ^vjssantin (1). Dans une étude de la coupe donnée par Day (1866) (2), et rééfudiée successivemenf par Maurois 1880) (3) et par H. Rigaux (1899) (4), on constate, dit Gosselet. « sur l'argile aptienne, un banc de silex usés que Day considère comme identique à celui de Sangatte. bien que les silex y soient beaucoup moins roulés; puis une petite couche de sable vert correspondant peut-être aussi à celle de. Sangatte ». Au-dessus de ces dépôts la tourbe apparaît en deux lits super- posés séparés par une faible couche sableuse. Nous avons observé ce phénomène à la Pointe-aux-Oies et nos recherches ayant été faites sur des matériaux en place infirment certains des résultats de H. Rigaux et appuient partiellement l'interpré- tation des auteurs antérieurs. Dans le lit inférieur, de Om. 30 à m. 50 d'épaisseur, H. Rigaux n'a pu découvrir à Wissant aucun débris archéologique ; au contraire, il a rencontré dans le lit supérieur des restes de foyer de l'âge du bronze, de nombreux ossements, des coquillages et des poteries néolithiques. « Ces débris, dit Gosselet, retombant sur le banc tourbeux inférieur, ont été attribués à tort à ce dernier. Ces tourbes modernes de Wissant ne sont guère que du sable mélangé de matière tourbeuse ». Dans leur brochure extraite du « Livret-Guide publié à l'oc- casion du VIII e Congrès géologique international en 1900 », Mi nier-Chalmas et Pellat écrivent : « Forêt sous-marine de la Pointe-aux-Oies. N° 23 (III). Nous signalons encore la forêt sous-marine de la Pointe-aux-Oies où l'on compte (en 1900) une vingtaine d'arbres en place. On y trouve de nombreux silex taillés et des poteries de l'âge de la pierre polie (5). Cette forêt n'est visible qu'à basse-mer, lorsque les sables actuels ont été balayés par un coup de mer ». Souvent, au cours de nos bonnes conversations sur la préhis- toire de la région, Alfred Giard m'a déclaré que Rétencoirt, si passionné pour la biologie boulonnaise au sens le plus large, (1) Day (H.). On an ancient beach and a submerged forest near Wissant (Geolog. -!iihe Nomenclator zoologicus of S. H. Scudder. Compiled... by Charles Owen Waterhouse and edited by David Sharp. London, 1902, 8°. 16* 196 SÉANCE DU 28 AVRIL 1914. d'animaux. Exemple : Trichina Owen, 1835, Nématode, est rejeté comme homonyme de Trichina Meigen, 1830, Diptère. Art. 35. — Tout nom spécifique est rejeté comme homonyme, quand il a été employé précédemment pour quelque autre espèce du même genre. Exemple : Tœnia ovilla Rivolta, 1878 (n. sp.), est rejeté comme homonyme de Tœnia ovilta Gmelin, 1790. Quand, par suite de la réunion de deux genres, deux animaux ayant le môme nom spécifique ou subspécifique se trouvent rap- prochés dans le même genre, le nom spécifique ou subspécifique le plus récent doit être rejeté comme homonyme. Les noms spécifiques de même origine et de même signification seront considérés comme homonymes s'ils ne se distinguent les uns des autres que par les différences suivantes : a. L'emploi de a?, œ ou e, comme cœruleus, cœruleus, ceruieus; oz, i et y, comme chiropus, cheiropus ; c et k comme microdon, mikrodon ; b. L'aspiration ou la non-aspiration d'une consonne, comme oxyryncus, oxyrhyncus ; c. La présence ou f absence d'un c devanl t, comme autumnalis, auclumnalis ; d. Une consonne simple ou double : litoralis, littoralis ; e. Par les désinences ensis et iensis dans un nom géogra- phique, comme timorensis, timoriensis. Art. 36. — Les noms rejetés pour cause d'homonymie (1) ne peuvent pas être employés de nouveau. Les noms rejetés pour cause de synonymie (1) peuvent être employés de non veau, dans le cas de restauration de groupes supprimés par erreur. Exemple: Tœnia Giardi Moniez, 1879, a été supprimé comme synonyme de Tœnia ovilla Rivolta, 1878 ; on a reconnu ultérieurement que Tœnia ovilla était préoccupé (T. ovilla Gmelin, 1790). Tœnia ovilla, 1878, est donc supprimé comme homonyme et ne peut plus jamais être employé ; c'était une dénomination mort-née, qu'on ne peut ramener à la vie, même si l'espèce passe dans un autre genre (Thysanosoma). Le nom spécifique Giardi Moniez 1879, qui avait été supprimé comme synonyme, devient valable, grâce à la suppression de l'homonyme Tœnia ovilla Rivolta, 1878. Recommandations. — 11 est bon d'éviter l'introduction de noms génériques nouveaux qui ne diffèrent de noms génériques déjà The Zoological Record, XXXVIII (et suiv.). Being records of zoological literature relating chiefly to the year i90t (et suiv.). London, 1901 (et suiv.) 8°. — Index to names of new gênera, and subgenera. Register zum Zoologischen Anzeiger. Herausgegeben von J. V. Cartjs. Jahrgang 1-10 (1878-1887), 11-15 (1888-1892), 16-20 (1893-1897), 21-25 (1898-1902). Leipzig, 1889, 1893, 1899, 1903, 8°. SÉANCE DU 28 AVRIL 1914. 197 employés que par la terminaison ou par de légères variations ortho- graphiques pouvant prêter à confusion ; toutefois, s'ils sont déjà introduits, on ne doit pas les rejeter pour ce seul motif. Exemples : Ficus, Pica; Polyudus, Polyodon, Poiyodonta, Polyodontas, Polyo- dontùs. La même recommandation s'applique aux noms spécifiques dans les limites d'un même genre. Exemples : necator, necatrix ; {urcigera, jurcifera ; rhopalocephala, rhopaliocephala. Si le radical d'un nom géographique donne lieu en latin à deux ou plusieurs dérivés, on ne doit pas employer plus d'un de ces noms dans un même genre ; toutefois, s'ils sont déjà introduits, on ne doit pas les rejeter pour ce seul motif. Exemples : hispanus, liispanicus ; moluccensis, molucanus ; sinensis, sinicus, chiuensis ; ceylonicus, zeylanicus. La même recommandation s'applique aussi aux autres mots déri- vés d'un même radical et ne différant entre eux que par la désinence ou par un simple changement orthographique. APPENDICE A. — Il est très désirable que toute proposition d'un nouveau groupe systématique soit accompagnée d'une diagnose à la fois individuelle et différentielle, écrite en allemand, anglais, fran- çais, italien ou latin. Cette diagnose doit indiquer dans quel musée le type a été déposé et quel numéro d'ordre il y porte. Il est recommandé, dans les descriptions publiées d'une nou- velle espèce ou d'une nouvelle sous-espèce, de ne désigner et dénommer qu'un seul spécimen comme type, les autres spéci- mens examinés par l'auteur en même temps étant des paratypes. B. — Pour les travaux publiés dans une autre langue, il est très désirable que l'explication des ligures soit traduite dans l'une des cinq langues énumérées ci-dessus. C. — Le système métrique des poids et mesures et le thermo- mètre centigrade de Celsius doivent être seuls adoptés. L'unité de mesure adoptée en micrographie est le micron ou millième de millimètre (0 mm 001), représenté par la lettre grecque p.. D. — L'indication du grossissement ou de la réduction est très désirable pour l'intelligence d'un dessin. Elle s'exprime en chif- fres, et non en mentionnant le numéro des lentilles à l'aide desquelles l'image a été obtenue. E. — L'indication de l'agrandissement ou de la réduction d'un objet est ordinairement linéaire. On l'exprime en la faisant pré- céder du signe de la multiplication, dans le cas d'un agrandis- sement, et par une fraction, dans le cas d'une réduction. Exem- ples : x 50 indique que la figure est agrandie 50 fois ; 1/50 indique qu'elle est réduite de 50 fois. 198 SÉANCE DU 28 AVRIL 1914. S'il est utile de spécifier que l'agrandissement est linéaire, en surface ou en volume, on peut ajouter comme exposant un chiffre indiquant la puissance : Exemples : x 50 1 indique l'agrandissement linéaire ; x 50 2 indique l'agrandissement en surface ; x 50 3 indique l'agrandissement en volume. F. — Transcription des mots grecs. Le tableau suivant indique la manière dont les mots grecs doivent être transcrits. ^ = e (Ûoc/SSs) — Hyalea, non Hyalaea *i = e (netp-/jv/i) — Pirena, non Pirina Désinence ri = a (neiprjv/]) — Pirena, non Pirene e= th {rrfi-Jz) — Tethys, non Tetys i = i (j3«/£'l»ç) — Balia, non Balea x = C («7T7roxpy;vv}) — Hippocrena, non Hippochrenes ?= X (Uvoi) — Xenus, Xenophora P = r (nrîpdv) — Pterum » = y (££*) — Hybolithus, non Hibolites n s'appliquera à indiquer, au moyen des caractères ci-dessus, le plus exactement possible, la prononciation locale, sans pré- tendre d'ailleurs à une reproduction complète .des sons que l'on aura entendus. 200 SÉANCE DU 28 AVRIL 1911. Décisions diverses du Congrès se rapportant à la nomenclature. Proposition Brauer Le professeur Brauer (Berlin) fait la proposition suivante (1) : « On ajoutera aux régies de la nomenclature, l'article suivant, après l'art. 31 : Des exceptions à la loi de priorité sont admises : 1° Quand un nom de genre ou d'espèce devrait être transporté à un autre genre ou à une autre espèce existants ; 2° Quand un nom a été employé pour un genre pendant 50 ans, •jusqu'à 1890, dans les travaux scientifiques, tels que monogra- phies, catalogues scientifiques, etc. ; 3° Quand le nom le plus ancien, conformément à la loi de priorité, n'a pas été admis pendant 20 ans dans la systématique scientifique. Chaque exception doit être soumise à la Commission interna- tionale de nomenclature. Celle-ci doit publier chaque cas et en même temps le soumettre à l'examen de l'une des sous-commis- sions de spécialistes, qui sont nommées par le Congrès et ont le droit de se compléter. D'après la décision des sous-commissions, la Commission internationale de nomenclature doit rendre un arrêt, le publier et, en lui faisant connaître l'avis des sous-com- miissions, le soumettre à l'approbation du prochain Congrès. » Cette proposition est adoptée à l'unanimité des membres pré- sents (de la section de nomenclature). Propositions Stiles Sur le rapport de M. G. W. Stiles, secrétaire de la Commis- sion de nomenclature, la section de nomenclature du Congrès adopte à l'unanimité moins une voix la motion suivante : <( Il est décidé que, si un zoologiste s'aperçoit qu'un nom géné- rique ou spécifique, publié comme nouveau par un auteur vivant, est en réalité un homonyme et par suite non valable d'après les articles 34 et 36 des règles de la nomenclature, le devoir du zoologiste en question, au point de vue de la bien- séance professionnelle, est d'avertir du fait ledit auteur et de lui donner ainsi la facilité de proposer un autre nom (2) ». (1) 1X« Congrès international de zoologie, tenu à Monaco du 25 au 30 mars 1913 (Rennes, Oberthùr, 1914), p. 831. (2) Extrait du rapport de M. C W. Stiles au nom de la Commission de nomen- clature, l. C, p. 872. SÉANCE DU 28 AVRIL 1914. 201 « Comme la coutume, très répandue, de faire paraître les tirés à part avant la publication originale, donne lieu à une confusion très inutile de la nomenclature, le IX e Congrès international de zoologie exprime sa désapprobation de cette coutume et de- mande aux éditeurs de la faire cesser ; Les éditeurs sont priés dp donner pour chaque édition d'une publication la date exacte (année, mois, jour) de ladite édi- tion » (1). « La Commission propose unanimement au Congrès l'adoption des résolutions suivantes : 11 est décidé que plein pouvoir est donné à la Commission internationale de nomenclature zoologique, agissant au nom du Congrès, de suspendre les règles, dans l'application à un cas donné, si, à son avis, la stricte application des règles doit amener clairement plus de confusion que d'uniformité, pourvu que, au moins un an auparavant, il ait été publié dans deux au moins des périodiques suivants : Bulletin de la Société zoologique de France, Monitore zoologico. Nature, Science (N. Y.), et Zoolo- gischer Anzeiger. que la question est posée de suspendre les règles dans ce ras particulier, de façon qu'il soit possible aux zoologistes, en particulier aux spécialistes pour le groupe en question, de présenter des arguments pour ou contre la suspen- sion proposée ; pourvu aussi que le vote de la Commission en faveur de la suspension soit unanime : et pourvu enfin que, si le. vote de la Commission en faveur de la suspension est émis à la majorité des 2/3 de la Commission entière mais non à l'una- nimité, la Commission soit invitée à soumettre le cas au prochain Congrès international. Il est décidé que, si un cas est soumis au Congrès, comme il vient d'être dit, par un vote à la majorité des 2/3 de la Commis- sion, mais non un vote unanime, le président de la section de nomenclature aura le devoir de choisir une commission spéciale de trois membres, composée de un membre de la majorité et un de la minorité de la Commission sur cette question, et un ancien membre de la Commission qui n'ait exprimé publiquement aucune opinion sur le cas considéré ; cette commission spéciale reverra la proposition qui lui sera faite, et son avis, qu'il soit exprimé à la majorité des voix ou unanime, sera définitif et sans appel, en ce qui concerne le Congrès. (1) Ibid., p. 876. 202 SÉANCE DU 28 AVRIL 1914. 11 est décidé que le pouvoir susdit se rapporte en premier lieu et spécialement au cas de noms de stades larvaires et au transfert de noms d'un genre ou d'une espèce à un autre genre ou espèce » (1). Toutes ces propositions ont été adoptées à l'unanimité moins quatre voix à la séance plénière du 29 mars. Vœu de M. R. Blanchard. « Le neuvième Congrès international de zoologie, siégeant à Monaco et réuni en séance plénière ; Considérant le préjudice dont les auteurs peuvent être victi- mes, au point de vue de la propriété de leurs découvertes et de leurs travaux scientifiques, par suite de l'habitude qu'ont les éditeurs de donner aux ouvrages publiés par eux, au cours du second semestre de l'année, la date de l'année suivante ; Emet le vœu que les maisons d'édition abandonnent cet usage et donnent à toute publication scientifique la date exacte de son apparition, non seulement quant à l'année, mais aussi quant au mois et au jour ; Recommande ce vœu à l'attention des éditeurs, des syndicats de librairies et notamment, pour Paris, au Cercle de la librairie. » Ce vœu est adopté à l'unanimité (2). Vqsu déposé par M. L. Mangin. « Les soussignés, considérant la nécessité de mettre en har- monie la nomenclature des groupes limitrophes entre les ani- maux et les végétaux, émettenl le vœu qu'une Commission mixte soit créée, composée de zoologistes et de botanistes, pour étudier et proposer les résolutions relatives à une entente entre les biologistes sur les questions de nomenclature générale. L. Mangin, Muséum, Paris ; G. B. de Toni, Université de Modène ; Achille Forti, Vérone ». (Renvoyé à la Commission de nomenclature) (2). (1) Extrait du Rapport supplémentaire de M. C. W. Stiles, ibid , p. 890. (2) Séance plénière, l. c, p. 67. (3) L. C, p. 831. Séance du 12 mai 1914. PRÉSIDENCE DE M. R. BLANCHARD, PRÉSIDENT. M. Bouvrain, présenté à la précédente séance, est élu membre. M. le comte R. de la Vaulx, licencié ès-sciences naturelles, demeurant 2, avenue de Villars, à Paris (7 e ), est présenté par MM. Robert et Vlès. M. L. Petit, aîné, annonce que les Martinets sont arrivés dans la région de Paris le 28 avril. Il fait observer que les Hirondelles sont fort peu nombreuses cette année, ce qui doit tenir à la destruction qu'on en fait dans certains pays. AI. Menegaux. - - Dans le midi on commence à réagir : des condamnations ont été prononcées pour chasse au lacet. De même, dans l'Afrique occidentale française, des décrets pour la protection des animaux ont été rendus et la chasse n'est plus permise que moyennant des permis fort coûteux. Par contre on continue à détruire le Flamand en Camargue et dans la région d'Aigues-Mortes. Il serait désirable que la Société émette un vœu pour la protection de cet Oiseau dans le Gard et les Bouches-du-Rhône. M. Petit annonce la constitution d'un Comité d'ornithologie économique au ministère du Commerce. M. Menegaux donne quelques détails sur cette institution et sur les intentions du gouvernement tunisien au sujet d'expériences d'élevage. M. Petit demande l'échange du Bulletin de la Société avec le Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Loir-et-Cher (renvoyé au Conseil). MM. Blanchard, Caullery, Dautzenberg et Petit déplorent l'état lamentable de plusieurs musées d'histoire naturelle de province. D'autres sont au contraire fort beaux, tels ceux de Blois, Lille, Marseille, Nantes, Nîmes, Rouen, etc. M. Germain. — Il est regrettable que les conservateurs cons- ciencieux n'aient, le plus souvent, personne pour les aider dans la besogne matérielle d'étiquetage et de rangement. M. Menegaux. — Il est fâcheux aussi que Ton n'exige aucune garantie de compétence des conservateurs des musées de pro- 17 201 SÉANCE nu 12 MAI 1914. vince. On en vient à dissuader les collectionneurs do léguer des collections à leur ville. Du moins M. Menegaux a-t-il conseillé à deux de nos collègues de déposer en même temps, chez un notaire, une rente, destinée d'une façon formelle à faire venir chaque année un préparateur du Muséum, pour vérifier la collection et la remettre en ordre. M. Petit. • - Il serait désirable qu'une pareille méthode soit généralisée et que tous les musées de province fassent venir, une ou deux fois par an, des préparateurs du Muséum de Paris, pour revoir leurs collections. La Société pourrait émettre un vœu en ce sens. SUR DIAZONA GEAYI n. sp., ASCIDIE NOUVELLE DE LA GUYANE, ET SUR LA RÉGÉNÉRATION ET LE BOURGEON- NEMENT DE DIAZONA. PAR M. CAULLERY I Le regretté voyageur F. Geay avait rapporté d'une mission à la Guyane française, en 1902, et déposé au laboratoire de mala- cologie du Muséum, un échantillon volumineux et assez énigma- tique, qui me fut communiqué, en 1908, sur l'opinion, émise par moi, que ce devait être une Synasciclie ; effectivement il s'agissait d'une Diazona en régénération. Dans son état actuel, conservée dans l'alcool, c'est une masse compacte, de couleur brun rougeàtre assez clair (cf. terre de Sienne brûlée assez diluée), en forme de disque épais, assez comparable à un fromage de Gruyère, sauf les dimensions plus petites. Le contour n'est pas régulièrement circulaire, mais à peu près elliptique (les axes mesurant 13 et 19 centimètres), l'épaisseur est de 7 cm. 5 (1). La surface est assez brillante, tout à fait lisse, avec quelques reflets irisés. Les couches périphé- riques de la tunique commune, plus denses, forment comme une cuticule; à la section, l'ensemble offre à peu près la résis- tance de la chair d'une pomme ou d'une poire approchant de la maturité. Sous la surface, on distingue des corps opaques allongés (mesurant de 8 à 10 mm.), et espacés les uns des autres; (l) Le volume approximatif est donc l dc , 5, ce qui est considérable pour une Ascidie composée. SÉANCE DU 12 MAI 1914. 205 ce sont les ascidiozoïdes. H n'y en a pas clans la profondeur, qui esl formée entièrement de cellulose, parcourue en tous sens par les ramifications nombreuses des prolongements vascu- laires, issus de l'extrémité inférieure des ascidiozoïdes et entourés sur tout leur parcours d'une auréole dense de cellules tunicières. Sur l'une des faces planes du connus, vers le bord, existe un orifice en forme de boutonnière, ayant 15 mm. de longueur et conduisant dans une cavité qui a environ 2 cm. de profondeur. Cet orifice me paraît accidentel, soit qu'il ait été produit par un animal qui s'abritait là, soit plutôt qu'il indique la trace du corps auquel était fixé le connus et autour duquel celui-ci s'est développé. Les ascidiozoïdes sont tous en voie de régénération et sont à peu près réduits à la région abdominale; l'anse intestinale est noyée dans un épais manchon de mésenchyme, bourré de gra- nulations de réserve. A leur extrémité supérieure, se régénère un thorax, dont la branchie est plus ou moins reconstituée. Sur certains ascidiozoïdes, ce n'est encore qu'un court moignon sessile (fig. 2 A), où on distingue souvent les cavités branchiale et atriale, l'endostyle, mais pas encore de trémas ni d'orifices siphonaux; sur la plupart, la régénération est plus avancée et la région branchiale néoformée, sessile, ou plus ou moins pédi- culée, montre déjà l'ébauche d'une vingtaine de rangées de trémas encore à l'état de petites perforations circulaires ; rien n'indique que ce nombre de rangées soit définitif; il est, comme on sait, notablement plus élevé chez Diazona violacea Sav. Une colonie unique, à cet état, ne permet pas de formuler une diagnose complète et précise. Cependant, en comparant cette pièce aux colonies de D. violacea que j'ai entre les mains, j'y constate des différences de structure dans la tunique, dans l'aspect des tubes qui la parcourent, dans le faciès général, différences qui, jointes à la provenance de l'échantillon, me décident à la regarder, au moins provisoirement, comme une espèce distincte. Je lui donnerai le nom de Diazona geayi n. sp. (i). (1) C'est la première fois, à ma connaissance, qu'une Diazona est signalée dans la partie américaine de l'Atlantique Je n'ai d'autre renseignement sur la prove- nance de cet échantillon que le libellé de l'étiquette (Mission Geay, Guyane, 1909, n« 3275). M. JouBiN, que je remercie de m'avoir confié cette Ascidie, m'écrit que, Geay n'ayant jamais fait de récoltes marines au large, la Diazona en question a dû être trouvée à la côte ou dans un filet de pêcheur. A Xaples, les Diazona sont fréquemment ramenées dans les filets traînés sur les fonds à Posidonies. 20G SÉANCE DU 12 MAI 19 M. II A l'occasion de l'examen de D. geayi, j'ai fait quelques obser- vations sur la régénération dans ce genre d'Ascidies. J'en avais précédemment fait, très sommairement, sur un connus de D. viola cea dragué pendant la campagne du Caudan (1) et que M. Kœhler a eu l'amabilité de me communiquer à nouveau. En outre, je me suis servi de trois connus de la même espèce que m'a procurés la Station zoologique de Naples ; deux sont en régénération, le troisième est à l'état normal et les thorax des divers ascidiozoïdes font, sur la masse commune où sont plongés les abdomens, des saillies individualisées, atteignant 25-30 mm. de hauteur. La régression et la régénération, qui surviennent chez Diazona, dès qu'elle se trouve placée dans des conditions défavorables (2), ont été étudiées surtout par Ant. Della Valle (3). J'y ai fait moi-même allusion, à propos de l'exemplaire du Caudan. Enfin, je suis d'accord avec Della Valle, pour reconnaître, avec certitude, des Diazona en régénération, clans les Ascidies du Japon, décrites par Oka (4), sous le nom d'Aphanibranchion. Suivant la description de Della Valle, la régression d'une colonie normale se manifeste par un affaissement progressif des digi talion s des connus renfermant les thorax des ascidiozoïdes; elles disparaissent peu à peu, comme si les organes s'y liqué- fiaient en perdant leur transparence. La colonie se recouvre d'une croûte continue, livide, mucilagineuse, qui se détache à la façon d'une eschare, laissant à découvert une surface nouvelle de consistance normale. Il reste, à l'intérieur, des masses jaunes, oblongues, constituées par les abdomens des anciens individus et dans lesquelles s'est accumulé, en quantités énormes, un tissu mésenchymateux, bourré de réserves. Ce tissu est, selon toute vraisemblance, formé des débris phago- cytés de la région branchiale; mais ces phénomènes d'histolyse, qu'il serait très intéressant d'étudier avec précision, in vivo et (1) Caullery (M.). Ascidies composées, in : Résultats scientifiques de la cam- pagne du Caudan (p. 389-390) (A nu. Univ. Lyon, 1896). (2) Des phénomènes de même ordre sont connus chez une Ascidie non bour- geonnante, voisine de Diazona, Rhopalea neapolitana; j'en ai été témoin moi-même à Naples. Il faut en rapprocher aussi la régression subie fréquemment par les Distaplia, mais ici elle frappe la totalité du corps des ascidiozoïdes et pas seule- ment le thorax, etc.. (Cf. Caullery, Contribution à l'étude des Ascidies com- posées, Bull. Sci. France-Belgique, XXVII, 1895). (3) Bendic. Aec. Napoli, XXIII, 1884 (p. 23-26) et Alti. Ace. Napoli, (2), XII, 1908 (p. 41-48, pi. v). (4) Annot. zool Japon., V, 1906 (p. 253-265, pi. xm). SÉANCE DU 12 MAI 1914. 207 sur des matériaux fixés ad hoc, ont été complètement négligés jusqu'ici. A l'extrémité supérieure de ces masses, ou plutôt près de cette extrémité (cf. fig. 2 A, II), mais sur la face où est placée infé- rieurement le cœur, se forme peu à peu un moignon trans- parent, qui devient le thorax nouveau. Ce sont des Diazona à cet état (Ju'Oka a appelés Aphanibranchion; c'est aussi celui du connus de D. fjeayi. Gomment se reconstituent les divers organes dans cette régénération ? Della Valle a donné de ces processus une description succincte. Daprès lui, le nouveau sac branchial résulterait d'un élargissement de l'extrémité supérieure de la partie restante de l'œsophage. J'ai indiqué, au contraire (l. c, 1896), que les cavités branchiale et atriale nouvelles provenaient des tubes épicardiques de l'individu ancien. Je n'ai donné alors aucune figure et malheureusement n'ai pu retrouver cette année aucun de mes anciens documents. Des coupes que j'ai faites dans un individu de D. geayi encore tout à fait au début de sa régénération, me confirment dans mon interprétation précédente (v. fig. 1, A-D). --//. A.. M. C. D. Fig. 1. — (A-D). Quatre coupes transversales dans la région supérieure d'un individu de D. geayi au début de sa régénération. Ces coupes, non consécutives, avoisinent le niveau où l'œsophage o s'abouche avec les tubes épicardiques e, e> ; b, future cavité branchiale; p, p>, future cavité péribranchiale; r, rectum primitif; r', son extrémité nouvelle en régénération. G. = 100. Vers l'extrémité